Accueil | Par Loïc Le Clerc | 8 novembre 2021

Montebourg adoubé par Zemmour et Ménard

Le candidat du « made in France » oscille entre 2 et 3,5% dans les sondages. Et pour opérer sa remontada, Arnaud Montebourg n’hésite désormais plus à user de déclarations des plus nauséabondes au point de valider les diagnostics de l’extrême droite et de reprendre le pire de Zemmour et de Le Pen.

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Mise à jour (09/11/21) : les déclarations d’Arnaud Montebourg ont bel et bien provoqué le malaise. Ainsi les « Jeunes avec Montebourg » ont immédiatement indiqué qu’ils se désolidarisaient de leur champion avant de supprimer leur compte Twitter. Le candidat potentiel, lui, est revenu sur ses propos le jour même sur LCP : « J’ai voulu viser les États, je ne souhaite pas toucher ces familles qui travaillent dur, envoient de l’argent dans leurs familles de l’autre coté de la Méditerranée. Je me suis fait engueuler par des gens que j’aime. J’ai compris que je m’étais mal exprimé [...] [Cette mesure] je n’ai pas à la retirer ou pas, elle est dans le débat. [Mais] je sais qu’elle est inefficace, qu’elle ne passe pas : elle est incomprise. » Visiblement, ils sont nombreux à ne pas avoir « compris » Arnaud Montebourg.

 

* * *

 

Pas facile de se démarquer, à gauche, alors qu’approche la présidentielle. Normal, quand on compte pas moins de sept candidatures. Il y a quelques jours, Arnaud Montebourg déclarait sur BFM que « la peur du grand remplacement est peut-être irrationnelle mais elle correspond à un certain nombre de phénomènes ». Une lecture qui rappelle un vieil argument : ainsi l’extrême droite poserait de bons diagnostics sans apporter les bonnes réponses.

 

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David Guiraud (LFI) : « Le racisme fait exister et Montebourg surfe là-dessus »

 

Récidive ce week-end. En effet, ce dimanche 7 novembre, dans « Le Grand Jury LCI/RTL/Le Figaro », Arnaud Montebourg a sorti l’artillerie lourde. Sur le thème qui va certainement polluer la campagne pendant encore longtemps : l’immigration. L’ancien ministre socialiste lâche : « Pourquoi on n’arrive pas à intégrer ? Vous avez aujourd’hui 100.000 mesures d’obligation pesant sur des personnes qui doivent quitter le territoire qu’on n’arrive pas à exécuter. Ces personnes sont là et sont d’ailleurs souvent des délinquants. » Puis, il continue : « Il y a 11 milliards de transferts d’argent qui passent par Western Union sur l’ensemble des pays d’origine. Nous bloquons tous les transferts aussi longtemps qu’on n’a pas un accueil de coopération. Ces transferts d’argent privé sont une manne pour ces pays et nous avons besoin aujourd’hui de dire : ça suffit. »

Le tollé est immédiat. Pour autant, les déclarations d’Arnaud Montebourg n’ont rien de bien original dans le climat politique actuel. Pis, elles se placent dans la lignée de la politique menée par Emmanuel Macron, lequel avait réduit le nombre de visas octroyés aux pays du Maghreb en raison du refus de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie de favoriser le retour des immigrés en situation irrégulière. Par ailleurs, la dernière personnalité politique à avoir fait cette proposition s’appelle… Marine Le Pen.

Mais Arnaud Montebourg ne craint pas les accusations en « zemmourisation ». Il va même plus loin dans l’indécence en lançant : « Charles Aznavour et Zinédine Zidane sont devenus des grands Français mais avant, ils ont été des immigrés. » D’autres avant lui, à l’instar de Marlène Schiappa, avaient déjà usé de cet argument : « De Marie Curie à Zinedine Zidane, on ne peut pas dire que l’immigration porte intrinsèquement du tort à la République française », avait-elle plaidé. Sauf que… le footballeur est né à Marseille. Et par ailleurs, le chanteur d’origine arménienne est né à Paris. Une certaine idée de la France...

Arnaud Montebourg évoque également « certains quartiers » dans lesquels il y aurait « 80% d’enfants qui ne parlent pas le français ». Comme si la gauche avait besoin d’une dose supplémentaire de désespoir.

