Accueil | Par Loïc Le Clerc | 24 mars 2022

Macron ou Reagan ? Le jeu des sept différences

Manque de pot, y’a pas de différence !

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Que n’a-t-on entendu, dès le printemps 2017, qu’il y avait du JFK dans Emmanuel Macron. Voyez comme il est jeune, comme il est beau, comme il est dynamique, comme il veut tant de bien pour son pays ! Cinq ans plus tard, rares sont les bonnes âmes à oser encore ce genre de comparaison. Il faut être un socialiste de droite pour croire que Macron est de gauche !

 

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In fine, c’est Emmanuel Macron lui-même qui tranche l’histoire : jeudi 17 mars, il a présenté son projet. Et ça ressemble, à s’y méprendre, à du Ronald Reagan. Quoi de plus logique que de s’inspirer du meilleur ? Le journaliste Sébastien Natroll s’est prêté au jeu du miroir…

  • Macron veut augmenter le budget de l’armée ? Reagan l’a fait.
  • Macron veut faire travailler les pauvres qui survivent grâce à l’État-providence ? Reagan l’a fait.
  • Macron veut repousser l’âge de départ à la retraite ? Reagan l’a fait.
  • Macron veut mettre en concurrence les universités, instaurer l’autonomie des écoles ? Reagan l’a fait.
  • Macron veut payer les profs au mérite ? Reagan l’a fait.
  • Macron veut réduire le budget de l’audiovisuel public, la fin de la redevance ? Reagan l’a fait.

Emmanuel Macron serait-il de droite et, en même temps, de droite ? Avouez que vous n’étiez pas prêt pour une telle révélation.

Déjà en octobre 2017, nos confrères de L’Huma voyaient « du vieux Reagan chez le jeune Macron ». S’il y a un enseignement que cette comparaison nous apprend, c’est que le néolibéralisme a triomphé, partout, totalement. Après avoir transité par le Parti socialiste, le voilà à son apogée : Emmanuel Macron et la promesse d’un retour à la source du néolibéralisme.

Macron en campagne : plus à droite, tu meurs !

Il n’y a pas que sur le volet économico-social qu’Emmanuel Macron est en roue-libre sur sa droite. Campagne après campagne, on constate la droitisation du discours politique – figurez-vous qu’aujourd’hui, on parle même d’« extrême droite radicale », comme s’il en existait une « modérée ».

La Macronie ne fait pas exception. Elle radicalise son discours à l’approche du premier tour de la présidentielle. Voici deux petits extraits choisis de cette campagne [1] :

  • Marlène Schiappa, invitée au débat de Valeurs actuelles, aux côtés d’Éric Zemmour, Éric Ciotti ou encore Marion Maréchal : « Emmanuel Macron a toujours agi concrètement. Avec Gérald Darmanin, le Président a fait dissoudre le CCIF, Baraka City, Cheikh Yacine mais aussi Génération identitaire ! » Comme l’analyse la sociologue et écrivaine Kaoutar Harchi : « Ce que promet Zemmour, Macron peut aussi le faire ».
  • Emmanuel Macron, interrogé, on ne sait pour quelle raison, sur le déboulonnage des statues : « Je déteste ce truc, je suis contre la woke culture ». Reprendre les mots, les concepts, de la droite radicalisée, pour lutter contre elle… Une idée qu’elle est bonne !

Comme disait un député LREM, imaginant un second tour Macron-Pécresse : « Ça serait marrant parce que ça le baiserait bien sur la stratégie. S’inventer une identité de gauche en 24 heures… »

 

Loïc Le Clerc

Notes

[1On notera au passage que cela ne perturbe personne que les membres du gouvernement fassent campagne pour le président de la République.

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Vos réactions

  • Si. Il y en a au moins une, à part le fait que la France et les Etats-Unis n’ont pas le même régime : Reagan fut un grand président.

    Glycère BENOIT Le 25 mars à 11:19
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  • Je dis ça comme ça, mais ça marche encore mieux avec Mussolini. Mais vraiment, c’est impressionnant à quel point les parcours des 2 hommes sont similaires : issu du PS, prend le pouvoir à travers une manipulation médiatique et institutionnelle, arrive avec un programme économique turbo libéral et progressiste (voir l’influence de Sarfati sur Mussolini sur les questions de l’homosexualité et autres), au service direct et assumé de l’oligarchie financière, en tabassant et en mutilant les manifestants comme jamais, avant de faire un virage économique à 180 degrés et d’isntaurer un quasi étatisme à base de "quoi qu’il en coûte" face à la crise.

    Bon ensuite les politiques économiques des fascistes et des nazi (darwinisme économique) ont servi de modèle aux néo libéraux (Pinochet, Reagan, Tatcher, etc). Mais le modèle d’origine : c’est Mussolini

    xoxoLeStol Le 28 mars à 08:47
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