Accueil > Politique | Par Catherine Tricot | 23 décembre 2013

Les ambitions européennes de Marine Le Pen

Le FN fait feu de tout bois et prépare déjà la
consultation européenne en tentant
de mettre en place une alliance des partis
d’extrême droite européens. Comment ne
pas altérer l’image soft que Marine Le Pen
veut promouvoir ? C’est le risque et l’enjeu
de cette alliance.

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En cherchant à construire
une alliance entre les
partis d’extrême droite
européens, Marine Le
Pen joue gros. Elle
conduit cette opération
continentale alors
que le FN cherche à couper les liens
visibles avec l’histoire réprouvée : le
racisme de base, la nostalgie nazie ne
sont plus tolérés dans les instances du
parti. Des têtes de liste aux municipale
ont été radiées des cadres tandis que
la direction du parti cherche à étouffer
les témoignages de cette réalité ancrée
au sein du FN.

Et pourtant Marine Le Pen prend le
risque de faire la tournée de partis
pour construire une internationale
européenne qui ancrerait sa formation
dans une communauté d’histoire,
celle de l’extrême droite dans
toutes ses expressions.

Malgré les risques de brouillage du
message, l’objectif poursuivi est stratégique
 : il s’agit de conforter le poids
politique du FN et Marine Le Pen sait
que cela passe par une influence
à l’échelle européenne.

Ainsi, six partis politiques d’extrême
droite vont s’unir pour les élections européennes
de mai 2014. Leur objectif
commun : devenir la « troisième force »
du Parlement. S’ils y parvenaient nul
doute que le retentissement dans les
politiques de l’UE serait sensible. L’alliance
a été scellée le 15 novembre à
Vienne. À l’invitation du FPO autrichien,
se sont retrouvés des représentants du
Front national, emmenés par Marion
Maréchal Le Pen, de la Ligue du Nord,
en Italie, des Démocrates suédois,
du Vlaams Belang, en Belgique et
du SNS slovaque.

Plus de voix

Leur accord politique se fait sur une
réorientation de l’Europe. Ils plaident
pour « le maintien de la souveraineté
nationale contre le centralisme de
Bruxelles »
et une « conservation des
identités culturelles des peuples européens,
contre une immigration massive
et une islamisation de l’Europe ».

Les « racines chrétiennes » du continent
européen constituent un socle du
discours. Ces partis ont en commun de
tourner le dos à l’antisémitisme pour
privilégier la défense de l’Occident
contre la menace islamiste.

Tous espèrent un surcroît de légitimité
dans leur propre pays. Le FN se
montre particulièrement actif dans la
constitution de cette alliance ; Les leaders
FN sont de toutes les réunions et
multiplient les bilatérales. En octobre,
Marion Maréchal-Le Pen intervenait à
une réunion du Vlaams Belang belge.
Le 8 novembre, Marine Le Pen rencontrait
à Stockholm les responsables des Démocrates suédois, crédités de 10 %
des intentions de vote.

Marine Le Pen fait de ce pôle un filtre
pour éliminer les petits groupuscules.
En ce sens aussi il s’agit d’un jalon
dans la dédiabolisation de son parti.
Elle le dit sans détour : « Je veux tourner
le dos à l’ensemble des mouvements
qui ne sont pas sur les mêmes
grandes lignes que nous ou qui n’ont
pas le sérieux nécessaire pour réfléchir
avec nous. Je veux travailler avec
des partis crédibles et de tout premier
plan. »
Ainsi, elle a exigé et obtenu de
Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch
qu’ils quittent l’Alliance européenne
des mouvements nationaux qui regroupait
des formations radicales.

La conquête d’un groupe au Parlement
leur ouvrirait une nouvelle visibilité et
leur donnerait des moyens accrus.
Pour cela, il leur faut atteindre vingtcinq
élus répartis dans au moins sept
pays de l’Union européenne. Concrètement
cela signifie gagner des élus en
provenance de deux nouveaux pays.
Si l’extrême droite parvient à former
un groupe au Parlement européen, elle
aura plus de moyens (collaborateurs,
bureaux, secrétariat, communication,
etc.) mais aussi un temps de parole
proportionnel à sa taille. Occasion de
se faire entendre dans une enceinte où
elle est, pour l’instant, marginalisée.

