Accueil | Par Catherine Tricot, Pierre Jacquemain | 5 octobre 2012

La vie après les élections

Lundi 9 heures, petit-déjeuner de la gauche radicale
dans le bureau de Iann Brossat, conseiller de Paris, en
compagnie de Myriam Martin, Éric Coquerel et rejoint
après les croissants par Christophe Aguiton.
Au menu : l’avenir du Front de gauche, ses débats
stratégiques, ses formes d’organisation.

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Regards.fr. Quelques mois après l’élection
d’un président socialiste, Le Front
de gauche organise une manifestation
politique contre le TSCG et
l’austérité… Vous cherchez la tension
politique ?

Eric Coquerel. Pour la première fois, la
France est dirigée par un gouvernement
qui applique sans complexe une politique
sociale libérale. En 1997, cohabitaient
les 35 heures et les privatisations,
le refus de l’AMI et la signature du traité
d’Amsterdam. On sentait alors plusieurs
choix possibles et on imaginait pouvoir
peser positivement sur les décisions gouvernementales.
En 1997, j’étais encore
un militant de la LCR et je me souviens
qu’au tout début nous nous interrogions
sur la pertinence d’un soutien critique
au gouvernement de gauche plurielle.
Nous n’en sommes plus là ! Le gouvernement
Hollande valide le traité négocié
par Sarkozy, prévoit un budget d’austérité
sans précédent pour 2013, reprend
l’idée que le problème est le coût du travail…
Cela nous place dans une situation
inédite. Ayant largement contribué à
la victoire contre Nicolas Sarkozy, nous
nous considérons comme des ayants
droit. Mais il est clair qu’au fil des jours,
les évolutions ne laissent guère place aux
illusions : Hollande n’en est plus à refuser
le plan PSA mais à promettre de réussir
les reclassements. Même la perspective
d’obtenir une loi interdisant les licenciements
boursiers, que les socialistes
avaient pourtant votée au Sénat sous
Sarkozy, s’éloigne. Nous pensons que
cette politique court à l’échec et le Front
de gauche ne peut courir le risque d’être
assimilé à cet échec s’il veut construire
une alternative de gauche à cette politique.
Il doit assumer d’être un recours.
La crise va inévitablement s’aggraver,
des précipitations dans le calendrier
politique et social ne sont pas exclues,
je ne suis pas sûr que nous ayons 5 ans
devant nous pour rendre cela crédible.
En tout cas, nous devons dès maintenant
travailler à modifier le rapport de force au
sein de la gauche.

Iann Brossat. Mon analyse de la politique
du gouvernement actuel n’est pas
fondamentalement différente de celle
que vient de développer Éric. François
Hollande avait dit qu’il promettait peu
pour tenir tout. Jusqu’à présent, il a
peu promis et peu tenu. Il renonce aux
avancées économiques et sociales sous prétexte qu’il y a la crise. Et il renonce
aux mesures sociétales sous la pression
des conservatismes et des lobbies. Je
pense au récépissé de contrôle d’identité
ou au droit de vote pour les résidents
non-communautaires. Comment faire ?
Allons-nous, pendant 5 ans, dresser
la liste des renoncements ? L’exercice
risque d’être fastidieux. Ou allons-nous,
au contraire, nous battre pour faire bouger
les lignes ? Les suites du 30 septembre
seront déterminantes. Il faut que
se lève un front anti-austérité. Et je crois
que sur cette base du refus de l’austérité,
nous pouvons rassembler très largement,
au-delà même des limites actuelles
du Front de gauche.

Myriam Martin. Nous sommes engagés
dans une course de vitesse avec la
droite dure et l’extrême droite. Il existe
en France un risque de recomposition
entre les deux. Être un recours, cela suppose
de porter un projet alternatif. Pour
ce faire, il faut que le Front de gauche
évolue et qu’il devienne davantage qu’un
cartel électoral. Certes, il est déjà plus
que cela, mais il n’est pas encore un
mouvement politique. C’est le sens politique
des débats actuels sur la structuration
et les transformations du Front de
gauche. Il faut que les gens puissent décider
entre deux programmes et montrer
leur incompatibilité. En ce sens, même si
je ne reprends pas l’appréciation d’Éric
Coquerel sur les possibilités de 1997, je
constate, comme lui, les reculs. On avait
l’habitude, par exemple, de retrouver les
militants socialistes dans les combats
en faveur des droits et des libertés. Ce
n’est plus le cas. Le PS a fait sa mue
sociale-libérale, plus vraiment sociale
mais très libérale…

Iann Brossat. Je ne suis pas convaincu
que la notion de recours soit la plus
adaptée à la situation que nous vivons
actuellement. Elle pourrait donner l’impression
que nous attendons la chute
du gouvernement pour ramasser la mise.
D’ailleurs, au Front de gauche, personne
ne se place dans une telle perspective.
Les résistances doivent se lever
tout de suite.

