Accueil > Culture | Par | 10 mai 2007

5ème édition du festival de cinéma d’Attac "Images mouvementées"

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//Extraits de http://www.local.attac.org/images-mouvementees//

Depuis sa première édition en 2003, l’objectif d’" Images mouvementées ", le festival de cinéma d’Attac, est de poursuivre une mission d’éducation populaire en associant engagement citoyen et culture. Cette cinquième édition poursuit la réflexion à la croisée des champs social, économique, scientifique et politique en abordant le thème de la santé de l’Homme dans un monde qu’il transforme chaque jour davantage au nom du progrès.

Le festival est organisé par le comité Attac Paris nord-ouest en co-organisation avec le cinéma " 7 Parnassiens " et avec le soutien des comités Attac Paris14, Paris15 et Paris13. Il se déroulera du mercredi 16 au mardi 22 mai, au cinéma les 7 Parnassiens dans le 14ème.

Sont proposés :

 une quarantaine de films (documentaires et fictions, longs et courts-métrages) décrivant et analysant ces questions en France, et dans le monde,

 de nombreux débats réunissant des représentants de l’ensemble de la société civile : responsables associatifs, sociologues, historiens, représentants syndicaux et, bien entendu, cinéastes.

Thème de cette cinquième édition : "L’Homme malade de son environnement"

L’une des préoccupations majeures auxquelles les hommes sont désormais confrontés est la dégradation de leur état sanitaire en raison de la mauvaise qualité de leur environnement. De multiples facteurs sont responsables de cette dégradation : augmentation des pollutions d’origines diverses, dérèglements climatiques démesurés, surabondance de substances chimiques dans les écosystèmes, expositions aux ondes et radiations multiples, détérioration des conditions de travail, accroissement de la précarité de l’emploi et des conditions de vie, insuffisante qualité de la consommation alimentaire, etc. Il est désormais possible de penser que l’allongement de la durée moyenne de vie pourrait s’interrompre à l’avenir. Bien sûr, cet alarmant constat général ne doit pas dissimuler que ces maux dont l’Homme est responsable frappent inégalement riches et pauvres. Si tous les individus sont touchés et sont ainsi tous concernés, il en est de plus vulnérable que d’autres.

Le lien "santé-environnement" impose de nombreuses questions. Les pouvoirs publics se donneront-ils les moyens de développer la médecine environnementale ? Le règne de la marchandisation est-il compatible avec le droit à la santé pour tous ? Face à l’incertitude des conséquences des nouvelles technologies (ondes électromagnétiques d’ampleur croissante, manipulations génétiques aventureuses, etc.), la proclamation du principe de précaution sera-t-elle suffisante ? Saurons-nous empêcher la subordination de la recherche aux intérêts mercantiles pour la remettre au service du bien sanitaire commun ? Que produit sur la santé psychique des individus - qu’ils soient perdants ou gagnants - le culte exacerbé de la performance ? Quel rapport au corps l’homme entretiendra-t-il demain dans un univers exagérément dévoué à l’objet ? Quel sens donnera-t-il à la vie si son environnement reste semé d’embûches ou est soumis à des bouleversements biogénétiques mal préparés ?

La cinquième édition du festival "Images Mouvementées" poursuivra avec ce nouveau thème la réflexion à la croisée des champs social, économique, scientifique et politique. Face à l’ampleur des questions que soulève le lien "santé-environnement" la difficulté majeure tient inévitablement dans la nécessité d’associer étroitement le combat écologique et le combat social. À la question "Quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ?" il convient d’en associer une autre : "Quels enfants allons-nous laisser à la planète ?"

Programme :

Mercredi 16

9 h 30 Guerre et paix dans le potager (partie 1) de Jean-Yves Collet. Séance réservée aux centres de loisirs du 14ème

14 h Nausicaä de Hayao Miyazaki. Séance publique proposée aux centres de loisirs

16 h Fast Food nation de Richard Linklater

20 h Notre pain quotidien de Nikolaus Geyrhalter

Débat "l’insécurité globale contre la santé des hommes"

jeudi 17

14 h Les routes du silence de Jean-Luc Cohen et Arrêt de tranches - Les trimardeurs du nucléaire de Catherine Pozzo Di Borgo

16 h La bataille de Tchernobyl de Thomas Johnson

18 h Soleil vert de Richard Fleischer

20 h Pas de pays sans paysans de Eve Lamont

Débat "la santé n’est pas dans son assiette"

vendredi 18

14 h Le silence des nanos de Julien Colin. Séance publique proposée aux scolaires suivie d’un débat

