Accueil | Par Loïc Le Clerc | 4 janvier 2022

Vaccins trop chers, morts sous-estimées, lits fermées : les autres chiffres du Covid

Depuis le début de la pandémie (putain 2 ans !), nos vies sont rythmées par le décompte des entrées dans les services de réanimation, du nombre de personnes positives et de celui des décès. Mais il est d’autres données, moins médiatiques (et très provisoires), que voilà.

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5,4 millions de morts ; 290 millions de cas ; 9,2 milliards de doses de vaccins administrées. Les chiffres du Covid donnent un peu le vertige. Au point que, soyons honnêtes, on n’y fasse plus vraiment attention. Le début du Covid paraît bien lointain, et la fin encore plus. Pourtant, il est une multitude d’autres chiffres, qui passent totalement à la trappe.

 

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Le Tchernobyl chinois… mais pas que

4849 morts en Chine. C’est quatre morts de plus qu’au 27 avril 2021. Rappelons que l’incident de Tchernobyl n’a fait que 47 morts, officiellement. Autant dire que ça sent bon le mensonge d’État. Les pays les plus lourdement touchés sont les États-Unis (827.000 morts), le Brésil (619.000), l’Inde (482.000), la Russie (305.000) et le Mexique (299.000).

Et en France ? On décompte à ce jour 124.930 décès, selon le bilan officiel de Santé publique France, ce qui en fait le douzième pays le plus touché au monde.

Mais les chiffres sont-ils fiables ? Au vu du cas chinois, on ne peut qu’en douter. À ce propos, l’hebdomadaire britannique The Economist évalue le nombre de morts liés au Covid à 15,3 millions de personnes. Assez loin du chiffre officiel de 5,4 millions de morts à l’échelle planétaire. Il n’y a pas que la Chine qui ment ?

4,6 milliards d’euros de surcoût pour le vaccin

Selon Nicolas Vercken, directeur des campagnes et du plaidoyer d’Oxfam France, interviewé par Libération, les prix des vaccins auraient été gonflés artificiellement par les sociétés pharmaceutiques. Ainsi, la France aurait payé au moins 4,6 milliards d’euros de surcoût et l’Europe 31. Nicolas Vercken parle de « pénurie organisée », car cela impacte très fortement les pays les plus pauvres. Par ailleurs, Oxfam estime qu’en 2021, Pfizer, BionTech et Moderna devraient réaliser 34 milliards de dollars de bénéfices. Vive le capitalisme !

9% de l’Afrique est vaccinée

Pendant qu’en Occident, on a droit à un « débat » sur le vaccin, avec d’un côté ceux qui veulent le rendre obligatoire et, de l’autre, ceux qui le refusent au nom de leur « liberté », le continent africain continue de souffrir d’une réelle pénurie de vaccins. Pour le moment, seul 9% de la population de ce continent est vaccinée. En Afrique subsaharienne, ce taux tombe à 1,7%. À titre de comparaison, 69% des habitants de l’UE, 61% des Américains et 49,3% de la planète sont vaccinés.

L’Afrique est dépendante du bon vouloir des pays riches. Des doses que ces pays ont largement en stock sachant qu’ils ont commandé plus d’un milliard de doses en plus que ce dont ils ont besoin pour vacciner leurs populations. Ces mêmes pays – dont la France hein ! –, qui se gargarisent d’avoir mis en place le programme COVAX, afin de redistribuer leurs doses. Et, comme on lit sur Forbes, « à ce jour, les pays riches n’ont livré que 15% du milliard de doses de vaccins contre le covid-19 qu’ils s’étaient engagés à redistribuer ». Magnanime, la France envoie uniquement de l’AstraZeneca qui, rappelons-le, n’est plus injecté en France aux moins de 55 ans. En Afrique, 70% de la population a moins de 25 ans… Pis, les doses envoyées ont une date de péremption très très limite. Exemple : en décembre, le Nigeria a incinéré plus d’un million de doses de vaccin AstraZeneca données par des pays développés car les doses étaient périmées.

La question majeure est celle de l’argent. Comme le tweete Françoise Vergès : « Selon FMI, il suffirait de 50 milliards de dollars pour vacciner 40% de la population mondiale d’ici fin 2021 et 60% d’ici mi 2022. Mais les pays riches (16% de la population mondiale) ont acheté 50% des doses de vaccins. » Une vaste fumisterie, donc, qui donne l’impression que l’Occident oublie que nous sommes sur la même planète que les Africains et que, par conséquent, le virus circulera toujours d’un continent à l’autre – et les variants varieront… Pour rappel, il y a plus d’un milliards d’habitants en Afrique et 228.000 personnes sont mortes du Covid.

17.900 lits fermés à l’hôpital par Macron

Un chiffre fact-checké par Libération, qui se passe de tout commentaire : « In fine, le total de lits fermés [...] s’élève à environ 17.900 lits en moins en 2020 par rapport au total d’il y a quatre ans (404.785 lits d’hospitalisation complète recensés en 2016). Soit une diminution d’environ 4,4% sur cette période. » Rien que pour l’année 2020, 5700 lits ont été fermés – principalement en Seine-Saint-Denis et en Essonne, soit les départements les plus touchés et les plus populaires d’Île-de-France.

Et sur une période de 16 ans, le nombre de lits fermés s’élève à… 75.000. Une pensée pour le mec de l’ARS Grand-Est qui s’est fait virer pour avoir dit ceci. Macron l’a fait.

Par ailleurs, lit-on toujours dans Libé, « au moins 20% des lits disponibles sur le papier sont actuellement fermés dans les CHU et CHR de France, puisqu’il n’y a plus assez de soignants pour tous les faire fonctionner. »

Hausse de 28% des troubles dépressifs majeurs

Lu sur lemonde.fr : « Les résultats d’une étude publiée dans "The Lancet" montrent qu’en 2020 les cas de troubles dépressifs majeurs et troubles anxieux ont bondi respectivement de 28 % et 26 %. [...] Les femmes ont été plus touchées que les hommes, et les plus jeunes ont été davantage concernés que les groupes plus âgés. »

Le Covid > les autres maladies

C’est un chiffre terrible : en 2020, 23 millions d’enfants dans le monde n’ont pas reçu les trois doses du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. L’ONU parle de « catastrophe absolue ». Un « retard » directement dû à la pandémie de Covid, dont la vaccination a pris le pas sur les autres campagnes vaccinales. Triste conséquence : en plus de ne pas avoir accès au vaccin contre le Covid, « nous avons reculé sur d’autres vaccinations, mettant les enfants en danger d’attraper des maladies graves mais évitables comme la rougeole, la polio ou la méningite », avance le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Et sinon, pendant ce temps-là, des zoos américains vaccinent les animaux… Voilà voilà.

 

Loïc Le Clerc

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