Il ne fait aucun doute qu’Arnaud Montebourg tire sur la corde du bad buzz pour tenter de lancer un temps soit peu sa dynamique de campagne. À l’instar d’un Fabien Roussel évoquant le fait que « quand on ne bénéficie pas du droit d’asile, on a vocation à rentrer chez soi ». Mais sur le terrain de l’extrême droite, il y a déjà du beau monde. Tenez, il en a pensé quoi Éric Zemmour de cette sortie d’Arnaud Montebourg ? « En panne d’idées, Montebourg a regardé en replay les vidéos de ma chaîne YouTube. Bravo Arnaud ! » Et Robert Ménard ? « Je dis bravo Arnaud Montebourg. Il prend acte du réel, ce n’est pas de droite ou de gauche, ni même d’extrême droite. C’est du bon sens ». Il faut dire que Zemmour n’est pas avare en bon point puisque Mélenchon, après avoir déclaré que « la loi doit être respectée. Les frontières existent, les visas aussi. Je suis pour qu’on respecte la loi parce que sinon, ça se termine toujours en défaveur des travailleurs et de l’équilibre de la société », a vu son propos validé en un tweet : « Exactement Jean-Luc », a lâché le futur probable candidat à l’élection présidentielle.

De quoi brouiller bien des pistes au sein d’une gauche largement déboussolée.

 

Loïc Le Clerc

 

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Vos réactions

  • Encore et toujours le même problème.
    Dans vos analyses politiques, vous faites des migrants des objets dénués de conscience politique. Pour vous ils ne sont pas acteurs, ce sont juste des pions sur un échiquier.

    L’immense majorité des migrants sont d’extrême droite, bien plus à droite que Zemmour.

    Tant que vous serez incapables d’humaniser les migrants en leur rendant leur status de citoyen du monde, en prenant en compte leur idées politiques, vos analyses resteront des analyses petites bourgeoises déconnectées de la réalité.

    La France n’a pas vocation à accueillir tous les fachos de la planète.

    laffreuxJojo Le 9 novembre à 00:19
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  • Vous êtes bien mal " barré" Jojo. La France depuis des siècles est une terre d’accueil et le restera par la force des choses du monde : le changement climatique va déplacer des millions de personnes du simple fait de la montée des eaux et de régions entières devenues invivables par les températures extrêmes. C’est un fait historique ! La grande question à se poser est celle de la capacité d’accueil et du comment accueillir dans tous les pays actuellement tempéré. Sans compter, l’immigration en raison des conflits dont la plupart sont alimentés par les marchands d’armes dont la France. C’est une question universelle, il faut la poser dans de bons termes, ce que ne fait pas Arnaud Montebourg.

    lucien matron Le 10 novembre à 06:02
       
    • La France c’est aussi et surtout la terre du bonnet Phrygien et de la guillotine, du massacre de Vendée et de l’expropriation des biens de l’Eglise. Les Français ont inspiré toutes les grandes dictatures communistes. C’est le drapeau de la Commune de Paris qui flotte sur la Chine. C’est cela l’universalisme républicain : la guillotine contre les superstitions.

      Soyons clair : vous, ça ne vous dérange pas qu’on accueille des flots entiers de fascistes basanés à l’idéologie réactionnaire ? De la racaille nostalgique d’Hitler qui vient le coeur rempli de haine contre l’ancien colon français, et la tête plein de préceptes anti républicains ? Le spectacle des ratonnades anti blancs et des viols collectifs de gauchistes ne vous pose pas de problème ?

      Si la gauche ne laisse aux français que le choix entre 2 extrêmes droite, celle qui défend le droit au blasphème et celle qui vient de l’étranger, ne vous étonnez pas que les français choisissent .