16 h Les tomates voient rouge de Andrea Bergala et Terre vivante de Jean-François Vallée

17 h.45 Erin Brokovich, seule contre tous de Steven Soderbergh

20 h.30 Le soleil et la mort - Tchernobyl, et après ... de Bernard Debord

Débat "Nuage (d’intoxication) nucléaire"

samedi 19

13 h.30 Métropolis de Fritz Lang

16 h Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil

18 h The host de Joon-Ho Bong

20 h.30 J’ai très mal au travail de Jean-Michel Carré

Débat "le travail c’est pas la santé"

dimanche 20

14 h La part maudite de Gaïta Guasti et La Part du chat de Jeremy Hamers

16 h Condamnés à réussir de François Jacquemin et Étranges étrangers de Marcel Trillat et Frédéric Variot

18 h Paul dans sa vie de Rémi Mauger

20 h La Digue de Frédéric Touchard

Débat "Plongeon dans le grand bain...chimique"

lundi 21

9 h 30 Sauve qui peut ... les poulets de José Bourgarel et Hubert Dubois. Séance publique proposée aux scolaires suivie d’un débat

13 h 30 Super size me de Morgan Spurlock. Séance publique proposée aux scolaires suivie d’un débat

16 h La jetée de Chris Marker et La chamelle blanche de Xavier Christiaens

18 h Un fleuve humain de Sylvain l’Espérance

20 h 30 Le silence des nanos de Julien Colin

Débat "Voyage au sein du "bluff" technologique"

mardi 22

14 h Est-ce ainsi que les hommes vivent de Claude Dityvon et Le village des brumes de Nina Beliava et Jean Trivino et Paroles de paysans de Fabrice Ferrari et Éric Simon

16 h Le blob de Chuck Russell

18 h Le temps des biomaîtres de Laurent Guyot et Bhopal, le procès qui n’a pas eu lieu de Ilan Ziv

20 h Bienvenue à Gattaca de Andrew Niccol

Programme détaillé des débats :

Mercredi 16 mai - L’insécurité globale contre la santé des hommes

Après la projection, à 20h, de " Notre pain quotidien " de Nikolaus Geyrhalter (Autriche, 2006, 92 mn, Sans paroles) avec Patrick Viveret (philosophe), et Dominique Belpomme (cancérologue, Président de l’Artac). Modérateur : Hervé Kempf, auteur du livre "Comment les riches détruisent la planète "

Il est désormais patent que l’Homme souffre gravement de la mauvaise qualité de son environnement. On hésite à adjoindre encore à ce dernier le qualificatif "naturel".

Il est également avéré que les hommes sont responsables de cette dégradation de leur milieu d’existence. L’impact des activités de production et des modes de vie que les hommes se sont choisis ont fini par contaminer gravement les écosystèmes et , par contrecoup, menacer la santé des populations exposées. L’impureté de l’air, la pollution des eaux, les terres cultivables gorgées de pesticides, les sites industriels désaffectés - mais toujours infectés -, les décharges sauvages abandonnées sans ménagements, les incinérateurs d’ordures ménagères rejetant leur dioxine ne sont que quelques exemples de sources d’exposition à de multiples substances toxiques. En ajoutant les effets du réchauffement climatique, le foisonnement des ondes électromagnétiques, les risques nucléaires, les dangers potentiels des nanoparticules et la prolifération des plantes génétiquement modifiées, on peut considérer que nous vivons dans un état d’insécurité environnementale latente. Cette insécurité est globale car nombre de phénomènes qui la produisent ignorent les frontières entre les nations et conjuguent leurs effets destructifs.

Cet alarmant constat est à présent dénoncé par de nombreux scientifiques partout où l’on enregistre une nette progression des maladies liées à la toxicité de l’environnement. Ces médecins et chercheurs réclament que l’on bâtisse une "médecine environnementale" à la fois préventive, par la prise en compte sérieuse des risques d’exposition, et curative, par le développement de traitements adaptés à ces nouvelles pathologies. Si quelques pays ont pris de l’avance sur les autres, nulle part cette médecine nouvelle n’existe encore. Il y faudra des budgets de recherche conséquents, une volonté de mesurer vraiment l’impact des nuisances "environnementales" sur la santé humaine, le renoncement de la posture consistant à prendre ces "nouveaux" malades pour des gens atteints de troubles psychologiques, la subordination des intérêts mercantiles à la promotion d’un "bien sanitaire commun".

