Accueil | Par Loïc Le Clerc, Sébastien Bergerat | 21 septembre 2022

INFOGRAPHIE. L’écologie par les nuls

Chaleur, sécheresse, incendie, inondation, etc. Difficile, en 2022, de continuer à fermer les yeux sur le dérèglement climatique. Face à l’urgence, tous les gestes comptent. Heureusement, vous pouvez compter sur nos dirigeants éclairés pour vous accompagner !

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Comment survivre à la fin du mois et à la fin du monde ? Ce qui n’était qu’un slogan militant est devenu, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, la feuille de route du gouvernement. Du moins, à les croire sur parole. Les catastrophes climatiques se sont multipliées cet été, rendant les discours climato-sceptiques inaudibles. Quant à la crise énergétique en cours, notamment du fait de la guerre russe en Ukraine, elle annonce un hiver rude, avec des coupures d’électricité et de gaz potentielles.

 

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La crise totale. Alors l’État se devait de réagir. Et là, on marche sur la tête… tant les conseils se font lunaires !

« Attention à la cuisson de 19h : évitez de faire marcher vos quatre feux de votre plaque chauffante en même temps », nous dit, par exemple, Xavier Piechaczyk, président de RTE (le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France).

Sur la proposition de la maire de Paris Anne Hidalgo d’éteindre l’éclairage des monuments à partir de 22h (23h45 concernant la tour Eiffel), Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, est on-ne-peut-plus claire : « [Ce] n’est probablement pas la source d’économie la plus importante. Paris n’a pas beaucoup de monuments en réalité. La sobriété, c’est pas arrêter de vivre, c’est pas arrêter de travailler, c’est pas arrêter de recevoir des touristes. La sobriété, c’est faire les économies qui ont le plus de sens en matière de consommation d’énergie. »

Même ligne pour la cheffe de l’exécutif Élisabeth Borne : « Si on coupe l’éclairage au cœur de la nuit à des moments où on a pas de pic de consommation et qu’en même temps on est en train d’impacter l’attractivité touristique d’une ville, c’est quelque chose qui mérite d’être regardé. »

Mais visiblement le mot n’est pas passé jusqu’à la ministre de la Culture lors du dernier conseil des ministres… Pour Rima Abdul Malak, les grands monuments plongés dans le noir plus tôt pour faire des économies, ce sont des « symboles importants pour sensibiliser la population ».

Peut-être même la championne du monde

Ce n’est pas la première fois – loin s’en faut – que le gouvernement va à rebours d’une politique écologiste. Agnès Pannier-Runacher étant devenue une porte-parole experte. Florilège :

  • 27 janvier, répondant à une retraitée qui vit avec « moins de huit euros par jour » et qui n’arrive pas à se chauffer correctement : « Est-ce qu’elle n’a pas intérêt à, tout simplement, changer son système de chauffage ? »
  • 24 mai : « Je suis du côté de l’écologie des solutions, pas de l’écologie des illusions. [...] Parfois, on n’a pas forcément les bons réflexes. On va fermer la lumière en pensant qu’on a fait des grosses économies d’énergie et puis on va envoyer un mail un peu rigolo à nos amis avec une pièce-jointe et on aura consommé beaucoup plus d’énergie. »
  • 12 juillet : « [Rouvrir] la centrale [à charbon] de Saint-Avold ne modifie pas, évidemment, notre trajectoire de réduction des émissions de gaz à effet de serre. »
  • 24 juillet : « La clim porte ouverte, ce n’est plus acceptable. »
  • 30 août, au sujet des jets privés des milliardaires : « C’est clairement un problème qui est très limité en termes d’impact climatique. Que les écologistes en fassent un combat montre à quel point ils sont à côté de la plaque. »
  • 2 septembre : « La réussite du plan de sobriété nécessitera la mobilisation de tous. L’État prendra sa part et sera exemplaire. [...] La sobriété, ce n’est pas demander aux entreprises de baisser leur production. »
  • 6 septembre, au sujet des jets privés des footballeurs : « La réaction de Christophe Galtier et Kylian Mbappé montre à quel point ils sont très loin des enjeux de réchauffement climatique. »
  • 11 septembre : « Faire croire aux Français que parce que vous avez un combat, qui est sur les jets, vous avez résolu tout le problème du réchauffement climatique, c’est quand même ne pas être très sérieux. » ; « Boycotter la coupe du monde ne changera pas malheureusement les émissions de gaz à effet de serre de cet événement. Cette décision a été prise dans un autre contexte climatique. Je préfère regarder devant moi. »

La classe mondiale.

 

Loïc Le Clerc

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