On imagine que vous débattez
entre vous de l’action gouvernementale,
du rapport au Parti socialiste,
des perspectives politiques.
Qui participent à ces débats ?
Comment sont-ils arbitrés ?

Eric Coquerel. Au sein du Front de
gauche, il y a toujours eu des débats
stratégiques. Normal : nous avons des
sensibilités différentes. Il est vrai qu’en
juillet le Parti communiste déclarait vouloir
« faire réussir la gauche ». Pour nous,
cette position n’était pas compréhensible
tant la politique du gouvernement
est éloignée de celle que nous proposons.
Nous avons décidé d’un commun
accord de ne pas faire de cette question,
un débat clivant, de la vérifier à
l’épreuve des faits. Je constate qu’en
septembre, les positions sur ce point
se rapprochent progressivement. Depuis 2008, ce qui nous structure collectivement
c’est l’autonomie vis-à-vis du
Parti socialiste : nous ne participons pas
au gouvernement ; les parlementaires se
sont abstenus de voter la confiance au
gouvernement Ayrault.
Les débats que nous avons ne sont
pas nécessairement entre les forces
politiques ; bien souvent ils traversent les
partis eux-mêmes.

Myriam Martin. Moi non plus je ne formulerais
pas la question en terme de
recours. Je pense qu’il nous faut surtout
rendre crédible le Front de gauche, porter
un projet à gauche. L’accord stratégique
entre nous porte sur le rapport au
pouvoir. Notre objectif est d’accéder au
pouvoir. Je pense que le NPA n’a pas assez
discuté de stratégie et trop occulté
cette question du pouvoir…

Selon chacun de vous, quelles sont
les prochaines échéances du Front
de gauche ?

Myriam Martin. Les élections Européennes
et les municipales. Aujourd’hui
s’ouvre une période sans scrutin électoral
mais le Front de gauche continue de vivre,
de se structurer. On va s’attacher à organiser
les résistances.

Iann Brossat. La question européenne
devient la question majeure à gauche. Elle
matérialise une ligne de fracture au sein
de la gauche sur la question de l’austérité.
Il y a donc un enjeu considérable autour
des élections européennes. Nous les préparons
dès à présent en se battant contre
le TSCG.

Eric Coquerel. Je pense que nous pouvons
espérer être devant le Parti socialiste
aux élections européennes de
2014. Le choix d’EELV de refuser le
TSCG montre que les choses bougent
et peuvent aller vite. Notre opposition au
TSCG rassemble davantage la gauche
dans sa diversité (la gauche du PS, EELV,
l’autre gauche) que celle qui prône sa
ratification. Il y a une majorité alternative à
la politique gouvernementale. On pourra
alors le prouver concrètement.
L’autre grande échéance, les municipales,
sera plus compliquée mais évidemment
importante. Les situations locales sont
plus diverses. Elles dépendent de la taille
des villes, du rapport de force à gauche.
Il y a des collectivités dirigées par des
socialistes qui ne font pas une politique
sociale-libérale et bien sûr des villes
dirigées par le Front de gauche. À cette
heure, j’imagine que la ligne d’autonomie du Front de gauche au premier tour sera
dominante mais avec d’autres formules
possibles. Nous devrons proposer un
ensemble de mesures communes, tant
à l’échelle nationale qu’à l’échelle locale.
Car si le FN est autonome vis-à-vis de la
droite, le Front de gauche doit lui aussi
se démarquer du PS et être extrêmement
lisible dans sa stratégie et sa politique
aux municipales.

Myriam Martin. Il est certain que la politique
gouvernementale a et aura des
répercussions sur les politiques locales.
À Toulouse, la gestion socialiste de la ville
n’est pas bonne. Dès aujourd’hui, nous
devons débattre et définir notre position :
il nous faut élaborer des listes autonomes
et convaincre la direction du PC à Toulouse.
Le débat doit débuter avec les discussions
sur le programme.

Iann Brossat. Je suis d’accord. Il ne faut
pas tarder à engager ces débats et ce
travail pour préparer les échéances municipales.
Je le dis d’autant plus volontiers
qu’au Front de gauche, nous sommes
habitués à nous battre ensemble sur des
enjeux nationaux et assez peu sur des
questions locales. Pour continuer à développer
le Front de gauche et réussir aux
élections municipales, il faut que nous
soyons capables de franchir cette étape.
À Paris, où je suis élu, les communistes
ont toujours participé à des listes d’union,
à une exception près, en 1989. Nous
sommes actuellement partie prenante
de la majorité, et nous avons permis des avancées importantes. En 2014, Paris
atteindra les 20 % de logements sociaux.
Cette avancée est le résultat de notre
combat. Pour autant, je suis obligé de
constater que les politiques d’austérité se
font sentir ici aussi. Je pense par exemple
à la question des personnels municipaux :
la municipalité fait le choix de maintenir
la masse salariale à son niveau actuel au
moment où on multiplie le nombre d’équipements
publics.
Le bon moyen de nous engager dans
cette bataille, c’est de travailler à notre
projet municipal. Il faut s’y mettre
tout de suite.

