Accueil > Politique | Entretien par Pierre Jacquemain | 20 mars 2013

Éric Coquerel : « Une majorité alternative peut émerger »

Le Parti de gauche (PG) tient son congrès du 22 au 24 mars 2013. Lors de son conseil national de décembre dernier, le PG a adopté sa « plateforme de synthèse
 »
fixant ainsi les grands axes du débat pour son
3ème congrès. Entretien avec Eric Coquerel, secrétaire
national du Parti de gauche.

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Regards.fr. Comment appréhendez-vous ce
3ème congrès du Parti de gauche ?

Eric Coquerel. C’est un congrès majeur. Le parti de
gauche est passé de 4 000 militants à 12
000 aujourd’hui. Le parti n’est donc plus
tout à fait le même. Il s’est profondément
renouvelé. On pourrait parler de congrès
fondateur. Il y a eu beaucoup de débats,
de discussions et d’amendements qui ont
précédé l’organisation de ce congrès.
C’est un grand moment d’éducation populaire.
Et c’est très encourageant. C’est
le congrès d’un parti creuset pour qui
le socialisme, la république et l’écologie
restent les piliers mais aussi d’un parti
tourné vers l’action.

Quels sont les enjeux du congrès ?

Ils sont de trois ordres. Il y a d’abord la
définition de notre projet. C’est l’écosocialisme,
mélange d’un socialisme débarrassé
du productivisme et d’une écologie
anticapitaliste. Ensuite il y a la question
de l’autonomie. Elle est centrale. Il faut
affirmer et assumer notre indépendance
vis-à-vis des politiques social-libérale et
donc vis-à-vis du gouvernement. Et puis
enfin il y a la question de la stratégie ou
comment construire une majorité alternative
pour accéder aux responsabilités.
Nous devons nous poser la question de la
prise du pouvoir. Il faut aller vers un Front
du peuple.

Quels sont vos relations avec les
autres partis de gauche ?

Le parti socialiste mis à part, nous discutons
et travaillons avec chacun d’entre
eux. Ce qui nous intéresse c’est de savoir
quelle va être l’attitude des partis de gauche sur l’accord « made in Medef »
compétitivité-emploi. Le vote de ce texte
est aussi structurant que le vote sur le
TSCG. Cet accord est dramatique. Notre
congrès a lieu quelques jours avant le
débat au Parlement. Nous allons interpeller
les députés. Les parlementaires
EELV-Les Verts et de la gauche du PS
se montrent très critique pour le moment.
Mais comment voteront-ils ? C’est par ce
type d’acte que peut commencer à se discerner
une future majorité alternative de
gauche.

Comment voyez-vous l’avenir du
Front de gauche ?

Son avenir se joue principalement à travers
l’affirmation de son autonomie. A
ce titre, les échéances électorales de
2014 sont cruciales. Soyons cohérents
jusqu’au bout : on ne peut pas aujourd’hui
dénoncer la politique du gouvernement
socialiste, ses politiques d’austérité etc. et
partir main dans la main aux municipales
avec le PS dans les villes qui auront une
portée nationale. D’autant que dans un
an le bilan du gouvernement sera encore
plus inassumable. Les listes autonomes
de premier tour, possiblement rassembleuse
mais sur un contenu clairement en
rupture avec la politique d’austérité, nous
permettront de gagner en lisibilité. Mais
aussi en crédibilité.

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