Accueil > Politique | Par Roger Martelli | 26 novembre 2013

Rouges et verts, une utopie ?

Un rapprochement entre le Front
de gauche et EELV est-il possible ?
Petit tour d’horizon des convergences
et des évolutions à tenir.

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La convergence du Front
de gauche et des Verts,
dans une nouvelle configuration
à gauche, est
un possible, souhaité
par les uns, redouté
par les autres. D’ores et
déjà, elle se réalise dans des luttes emblématiques,
contre l’aéroport de Notre-
Dame-des-Landes ou contre l’hyperdépendance
à l’égard du nucléaire. La
commune critique de la Ve République,
rappelée il y a peu par Eva Joly, constitue
un autre terrain d’entente important.
La phobie du sécuritaire qui, en France
comme en Grande-Bretagne, constitue
un pivot des ajustements sociauxlibéraux
est une troisième passerelle
solide. Sur bien des dossiers cruciaux,
les militants écologistes sont d’ores
et déjà plus proches du Front que de
l’allié socialiste. De plus, la sociologie
électorale du vote présidentiel en faveur
de Jean-Luc Mélenchon montre que le
Front de gauche attire de façon non
négligeable, au coeur des métropoles,
des éléments appartenant aux couches
urbaines de formation initiale élevée qui
sont par ailleurs une cible du vote écologiste
européen ou régional. Ne vaut-il
pas mieux, dès lors, cultiver la connivence
plutôt que la concurrence ?

L’hypothèse du rapprochement n’a
donc rien d’utopique. L’expérience concrète des Verts, y compris au gouvernement,
tout comme les changements
culturels d’ores et déjà amorcés
dans l’espace de la gauche d’alternative,
contribuent à dissiper dès aujourd’hui
plus d’un malentendu ou plus
d’un désaccord ancien. Aller plus loin
suppose toutefois de nouvelles évolutions,
dont une part au moins renvoie
au Front de gauche lui-même. Si l’on
veut surmonter jusqu’au bout des préventions
héritées de l’histoire du siècle
passé, il pourrait être intéressant, du
côté du Front, de travailler plus avant
quelques questions. Il reste ainsi,
de-ci de-là, des bribes de scientisme
(sinon de productivisme) qui contredisent
le pessimisme lucide au coeur
de l’idée écologiste. De même, la persistance
de conceptions républicaines
encore trop marquées par les propensions
étatistes d’hier heurte une tradition
moins centraliste par fondation.
Enfin, une attention plus grande au sens
de la vie, qui est au coeur des critiques
contemporaines de la croissance,
effacerait un peu plus l’image d’une
gauche de gauche trop consumériste et
écologiquement gaspilleuse.

Lire aussi :
Sergio Coronado, « Pour peser il ne suffit plus de s’ancrer à gauche »
Les Verts, concentré de contradictions)
Emmanuelle Cosse, portrait d’une ascension

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