Accueil | Par Loïc Le Clerc | 2 février 2022

Exclu Regards. Macron candidat à sa succession

Emmanuel Macron est-il candidat à sa réélection ? Une question qui fait transpirer d’extase les médias. Pourtant, les preuves que la question est déjà tranchée sont légion. Il n’y a donc rien d’exclusif à le dire.

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C’est un sketch dont on ne se lasse jamais, en France, à quelques semaines de l’élection présidentielle : le Président-sortant va-t-il être candidat à sa réélection ? Quand et comment l’être suprême va-t-il faire cette annonce au peuple de France ? Le suspense est total, haletant.

Et ça dure depuis Giscard !

Heureusement, nos dirigeants ne sont pas des stratèges hors pairs. Leurs intentions de conservation du pouvoir sont telles qu’ils ne sauraient les cacher bien longtemps. Il n’y eut que François Hollande, finalement, pour renoncer. Peur du camouflet ? Humour socialiste ? Un peu des deux sûrement.

 

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Voilà qui nous amène à aujourd’hui. 2022. Le premier tour de la présidentielle aura lieu dans 67 jours. L’on connaît les principaux prétendants – ils ne leur restent qu’à passer l’épreuve du feu des 500 signatures.

Mais quid de Macron ? La presse s’émeut. Est-il candidat ? Après tout, il ne l’a pas dit. Mon dieu, qu’allons-nous faire ? Comme si un doute existait. Comme si Hollande avait créé un précédent qui ferait désormais loi. Comme si les sondages journaliers mettaient une astérisque « si jamais le président de la République daigne se représenter » pour exposer les intentions de vote le concernant. Tout ceci n’est qu’une blague.

Heureusement, disions-nous, avec la Macronie, on n’est jamais déçu. Les rois de la com’ frappent toujours là où on s’y attend.

Il y a peu de chances qu’on
détrône les rois de la com’.

Macron n’est pas candidat, mais…

Il a « envie  » d’être candidat, dit-il au Parisien début janvier, ajoutant même : « Il n’y a pas de faux suspense. » Et en même temps, il « n’a pas très envie » de participer à des débats télévisés avant le premier tour.

Il reçoit des parrainages, comme celui de cette députée LREM, Anne-Laure Cattelot, pour ne citer qu’elle.

Il a un site de campagne – avecvous2022.fr, aussitôt mis en ligne, aussitôt retiré – et son entourage (les ministres Dussopt et Riester, le porte-parole des députés LREM Anglade ou encore le député Solère) diffuse des visuels qui laissent peu de doutes quant à leur objet. Cette « campagne » n’étant a priori pas officielle, les rétropédalages ont été olympiques.

Il vante son bilan à grands coups de tweets qui ont dû coûter un pognon de dingue en conseiller-com’ et de « baromètre de l’action publique ».

Il « trace ses pistes de réforme pour 2022 », écrit Le Parisien pour introduire son entretien présidentiel de janvier.

Mais même avec tout ça, tout ce « faux suspense » – des mots du Président ! –, les articles interrogeant sa candidature continuent d’affluer. Les questions des journalistes se font presque touchantes. « Mais dites-le que vous êtes candidat, s’il vous plaît, les Français ont besoin de savoir ! »

La farce durera le temps qu’elle durera. Emmanuel Macron est le « maître des horloges ». Mais la farce ne peut fonctionner que si les bouffons restent sur scène.

 

Loïc Le Clerc

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