Accueil | Par Pierre Jacquemain | 11 juillet 2022

Sans confiance, Borne prend la défiance

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La NUPES présente ce lundi 11 juillet une motion de censure contre le gouvernement. Une motion de défiance plus exactement, insiste-t-on du côté des parlementaires de gauche et des écologistes. « Une manière de se compter », affirment-ils. La Première ministre n’ayant pas sollicité la confiance par un vote à l’issue de son discours de politique générale mercredi dernier, la NUPES fait bloc pour obliger chacun des groupes de l’opposition à se positionner vis-à-vis du gouvernement.

 

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Trois arguments jouent en la faveur de cette motion de défiance. Le premier, c’est l’opportunité d’un débat politique post-discours de politique générale. Une manière de dire au gouvernement : vous n’avez pas de majorité et surtout vous n’êtes pas totalement maîtres du calendrier puisqu’on est suffisamment nombreux pour vous imposer cette mise en danger – même si en réalité le danger que constituerait un renversement du gouvernement sera a priori largement écarté. Le second argument, c’est que cette motion oblige l’ensemble des groupes parlementaires à se positionner politiquement. Le RN et la droite des LR et de l’UDI ayant d’ores et déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas le texte de la NUPES, laissant ainsi le gouvernement en état de marche, la place de premier opposant au gouvernement ne pourra plus être contestée par le RN et c’est bien la NUPES qui en prendra le leadership, dans toute la diversité des sensibilités que composent l’alliance des insoumis aux communistes en passant par les écologistes et les socialistes. Enfin, le troisième intérêt de cette motion de défiance, c’est la démonstration d’un collectif uni. Tout le monde imaginait la NUPES morte-née dès le lendemain des élections législatives. Qu’une fois élus, chacun retournerait dans ses chapelles. Il n’en est rien… La NUPES a réussi son pari.

Reste sans doute le plus dur. Au-delà de l’opposition, saura-elle incarner une alternative tout au long de ce quinquennat ? Parce que le risque de cette stratégie que le porte-parole du gouvernement qualifie de « motion de posture », c’est précisément de n’apparaître aux yeux de l’opinion que comme une force d’opposition et de contestation. Un sondage d’Odoxa pour Public Sénat et LCP montre que le RN bénéficie de 40% d’opinions favorables contre 36% pour la NUPES. Le RN défendrait bien les classes populaires pour 47% d’entre eux et 53% pour la NUPES. 57% d’entre eux pensent que le RN au pouvoir amènerait le désordre dans le pays. C’est un peu plus pour la NUPES : 59% d’entre eux pensent que si la NUPES gouvernait, ça conduirait au désordre.

Enfin, et c’est sans doute l’une des leçons principales pour la NUPES : si le RN reste encore un parti d’extrême droite pour 64% des sondés, 58% classe la NUPES à l’extrême gauche. Et on a beau chercher Olivier Besancenot, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, on ne les trouve pas. Preuve que la NUPES a du pain sur la planche. Et si la NUPES est aussi distinctement classée à la gauche de la gauche de la gauche de l’échiquier politique, c’est peut-être que l’on peine à distinguer les sensibilités qui s’y retrouvent. Ou que les courants minoritaires de la NUPES peinent à s’imposer face à une France insoumise qui domine largement par la quantité de ses députés mais aussi sans doute par leur radicalité. Que d’aucuns qualifieraient d’extrême gauche.

 

Pierre Jacquemain

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Vos réactions

  • Il n’y a aucune raison pour limiter l’extrême-gauche aux partis représentés par Olivier Besancenot, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud.

    Glycère BENOIT Le 11 juillet à 22:44
  •  
  • @glycere

    Votre argumentaire est d’une puissance inégalée...

    Mackno Le 12 juillet à 13:48
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  • Merci pour le vôtre Mackno.

    Glycère BENOIT Le 12 juillet à 14:56
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  • Bin non
    Le pcf est à l’est selon un ancien dirigeant de la sfio ! Paul ramadier !?
    Peut-être !
    Il n’a jamais été à l’extrême gauche

    Dropsit Jean Pierre Le 14 juillet à 14:13
  •  
  • @Dropsit Jean Pierre. Si. C’est Mollet qui disait cela du PCF pour souligner sa soumission au PCUS, mais ce propos n’engage que lui. Tous les partis occupent une position dans l’arc parlementaire marquée par les repères que les usages et leurs doctrines respectives ont consacrés, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche. Il n’y a pas d’exception, même pour un parti qui peut apparaître pour le parti de l’étranger.

    Le PCF est un parti révolutionnaire. Tout révolutionnaire est un extrémiste en cela qu’il se distingue des modérés, des réformistes. Aujourd’hui cette identité révolutionnaire est toujours revendiquée par les communistes qui se mettent en colère si on leur dit qu’ils ont cessé de l’être.

    L’histoire de ce parti confirme cette appellation d’extrême-gauche même si le PCF veut l’effacer au profit du mythe d’un bloc de gauche homogène dont il serait une composante. Il est aussi mal à l’aise avec son histoire, le plus souvent acculé au déni, tant l’inavouable, le sale, le servile, prédominent face à la gloire résistante, auréolée des actions contre l’occupant, après le 22 juin 1941, qu’il veut seule retenir aujourd’hui. Mais l’URSS n’est pas entrée en guerre à cette date. Elle y était déjà, depuis septembre 1939, alliée de l’Allemagne. Ceux qui ont un minimum de culture historique savent à quoi s’en tenir. Il n’y a rien d’inapproprié à inclure le PCF dans l’extrême-gauche.

    Glycère BENOIT Le 14 juillet à 21:42
  •  
  • Merci pour la précision
    Le pacte germano soviétique a fait couler beaucoup et je pense à la déchirure de Paul nizan !
    Ça fait parti des ombres du parti mais il n’y a pas eu que cela !
    Aux historiens de se confronter à cette époque

    Dropsit Jean Pierre Le 15 juillet à 21:48
  •  
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