Accueil | Tribune par Philippe Poutou | 5 octobre 2012

Dans la majorité ou dans l’opposition ?

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Il est normal qu’après trois ans et
3 épisodes électoraux, plutôt bien
réussis, les militants du Front de
gauche réfléchissent à structurer
leur mouvement. La dynamique
qu’ils ont connue pendant les présidentielles
offre des perspectives
qu’il leur faut concrétiser.

Nous avons un regard naturellement
solidaire envers ce mouvement
car nous sommes proches de
nombreux militants du PC, du PG
et des autres courants (évidence
pour ceux qui viennent du NPA
ou de la LCR). Tout simplement
parce que nous militons ensemble
au quotidien dans les syndicats
ou dans les associations, que nous
résistons ensemble aux attaques
patronales ou gouvernementales
depuis des années. Nous avons
des liens fraternels.

Si nous saisissons toutes les occasions
pour agir ensemble, nous
avons néanmoins des désaccords
politiques importants qui expliquent
que nous existions séparément.
Au-delà des nombreuses
revendications ou idéaux que
nous partageons, nous sommes
d’accord sur le fait que les salariés,
la population ont besoin d’un outil
politique pour défendre les intérêts de notre camp social. Mais avec le Front de gauche, ce serait une
force électorale, une force qui viserait
à prendre le pouvoir par les
élections et en attendant à influencer
ou à pousser la gauche gouvernementale
à mener une politique
plus « de gauche ». Le Front
de gauche se situe aujourd’hui,
de façon critique, dans la majorité
gouvernementale. Dans les
régions et la plupart des départements,
il participe aux majorités et
aux exécutifs avec le PS. Le NPA se
situe dans l’opposition et souhaite
que se constitue une opposition
de gauche à ce gouvernement.
Par ailleurs, le Front de gauche
est un cartel, dominé par le PC et
Mélenchon, qui n’a pas le fonctionnement
démocratique qui permettrait
le dépassement de cette
situation.

Pour nous, cet outil politique tant
nécessaire pour les opprimés, c’est
un parti effectivement large, unitaire,
ouvert à l’ensemble des
courants anticapitalistes, contestataire.
Mais pour nous, et c’est
fondamental, il s’agit d’un parti
complètement indépendant du
gouvernement, du Parti socialiste,
un parti qui aspire au pouvoir
mais pour le pouvoir collectif de
la population, pas pour compter
le nombre d’élus même si c’est important
d’en avoir.

Nous luttons pour une autre démocratie,
pour une démocratie directe
et non pas celle de la République
actuelle. De la même manière,
nous combattons pour une véritable
république sociale contre
cette république bourgeoise. Nous
avons besoin d’une force politique
qui organise, qui aide à construire
les mobilisations et l’intervention
directe des populations. Pour nous,
le changement réel passe par les
luttes et non par les élections.

Nos objectifs divergent, nous ne
croyons pas à la révolution citoyenne,
mais nous suivons de près
l’expérience du Front de gauche
et nous sommes même partie prenante
d’un débat entre nous sur
le type d’outil à construire, sur la
nécessité de construire une opposition
de gauche au gouvernement.
Pour le moment, c’est clair,
le FDG a su créer une dynamique
essentiellement électorale. Mais
la situation politique nouvelle,
l’approfondissement de la crise,
l’austérité qui fait des ravages, un
gouvernement de gauche qui va
continuer une politique libérale
contre la population… Tout cela
nous donne raison et remet d’actualité
le besoin d’un parti pour les
luttes, un parti qui s’oppose à l’austérité
qu’elle vienne de droite ou
de gauche, un parti qui permette
réellement aux travailleurs, aux
gens d’en bas de prendre leurs
affaires en main.

En lien avec la table ronde La vie après les élections.

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