Accueil > Culture | Par Roger Martelli | 9 décembre 2013

« Intelligence du matérialisme » de Benoît Schneckenburger

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Vous avez toutes les chances de rencontrer Benoît Schneckenburger, dans une manifestation du Front de gauche, l’air concentré, avec son oreillette, jamais très loin de Jean-Luc Mélenchon (qui a préfacé son travail). Il est en effet responsable du service d’ordre du Parti de Gauche. Or ce militant et dirigeant est en même temps un philosophe érudit, un spécialiste reconnu des matérialistes de l’Antiquité et du philosophe anglais du XVIe siècle, Thomas Hobbes.

Il vient de publier un petit livre consacré à cette « attitude de pensée » que constitue la philosophie matérialiste. On le lira comme un bel ouvrage d’éducation populaire, une élégante vulgarisation, au sens noble du terme, de plusieurs siècles de philosophie savante. Le philosophe ne cesse pas d’être militant. Son but est de donner à voir et de défendre le parti pris matérialiste contre toutes les déformations et caricatures de l’autre « camp », celui de l’idéalisme. Benoît Schneckenburger a ainsi la dent aussi dure que le coup de poing. Soyez sûrs que le résultat mérite le détour.

Apprécier n’est pas tout accepter, matérialisme oblige. La thèse des deux camps pluriséculaires (le matérialisme et l’idéalisme) est à la fois vraie et trop simple. Le singulier (« le » matérialisme) peut aisément dissimuler qu’il y a « des » matérialismes et « des » idéalismes. Tous les matérialismes ne se valent pas : il est des matérialismes mécanistes et d’autres plus ouverts à la dialectique, des matérialismes scientistes et d’autres plus sensibles à la complexité historique des processus. À la limite, qui veut briser l’ordre établi pourra très bien trouver plus de ressources dans un idéalisme subtil que dans un matérialisme « vulgaire ». À bien y réfléchir, la propension idéaliste d’un Jean Jaurès est peut-être plus proche de l’esprit du matérialisme historique, que le matérialisme déclaré et parfois doctrinaire d’un Jules Guesde…

Mais tout cela n’est que débat suscité par un livre honnête. Pour débattre utilement, il faut d’abord lire. Dans ce cas précis, nul ne se plaindra de l’avoir fait.

Intelligence du matérialisme de Benoît Schneckenburger, préface de Jean-Luc Mélenchon, Les Éditions de l’Épervier, 2013, 126 pages, 13 euros.

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  • Je viens de lire le fascicule le materialisme historique du même auteur et je vais me faire offrir celui-ci pour noël. Merci de faire ce travail ça nous rend plus fort et nous libère.

    Chanut Le 10 décembre 2013 à 09:26
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