Ces questions de contenu, comme
par exemple le sujet très discuté de
la métropolisation, doivent être arbitrées
au sein du Front de gauche.
Cela pose la question du fonctionnement
du Front de gauche,
celle de sa transparence, de la
place des petites formations, des individus… Où en êtes-vous de
vos réflexions ?

Myriam Martin. Le Front de gauche est
d’ores et déjà plus qu’un cartel. Il doit
être un mouvement politique, prendre
des positions communes et non se
contenter de présenter des candidats
communs. Il faut assurer une expression
commune du Front de gauche,
lisible, audible et qui laisse la place aux
diversités. Bien souvent, cela n’a pas de
sens de coller tous nos badges les uns
derrières les autres…
L’enjeu est de refaire militer tous ceux qui
se sont engagés dans la campagne présidentielle.
Cette ambition ne se résume
pas à la seule question de l’adhésion
directe. Mais il est vrai qu’aujourd’hui
nous sommes incapables de répondre
à cette attente de participation. Ce n’est
pas simple d’inventer des solutions forcément
hybrides. Mais d’autres le font
comme le Bloco portugais organisé en
deux : les partis et les adhérents directs.
Il faut que nous envoyions un signal positif
à tous ceux qui nous attendent.

Iann Brossat. L’essentiel, c’est que nous
avons tous envie de continuer ensemble.
Ce n’est pas rien. Rappelons-nous des
débats que nous avions il y a encore
quelques années. Le moins qu’on puisse
dire, c’est qu’en 2008, le Front de
gauche n’était pas une évidence. Les
débats étaient serrés. Aujourd’hui, après
les succès que nous avons engrangés,
tout le monde a envie de continuer. Et
pour cause : nous sommes la deuxième
force politique à gauche. J’entends bien que des débats de structure
se font jour. Je constate cependant
que sur le terrain les problèmes
se règlent. Les assemblées citoyennes
coexistent avec les partis politiques.
Pour trouver des réponses, il faut laisser
le champ libre aux expérimentations
locales. Cela me paraît plus efficace
qu’une tentative de solution nationale qui
s’imposerait d’en haut.

Eric Coquerel. D’abord, il y a un bilan,
et il est bon. Le Front de gauche, créé
en 2008, a sorti l’« autre gauche » de
son émiettement. Nous sommes rassemblés
et nous sommes la seconde force
de la gauche. Nous nous sommes élargis
à d’autres partis… Bref, nous avons
de l’impact. Nous étions une alliance
électorale, nous sommes devenus une
démarche. Mais nous voulons devenir
une force populaire, un Front du peuple.
Nous sommes loin d’avoir fait le plein en
terme d’adhésions parmi les gens qui se
sont engagés à nos côtés. La question
des adhésions directes se pose.
Mais l’important pour être populaire
c’est d’être utile, de fixer des objectifs.
Il faut créer les conditions pour que les
gens aient envie de rejoindre le Front
de gauche. À l’arrivée, il se peut que la
majorité des adhérents soient des nonorganisés
(sic ! NDLR) et vous verrez
que la question des adhésions directes
se réglera vite.
Je crois aussi beaucoup aux fronts thématiques
qui allient élaboration et mobilisation.
Le Parti de gauche propose
d’ailleurs une convention nationale des
fronts thématiques.
Enfin, pour répondre à la question insistante
de « qui participe ? » : les représentants
de toutes les forces politiques du
Front de gauche se réunissent à la coordination
nationale deux heures chaque
lundi. Ça se travaille aussi au conseil
national et dans les Front thématiques.
C’est un début mais convenons de notre
progression.

