Accueil | Par Clément Gros | 13 avril 2022

En 2022 aussi, la jeunesse « emmerde le Front national »

Comment ont voté les jeunes au premier tour ? Que vont-ils faire au second ? Leurs suffrages vont être décisifs pour empêcher Marine Le Pen.

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Dans l’indifférence quasi totale, ce 10 avril 2022, le visage de Marine Le Pen est apparu, comme en 2017, sur les écrans de télévision. Pourtant il y a de quoi s’inquiéter : avec 23,15% des suffrages, la candidate du Rassemblement national progresse de plus de 450.000 voix. Mais chez les 18-24 ans, ils ne sont « que » 18% à l’avoir choisie. Finalement, de part sa mobilisation inédite derrière Jean-Luc Mélenchon – qui glane 34,8% de leurs bulletins –, le vote des jeunes constitue la réserve de voix essentielle qui décidera du sort pour le second tour. Encore faut-il qu’ils se mobilisent.

 

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Car dimanche dernier, les nouvelles générations de votants se sont plus rendues aux urnes qu’attendu. Si les 25-34 ans ont été 67% à aller voter, une lame de fond est advenue chez les plus jeunes : les 18-24 ans ont participé à hauteur de 76%, bien au delà des estimations et, surtout, davantage que le reste de la population (73,69%). Une belle participation avec pour premier choix Jean-Luc Mélenchon, puis Emmanuel Macron (24,3%) et Marine Le Pen (18%). Fait suffisamment inédit pour être mentionné, la forte mobilisation des jeunes ces dernières années derrière l’écologie, l’égalité des droits ou encore la justice sociale, s’est transformée en potentielle force électorale.

En revanche, les 25-34 ans ont plus massivement voté pour Marine Le Pen, la plaçant en tête avec 30% des voix. C’est cette même population qui compte en nombre d’individus le plus de chômeurs. Une catastrophe sociale largement captée par l’extrême droite. Et, dans les premiers sondages pour le second tour, Marine Le Pen est placée en tête des intentions de votes chez les moins de 35 ans (52%), alors que c’est l’inverse chez les plus de 35 ans (48%).

Emmerde Le Pen... malgré Macron

Dimanche soir, au Cirque d’Hiver, l’enthousiasme était palpable chez les militants insoumis. Robin, 22 ans, non partisan par habitude mais fervent militant de gauche, était venu assister à la soirée de l’Union populaire : « On a perdu, pourtant j’avais l’impression d’un soir de victoire. Je suis rentré avec le dernier métro et on a chanté jusqu’à une heure et demi. Dès qu’un député venait nous saluer c’était l’ovation ». La foule a même repris en cœur le fameux titre des Bérurier noir pour réaffirmer qu’elle « emmerdait le Front national ». Puis, Jean-Luc Mélenchon s’est adressé à cette jeunesse, l’appelant dans une longue métaphore filée à « ne pas commettre des erreurs qui seraient définitivement irréparables », tout en répétant à quatre reprises de « ne pas donner une voix à Marine Le Pen ».

Seulement voilà, pour beaucoup, comment oublier le quinquennat Macron, le recul inédit des droits et le détricotage du système social ? Comment oublier pour ces militants de gauche la répression des manifestants, la présence de Gérald Darmanin à l’Intérieur, les multiples condamnations envers des membres du gouvernement et de la majorité, et le mépris continu du Président ? Élise, 25 ans, doctorante en sociologie, témoigne sévèrement : « Je ne cautionne pas de donner ma voix à Macron pour qu’il continue à détricoter ce qui reste comme droits sociaux dans le pays. Je ne veux pas valider les actions de son gouvernement. Que penser de Jean Castex qui utilise un jet privé pour aller voter ? Je ne veux pas cautionner le financement de cabinets de conseil, et "accessoirement" que dire se sa politique écologiste ? »

Au deuxième tour de 2017, 66% des votes exprimés des 18-24 ans allaient à Emmanuel Macron – un chiffre qui pointait à 60% chez les 25-34 ans. Désormais, cette part de votants penche légèrement vers Marine Le Pen. Le quinquennat macroniste a toute sa part de responsabilité dans ce basculement historique. Dimanche 24, le vote de la jeunesse sera, plus que jamais, décisif.

 

Clément Gros

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Vos réactions

  • Elle l’emmerde moins qu’en 2017. Mais peu importe. Parler de cette façon est superficiel. Etre jeune n’est pas une vertu, un gage de clairvoyance politique. La jeunesse est tout ce qu’il y a de sympathique et d’attirant, mais elle attire surtout les démagogues. Ils le lui rendent bien.

    Glycère BENOIT Le 13 avril à 17:05
  •  
  • Un qualificatif applicable à chaque candidat (démagogue) et donc un commentaire transposable à chaque génération de votants. Bref, ne changez rien, Mr Macron vous remercie.

    papaours Le 14 avril à 07:57
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