Accueil | Par Loïc Le Clerc | 9 mai 2022

Législatives : des députés LREM aussi nuls, on en redemande ! (ou pas)

Askip (à ce qu’il paraît, comme disent les vieux), Emmanuel Macron en personne a validé l’entièreté des candidatures LREM pour les élections législatives à venir. En attendant de découvrir leurs nouvelles perles, retour sur le pire du casting de la première saison de la Macronie.

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En juin 2017, ils étaient 314. 314 députés La République en marche. Une bien belle majorité. Le problème, c’est que trouver autant de personnes à caser à l’Assemblée nationale en si peu de temps, c’est risqué. En effet, Emmanuel Macron a pris le pouvoir avec aisance et soudaineté, mais sans aucune assise partisane. Il lui a donc fallu partir de zéro pour composer sa majorité parlementaire, ou presque. D’où les quelques « erreurs de casting » que l’on a pu constater tout au long de la législature. On vous a sélectionné nos « préférés »…

 

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Joachim Son-Forget, aka WTF !?

 

Impossible de résumer l’œuvre de l’artiste en quelques lignes. Ni de rendre hommage à chacune de ses performances. À ce niveau-là, ce n’est plus de l’art, c’est quasi-mystique. Selfie avec Jean-Marie Le Pen, comptes parodiques de Macron et Trump (qui lui ont valu une suspension de son compte par Twitter), soutien d’Éric Zemmour (Marine Le Pen est trop « extrême-gauche » à son goût), diffusion des sextapes de Benjamin Griveaux, déplacement en Ukraine en pleine guerre, négation de la colonisation en Algérie, opposition à l’extension du délai légal d’IVG et à la PMA, point Godwin sur le pass sanitaire, sans parler de son homophobie assumée.

Tout y est. On vous laisse savourer.

« C’est un mec génial, proche du génie », disait de lui Emmanuel Macron en 2018.

 

* * *

 

Laetitia Avia, aka Luis Suarez

 

Morsure d’un chauffeur de taxi, sexisme, homophobie et harcèlement au travail. Le pedigree de feu l’étoile montante de la Macronie est impressionnant. Elle fait parler d’elle dès l’été 2017. Le 5 juillet précisément, on apprend par Le Canard enchaîné que la députée aurait mordu un chauffeur de taxi après un différend au moment de régler la course. Ainsi lit-on dans Le Figaro : « Tout s’est emballé quand la députée a dû régler la course de 12 euros. Le terminal du taxi est en panne et elle n’a que sa carte bancaire. Il lui propose de la conduire à un distributeur, ce qui n’aurait pas plu à Laetitia Avia. "Devant son comportement, elle a donc mordu le conducteur à l’épaule pour qu’il s’arrête – fait qu’elle reconnaît devant nous", écrivent les policiers municipaux de Saint-Mandé (Val-de-Marne). Devant la presse, elle se défend : "J’ai eu très peur, je ne l’ai pas mordu mais attrapé par l’épaule". Pourtant, selon la police, il a fallu "quarante-cinq minutes de négociations" pour qu’elle règle sa course. La soirée s’est achevée au commissariat : Laetitia Avia a porté plainte pour séquestration, et le chauffeur pour coups et blessures ». Depuis, Laetitia Avia fait tout pour qu’on oublie cette histoire, notamment en faisant supprimer un maximum de références et de détails sur sa page Wikipédia.

Voilà pour son entrée en matière quand le premier quinquennat Macron. On la retrouve ensuite en 2020, cette fois dans les colonnes de Mediapart : «  Cinq ex-assistants parlementaires de la députée LREM dénoncent, preuves à l’appui, des humiliations à répétition au travail, ainsi que des propos à connotation sexiste, homophobe et raciste ». Elle est depuis visée par une enquête pour « harcèlement moral ». Pas mal pour une élue qui a fait de la lutte contre les discriminations et le cyberharcèlement son cheval de bataille.

 

* * *

 

M’Jid El Guerrab, aka le tabasseur casqué

 

Le bougre n’aura pas eu l’honneur d’être un député LREM bien longtemps. Le 5 septembre 2017, M’Jid El Guerrab s’est fait exclure du groupe parlementaire. Et pour cause : le 31 août 2017, il frappait violemment à coups de casque Boris Faure, un cadre du PS. Deux coups qui causeront un traumatisme crânien au socialiste. Mis en examen pour violences volontaires avec arme, son procès a eu lieu en avril dernier et l’on attend la décision du tribunal correctionnel pour le 12 mai. Tout ceci n’a en rien empêché le député d’effectuer ses cinq ans de mandat. Au moment des faits, M’Jid El Guerrab avait pour avocat un certain Éric Dupond-Moretti. Elle est pas belle la Macronie ?

 

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Martine Wonner, aka l’antivax

 

Après avoir fait entendre sa voix d’une façon assez saillante au début de la législature, en tant que membre de « l’aile gauche » de la Macronie, Martine Wonner a totalement vrillé avec la pandémie du Covid. Supportrice de Didier Raoult, opposante au mort du masque et aux vaccins (sauf « celui des Chinois »), elle entre peu à peu dans la sphère complotiste, relayant les thèses des réseaux d’extrême droite américains QAnon. Sans surprise, elle figure dans le « documentaire » Hold-Up. Mais le pic de sa carrière est atteint lors d’une manifestation contre la « dictature sanitaire », où elle harangue la foule : « Allez faire le siège des parlementaires, allez envahir leurs permanences pour dire que vous n’êtes pas d’accord. » Selon Martine Wonner, le vaccin contre le Covid aurait des « conséquences délétères », et d’énumérer celles-ci : « Fausses couches, cancers multiples, maladie de Creutzfeld Jacob, Sida »… Elle a été exclue du groupe LREM en mai 2020 après son vote contre le plan de déconfinement. Elle sera par la suite exclue de deux autres groupes parlementaires (Écologie Démocratie Solidarité ; Libertés et territoires).

 

* * *

 

Agnès Thill, aka Jésus revient

 

Opposée à la PMA pour toutes, elle avait dénoncé le « puissant lobby LGBT à l’Assemblée », qualifié de « droguées » les femmes seules voulant recourir à la PMA – elle reconnaît tout de même que les enfants élevés dans des familles monoparentales sont « normaux » (sic !) – et estimé que l’absence « de genre dans le mot "parent" [...] favorise l’éclosion d’écoles coraniques ». Il aura fallu attendre juin 2019 pour la voir exclue de LREM. Elle repart en campagne pour les législatives 2022 avec l’étiquette LR.

À noter que tous les cinq sont considérés comme faisant partie de la jambe gauche de la Macronie. Agnès Thill, M’jid El Guerrab et Joachim Son-Forget étaient même membres du Parti socialiste avant la création d’En Marche… Vivement que la saison 2 commence !

 

Loïc Le Clerc

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Vos réactions

  • Et Mélenchon valide pas lui ?

    dan93 Le 10 mai à 10:19
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  • Franchement, mettre Martine Wonner, qui est une femme de conviction, et qui fait preuve d’un courage extraordinaire dans son combat contre le cirque pseudo-sanitaire, en parallèle avec la bande de crétins qui l’entourent, il fallait oser !
    A votre sens, s’opposer à l’ injection obligatoire, aux privations de libertés et aux discriminations pour motifs sanitaires, serait du complotisme ?
    Laissez donc ces jugements à l’emporte-pièce aux média des 9 milliardaires. Et redescendez un peu !
    Pour des journalistes, vous n’êtes pas très informés !

    Hugues Le Baron Le 11 mai à 01:09
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