      Mais bon, j’imagine que vous êtres un vieux boomer et que vous n’avez pas la moindre idée de ce que c’est que d’avoir que son fils se fasse tabasser à mort pour "un mauvais regard" (par pur racisme anti blanc)

      laffreuxJojo Le 13 novembre à 10:48
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  • Je suis fier d’être un héritier de la Révolution Française, de la Commune de Paris, des Canuts de Lyon, du Front Populaire et de tous les républicains qui ont apporté des victoires sans précédent pour le peuple de France : la Sécurité Sociale ( Ambroize Croizat, ministre communiste du Général De Gaulle), la réduction du temps de travail , les congés payés, la totalité des services publics, le droit de vote des femmes (proposition de loi de Fernand Grenier, député communiste), la retraite à 60 ans, etc.... L’apport des communistes, des socialistes, et aujourd’hui nous pouvons ajouter des écologistes , au bien être, à l’émancipation de l’être humain, à la paix, à la cause environnementale, est bien supérieur, de mon point de vue, au repli identitaire, à la division et à la haine déployés par Eric Zemmour, Maine Le Pen et tous leurs supporters, qui, en définitive, se battent contre eux-mêmes.

    lucien matron Le 13 novembre à 12:27
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  • @lucien matron. Vous êtes fier d’être communiste ? C’est que vous avez la mémoire sélective. Et une manière de réécrire l’histoire qui doit plus à l’imagination qu’au respect de la vérité.

    Ambroise Croizat n’est pas le créateur de la Sécurité Sociale, contrairement à ce que prétend la rengaine du PCF. La Sécurité Sociale a été créée par les ordonnances du 4 et 19 octobre 1945. Voulues par le gouvernement du général de Gaulle, elles ont été élaborées et rédigées par Pierre Laroque, directeur général des Assurances Sociales, qui devint le premier directeur général de la Sécurité Sociale. Les Assurances Sociales furent créées en 1930 et développées depuis mais avaient besoin en 1945 d’être généralisées et modernisées. La Sécurité Sociale n’a pas été créée ex nihilo, et pas par un communiste.

    Pierre Laroque, haut fonctionnaire, se situait politiquement à droite. Il s’acquitta de sa mission réformatrice sous la tutelle d’Alexandre Parodi, ministre du Travail jusqu’en novembre 1945. Ambroise Croizat lui succédera le 21 novembre et inclut la Sécurité Sociale dans son portefeuille le 26 janvier 1946. Il travailla efficacement à sa mise en place, travail qui mérite d’être salué, mais n’oubliez pas Pierre Laroque et Alexandre Parodi qui ont travaillé en amont et dont l’œuvre mérite elle aussi d’être saluée. Rétablir la vérité des faits suffira.

    Les historiens dont dépouillé, dépouillent encore le bilan du communisme depuis 1917. Le communisme au pouvoir. Ce bilan a-t-il vraiment de quoi inspirer de la fierté à ses thuriféraires ? Les crimes dont le communisme porte la responsabilité suscitent l’effroi et le rejet de la plupart des gens, mais chez vous de la fierté. Les faits cependant ne peuvent être niés. La réalité du communisme est maintenant connue et documentée, malgré les efforts des partis communistes, dont le PCF, pour la travestir.

    Glycère BENOIT Le 13 novembre à 19:16
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  • Ah ! revoici les élucubrations anticommunistes de Glycère, maître dans l’art de la désinformation et de la réécriture de l’histoire, tout en accusant les autres. Je n’ai jamais écrit comme vous le prétendez que j’étais "fier d’être communiste" et que Ambroise Croizat avait créé la Sécurité Sociale. Relisez ma publication précédente. J’ai simplement affirmé que j’étais fier d’appartenir à ces héritiers des luttes populaires pour les progrès de notre société et l’émancipation des êtres humains. Il se trouve que dans ces luttes populaires et de résistance, il y avait, parmi d’autres, et que vous le vouliez ou non, des communistes. C’est cela la vérité des faits historiques. Et si Ambroise Croizat, a été nommé, ministre de la Sécurité Sociale, par le général De Gaulle, c’est sans doute, qu’il a su avec d’autres , mettre en place une couverture sociale universelle, que beaucoup dans le monde nous envie, et que certains, en France, voudraient bien mettre à bas pour livrer la protection sociale aux appétits féroces du privé.
    J’ai toujours dit ici, que la gauche, ne sera forte que par l’apport de toutes ses forces : socialistes, communistes, insoumises, et écologistes. Pour conclure, j’ajouterai une citation d’Edgar Morin : " Qu’est ce qu’être de gauche ? A mes yeux , c’est se ressourcer dans une multiple racine : libertaire ( épanouir l’individu), socialiste ( amélioration de la société), communiste ( communauté et fraternité) et désormais écologique afin de nouer une relation nouvelle à la nature ". Cette définition de la gauche me convient parfaitement.

    lucien matron Le 14 novembre à 09:00
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  • @lucien matron. Elucubrer, sûrement pas, c’est tout ce que je déteste, avec la désinformation, le déni de réalité, la réécriture de l’histoire, bref le communisme. Je pourrais dire, en imitant votre vision de la politique, mais au vrai ce n’est pas la mienne (autrement je vous ressemblerais) que je suis fier d’être anticommuniste, comme je suis fier d’être antinazi et antifasciste, tout cela pour les mêmes raisons.