Christophe Aguiton. Ce qui se passe en
France se constate dans la plupart des
pays développés où se regroupent des
forces électorales et militantes opposées
au libéralisme. Partout, il y a une
tendance à l’unification de ces forces. La
difficulté tient toujours au passage d’un
bloc électoral vers le parti organique qui
réunit le tout.
Néanmoins, la stratégie organisationnelle
ne saurait résoudre toutes les questions.
Les partis constitués qui se réunissent sont formés par l’expérience
du XXe siècle. Ils sont de ce fait souvent
peu sensibles aux questions nouvelles
comme celles de l’Internet, de la ville ou
de la transformation profonde du travail.
Die Linke vient de souffrir d’une usure
rapide parce qu’il a tardé à mettre à jour
ses idées et propositions. Pour prendre
un exemple : des thèmes comme les
nationalisations et la planification redeviennent
d’actualité et sont portés par
le Front de gauche. C’est tout à fait
pertinent quand on pense aux transports
publics ou au secteur financier.
Mais c’est plus discutable quand on
pense à des activités souvent très
innovantes, dans les secteurs de la
connaissance ou de l’environnement,
par exemple, où se développent des
logiques de « biens communs » qui
s’opposent à la propriété privée mais
sans pour autant se reposer sur l’État,
pris au sens large du terme. Pour
élargir nos angles de vue, pour nous
ouvrir à des militants qui portent ces
nouvelles thématiques, nous avons
besoin de moments constituants qui
dépassent les cartels. Il nous faut donc
réfléchir à une double transformation
du Front de gauche, organisationnelle
et politique.

Iann Brossat. Je voudrais répondre sur
deux points. D’abord, la question de la
place des partis politiques au sein du
Front de gauche. L’existence de partis
politiques organisés n’est pas un frein
au développement du Front de gauche.
Le Front de gauche va au-delà des partis
politiques qu’il rassemble, c’est une
réalité. Mais nous avons besoin de la
force de frappe des partis rassemblés
en son sein. Comment aurions-nous pu
organiser la Bastille et ses répliques
à Toulouse et à Marseille sans cette
force-là ? L’atout du Front de gauche
tient justement à notre capacité à unir
des gens qui ont fait le choix de s’engager
dans un parti politique et d’autres
qui ne l’ont pas fait.
Deuxième remarque : j’entends bien
l’idée selon laquelle nous serions englués
dans des concepts datés, hérités
du xxe siècle. Il faut se garder de formules
définitives. Il y a quelques années,
parler de nationalisations et de service
public était ringard. Vingt ans plus tard,
Paris remunicipalise l’eau et l’idée paraît
terriblement moderne.

Eric Coquerel. Je crois que la bonne façon
d’aborder la question du dépassement
des grands modèles de transformation
qui ont échoué au xxe siècle est
d’abord de construire un programme de
gouvernement, celui qu’on appliquera
ensemble.
Je pense qu’un parti organique serait
possible à terme. Mais ce n’est pas aujourd’hui
le choix du PCF. Donc on n’a
pas commencé par cette discussion.
Sinon, on y serait encore… Et pour
longtemps. Si nous n’allons sans doute
pas faire un seul parti et que durablement
nous aurons une forme fédérative
rassemblant des partis, des associations
comme ce fut le cas pendant le
front populaire, il faut faire avancer ce
qui peut l’être pour dépasser le cartel et
devenir un mouvement de masse.

Christophe Aguiton. Quand la première
mondialisation, à la fin du xxe siècle,
s’est fracturée, les socialistes d’alors se
sont reposé les questions doctrinales
– comment faire face à cette nouvelle
phase du capitalisme que beaucoup appelaient
l’impérialisme – et les questions
d’organisation – comment construire des
partis de masse. Leurs réponses furent
très différentes de celles imaginées
par Marx. D’une certaine façon, il faudra
faire le même effort conceptuel
en s’appuyant sur les expériences
sociales réelles !
Il faudra bien sûr que le Front de gauche
devienne un outil utile dans les mobilisations,
mais les occasions comme celle
du traité européen – où le mouvement
social peut se retrouver avec des courants
politiques, en situation de parfaite
égalité – ne sont pas si courantes. Les
prochaines échéances électorales, au
printemps 2014, seront donc très importantes,
les européennes comme les
municipales. Les européennes seront
évidemment plus simples et peuvent
donner une visibilité nationale très forte
au Front de gauche. Mais les élections
municipales sont les plus importantes,
avec la présidentielle, pour les Français
et même dans un contexte où les réalités
locales pèseront fortement ces élections
peuvent être une formidable occasion
d’ouvrir le Front de gauche à des
militants associatifs et syndicaux et des
centaines de milliers de citoyens. L’élaboration
du programme et son adoption,
tout comme l’établissement de la liste,
peuvent être un exercice de démocratie
décisif pour que le Front de gauche
dépasse son état de cartel pour devenir
un mouvement militant de masse !

Iann Brossat
Conseiller PCF de Paris

Myriam Martin
ex-porte-parole du NPA,
aujourd’hui animatrice de
Gauche anticapitaliste (GA)

Christophe Aguiton
Militant associatif
et globe-trotter

Éric Coquerel
Secrétaire national
du Parti de gauche

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