Les récalcitrants

Le projet d’Alliance ne fait pas
l’unanimité des partis d’extrême
droite. Les Finlandais et les Danois ont
clairement refusé le rapprochement
avec cette alliance en construction.
Le vice-président du Parti du peuple
danois, Soren Espersen, a déclaré : « Il
n’y a aucun doute qu’il y a des aspects
antisémites au Front national. »
Même
son de cloche chez l’unique député
européen du Dansk Folkeparti, Morten
Messerschmidt, qui considère que les
partis qui participent à cette alliance
sont trop éloignés de son parti sur
des questions comme Israël ou celles
relatives à la liberté et la démocratie.
« Et ces partis ont trop de cadavres
dans les placards pour que nous
voulions travailler avec eux. »

En Finlande, le parti des Vrais
Finlandais (PS) de Timo Soini, seul
député européen (9,8 % en 2009),
a aussi refusé de participer à cette
alliance anti-Union européenne. Les
Vrais Finlandais sont actuellement
deuxièmes dans les sondages, avec
18,9 %, derrière le Parti conservateur.
Il s’est aligné sur les Britanniques du
United Kingdom Independence Party
(UKIP) au sein du groupe Europe of
Freedom and Democracy au Parlement
européen. Le représentant du UKIP
a quitté la direction de l’Alliance
européenne pour la liberté.

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  • Pourquoi pas un groupe d’eurosceptiques et de patriotes, cela nous changerais des PPE/PSE eurofédéralistes !
    http://fn-alsace.miniville.fr

    Warum ? Le 23 décembre 2013 à 16:34
  •  
  • Pour mémoire-1

    Winston Churchill disait :

    "Si la guerre est horrible, la servitude est pire. Si vous ne vous battez pas pour vos droits quand vous pouvez vaincre sans verser le sang, si vous ne vous battez pas quand la victoire est certaine et peu couteuse, le moment viendra où vous devrez vous battre contre tout espoir, avec des chances de survie très minces. Et il y a pire : peut-être devrez-vous vous battre sans la moindre chance de vaincre, parce qu’il vaut mieux périr que de vivre en esclaves. »

    Pour mémoire-2

    Article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 :

    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

    Alors voyant ce qui ce passe autour de moi et voyant ce que certains gouvernants nous imposent je choisi le combat pour la liberté contre l’envahisseur Islamo/nazi.

    Nous connaissons tous un autre pays beaucoup moins lointain où on devrait inviter la population de souche à disposer de quelques cigarettes et d’un briquet qui seront remis sans délais ni hésitation en cas d’agression… heu pardon, « de demande »… Et où, dans certains coins, il vaut mieux circuler vitres fermées et portières verrouillées, de même pour les soutes à bagages des cars de touristes esbaudis. L’enfer n’en est pas loin non plus et il est même pavé des bonnes intentions de déments en crise.

    Voir le rapport des « experts » (en quoi ? sinon en socialisme et léchage de babouches) sur la nouvelle intégration demandé par Ayrault à propos du « nous inclusif et solidaire »« reconnaissant l’atout que représentent sa diversité culturelle et les apports multiples dont elle veut être le creuset et dans un processus de réduction des inégalités sociales et de solidarité nationale envers les catégories sociales les plus précaires, les plus victimes de la mondialisation économique. » Le tout grâce au « vivre ensemble égalitaire », au « changement de paradigme », à la « production de possibles ». Bref tout ce qu’il faut pour « faire de l’en commun ».

    [Admirez au passage le galimatias abscons dans lequel tout cela est dit et où l’on retrouve la griffe des pédagogistes tout aussi abscons et pédants, dignes des précieuses ridicules. Quand on dit des conneries, on invente des mots creux pour faire plus intelligent et pour égarer le niais qui écoute ; quand on veut piquer son chien, on le berce de douces paroles pour le calmer alors même qu’on lui injecte la dose létale.]

    Et tout ça dès l’école maternelle :

     « Ateliers-débats de philosophie(!) à tous les niveaux scolaires, sur l’altérité, l’identité, les questions de genre, la religion ».

     « (Re)mise à plat de l’histoire de France » :« pour prendre en compte la pluralité de la société et favoriser une identification à un Nous inclusif et solidaire ». Et donc, « renforcer ou inscrire dans les programmes scolaires (dès l’école primaire) l’histoire des mouvements de population, c’est-à-dire ceux liés à l’esclavage et à la traite négrière (...) sans oublier les Roms ». [ On voit que les sujets ne varient pas sauf qu’il y manque la Shoah cette fois dans les mouvements de population, aller simple vers le crématoire. Mais le sujet ne plaisant pas à nos chances qui n’aiment pas la concurrence victimaire… Parions aussi que l’esclavage intra africain et la traite arabo musulmane seront oubliés]