    Vous n’êtes pas communiste vous-même mais vous êtes fier d’avoir travaillé avec eux du temps de votre mandat au sein d’une municipalité d’union de la gauche, laquelle comprend des partis modérés et des partis extrémistes. Sur le plan civique il n’y a pas lieu de vous le reprocher : le PCF est un parti légal, soit, et chaque parti est libre de ses alliances. C’est vrai pour tous les partis.

    Sans dire explicitement que Croizat est le fondateur de la Sécurité Sociale, vous ne citez que lui, ce qui donne en donne l’impression. C’est le tic sempiternel des communistes. Auriez-vous gardé quelque chose d’eux pour avoir été à leur contact ? Enviez-vous le sort des peuples qui ont dû subir leur pouvoir ? Personnellement je me félicite, quels que soient leurs vertus dont vous magnifiez l’éclat, que les français n’aient pas eu l’occasion d’en faire l’expérience.

    Edgar Morin, personnalité au demeurant remarquable, n’inclut pas la réalité du communisme dans ce qui le définit. Cela vous convient. Vous fermez les yeux en fait. Être communiste, c’est avant tout être adepte de l’idéologie marxiste-léniniste, être favorable au régime socialiste tel qu’instauré en URSS, laquelle en était la patrie. Ce régime est criminel.

    Glycère BENOIT Le 14 novembre à 22:13
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  • Une fois de plus vous falsifiez la vérité Glycère, Edgar Morin a été adhérent du PCF, puis du PS. Et dans ses dernières interventions, il a toujours défendu le rassemblement de la gauche y compris avec le PCF. Et ce n’est ni un tic, ni un toc.

    lucien matron Le 15 novembre à 08:50
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  • En quoi, Lucien ? Je ne falsifie rien, aucun fait, aucune vérité. Ai-je nié qu’Edgar Morin est un ancien membre du PCF ? Vous me faites dire ce que je n’ai pas dit. Il défend l’union de la gauche, y compris le PCF, très bien, mais on devrait plutôt l’appeler l’union de la gauche et de l’extrême-gauche : le PCF est révolutionnaire, donc extrémiste. Par définition un révolutionnaire est tout sauf modéré, en cela il se distingue par nature des sociaux-démocrates.

    Imaginons que la droite fasse pareil, rassembler toutes les forces de droite, y compris le RN, qui lui est d’extrême-droite. Il l’est comme le PCF est d’extrême-gauche. On entendrait alors hurler à la trahison, aux idées nauséabondes, au fascisme, au retour des heures les plus sombres, etc. Et vous ne seriez pas, probablement, le dernier à vociférer.

    Glycère BENOIT Le 15 novembre à 11:10
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  • A ma connaissance, vous êtes bien le seul à dénier le fait que le PCF a toujours été présent dans l’union de la gauche à la française, du Front Populaire au programme commun, de la victoire de François Mitterrand à celle de François Hollande. Reprocheriez vous à Lionel Jospin et à Jean-Luc Mélenchon , parmi d’autres, d’avoir fait leurs classes politiques chez les trotskystes ? Il faut avoir une pensée bougrement tordue pour assimiler le PCF à un parti extrémiste.

    lucien matron Le 15 novembre à 16:07
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  • Votre connaissance vous égare, je n’ai jamais nié le fait que le PS, autrefois la SFIO, s’est très souvent allié avec le PCF pour former une majorité au parlement et gouverner. Parfois non, le PS a alors gouverné sans lui, avec d’autres formations modérées, les radicaux par exemple. Le PCF n’a jamais gouverné seul en France, ni même en position dominante. Si cela était arrivé, il aurait fait la révolution pour substituer le régime socialiste au régime parlementaire. Sa doctrine, qu’il n’a jamais reniée, lui assigne toujours de le faire.

    Glycère BENOIT Le 15 novembre à 22:36
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