     Créer un « nouveau panthéon » : « L’histoire enseignée se réfère à des figures incarnées qui demeurent très largement des "grands hommes" mâles, blancs et hétérosexuels. Il y a donc un enjeu fort à faire évoluer le "panthéon" des figures censées in¬carner les grands mouvements, les époques et les dynamiques plurielles de la société. »
    [Ca va pas être simple de trouver dans l’histoire européenne des grands hommes qui seront des femmes noires et homosexuelles]

     Reconnaitre « toutes les langues de manière identique ». « La France devrait assumer la dimension "arabe-orientale" de son identité », et il convient de « valoriser l’enseignement de l’arabe » et de « proposer l’enseignement dès le collège d’une langue africaine ». [ Ticket express pour la Tour de Babel…]

     Le voile pourrait faire sa réapparition à l’école grâce à « la suppression des dispositions légales et règlementaires scolaires discriminatoires, concernant notamment le voile », et en particulier de « la circulaire de 2012 concernant l’accompagnement aux sorties scolaires » .Car « Ces règlementations, outre de comporter une logique discriminatoire, servent de justification pour une extension des pratiques discriminatoires dans de nombreux secteurs (entreprises, services publics...). »

     Instauration d’une « journée pour commémorer les apports de toutes les migrations à la société française » [ la charia, les mains coupées, l’excision, le cannibalisme, la relégation des femmes, la burqa, les favoritismes claniques, la corruption à très très grande échelle, l’économie « informelle » et délinquante…]

     Nommer de « nouvelles rues et places de villes et de villages » « en écho avec cette histoire des migrations ».

     Un « musée des colonisations » pourrait s’installer « dans l’hôtel de la Marine, place de la Concorde, où fut signé le décret d’abolition de l’esclavage de 1848 ».

     En matière de protection sociale « il est nécessaire de reconnaitre le caractère discriminant de certaines prestations » : « A la différence de la CMU dont le bénéfice est soumis à une condition de stabilité de résidence de 3 mois en France, le RSA et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ne sont servis aux ressortissants étrangers que s’ils justifient d’un séjour régulier de 5 ans au moins, voire de 10 ans. Il est donc important de parvenir à l’harmonisation des conditions de résidence aux fins de simplification pour, d’une part, un accès aux droits facilité et, d’autre part, éviter les ruptures de droits en rendant la condition de résidence compatible avec les allers et venues entre la France et le pays d’origine ».[ Donc les vieux diversitaires pourront couler une retraite heureuse au pays. Il leur suffira de venir se pointer en France où ils n’auront jamais travaillé ni résidé, une fois par an. Cool ! ]
    « En outre, poursuit-on, le cadre juridique pourrait être assoupli » afin de permettre « une ouverture du droit à certaines prestations quasi-automatique ».

     « Désigner, c’est stigmatiser », Haro dans les conversations, les médias comme et les institutions publiques ». « Seules les personnes devraient avoir le droit de se désigner elles-mêmes »
    Pour les médias qui parlent des personnes d’origine étrangère, la « première recommandation » est de « ne mentionner la nationalité, l’origine, l’appartenance ethnique, la couleur de peau, la religion ou la culture que si cette information est pertinente ». [ quand on n’aime pas la température marquée par le thermomètre, on le casse.]

    Le « recours à la sanction » pour « contraindre à la non désignation » pourrait être étudié, et un délit de « harcèlement racial » instauré.[ où est le « harcèlement » dans le fait de mentionner le nom ou l’origine d’un délinquant ? La répétition ne découle que du fait que la plupart des délits ont les mêmes origines]

     Pour mettre en œuvre la rééducation de masse au service de ce « commun comme nouvelle forme d’universalité au bénéfice de tous » [ être muselé est-ce un bénéfice ?]on va créer une série d’organismes : « une instance POSITIVE( ?) de transformation sociale », un « fonds d’investissement », une « instance nationale placée auprès du premier ministre qui garantit le pilotage d’une cohérence de l’action publique en matière de lutte contre les discriminations ». Et une « Cour des comptes de l’égalité »,qui servirait sans doute à contrôler toutes ces nouvelles instances...

    Eh bien ! Si ce rapport est suivi par Ayrault, il y aura encore bien de la joie en perspective et bien des économies avec ces nouvelles instances à financer, planques à copains sans affectation et à diversitaires sans emplois.

    Le peuple français sera tout bonnement exproprié de chez lui par ses zélites ! Et par la manière forte. Sarkozy avait annoncé l’obligation de métissage. Hollande le fera. Et au knout ! La Révolution culturelle française est en route. Mao se croirait chez lui.

    sartene Le 23 décembre 2013 à 20:36
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