Cependant, il faut énoncer un fait trop souvent passer sous silence : il existe une fracture écologique mondiale. De même que dans chaque nation les pauvres sont plus vulnérables aux risques environnementaux, à l’échelle planétaire les pays pauvres ne sont pas logés à la même enseigne que les pays riches. Combien de produits chimiques interdits dans ces derniers sont massivement utilisés dans l’agriculture ou l’industrie des pays du Sud ? Combien de firmes du Nord profitent de l’absence ou de la faiblesse de la législation des pays en développement pour y produire de manière malpropre ? Pourtant, un paradoxe éclate. Si "les riches détruisent la planète" en préservant leur standing et en méprisant les pauvres, ce sont eux qui ont les moyens de nettoyer l’environnement, de le rendre vivable durablement. Le feront-ils pour eux seuls ?

Jeudi 17 mai - La santé n’est pas dans son assiette

Après la projection, à 20h, de " Pas de pays sans paysans " de Eve Lamont (Canada, 2005, 90 mn.) avec Lylian Le Goff, médecin et environnementaliste, et François Dufour, paysan "bio" (Confédération Paysanne). Modératrice : Véronique Gallais, Présidente d’Action Consommation.

Un chiffre devrait nous émouvoir : en 2004, 76.000 tonnes de pesticides ont été utilisées pour la production agricole en France. L’agriculture moderne est productiviste et puissamment intégrée. Cela signifie que le niveau des rendements est préféré à la qualité des récoltes. Le "complexe agro-industriel" est fait de relations étroites de dépendance entre les agriculteurs d’une part, les firmes qui leur vendent semences, engrais, pesticides ou jeunes animaux et les firmes qui leur achètent leur production pour la transformer (industries agro-alimentaires) ou les commercialiser (Grande Distribution) d’autre part.

Apparemment au cœur du dispositif, les agriculteurs sont en fait ravalés au rang de simples exécutants sans autonomie travaillant selon des critères productifs qu’ils ne décident plus. Les firmes situées en aval de la production agricole exigent notamment du volume et des produits standardisés. La plupart des agriculteurs, souvent fortement endettés par ailleurs, sont pris dans une spirale du "toujours plus grand pour encore moins bon" de laquelle il n’est pas aisé de sortir.

À la sortie de ce complexe de l’alimentation calibrée le consommateur tend son assiette.

Il n’a pas forcément lu les études qui attestent que nombre de variétés de fruits et légumes issus de ce "modèle" contiennent des résidus de produits chimiques au-dessus des normes autorisées. Lui aussi est pris dans une spirale, une double spirale plus exactement : le "tout prêt à consommer" et l’attrait pour les "plaisirs" autres qu’alimentaires abondamment vantés par la "pub" le détournent de la "bonne" alimentation.

Le résultat de ce sacrifice n’est pas mince à l’échelle de la société tout entière : l’obésité - entre autres conséquences néfastes - progresse à grands pas. Si la "mauvaise" alimentation est plus souvent - pour des raisons pécuniaires et d’éducation - le fait des milieux les moins favorisés, on aurait tort de réduire le problème a ce seul constat. La "malbouffe" n’est pas l’apanage du pauvre !

Cependant, il existe désormais des alternatives, au succès grandissant, au "prêt-à-mal-bouffer". Les familles s’organisent en AMAP ou en groupes informels afin de (re)créer des liens directs avec des producteurs désireux de maintenir une agriculture paysanne par laquelle ils maîtrisent la qualité de leur production, préservent l’environnement et proposent un rapport qualité/prix accessible au plus grand nombre.

Ce contre-modèle n’est soutenu ni par les pouvoirs publics ni par la PAC. Les paysans en "bio" ne touchent aucune subvention européenne ou nationale. La lutte est apparemment inégale entre les deux systèmes. Pourtant, le consommateur a les moyens de résister : son pouvoir d’achat est un pouvoir d’action. Le premier modèle "prépare" un porc transgénique 40% plus gros qu’un porc dit normal (mais celui-ci mangeant 25% moins de nourriture "industrielle"). Le second modèle préfère le porc fermier élevé dignement et nourri sainement. Le choix nous appartient...

Vendredi 18 mai - Nuage (d’intoxication) nucléaire

Après la projection, à 20h30, de " Le soleil et la mort à Tchernobyl, et après " de Bernard Debord (France, 2006, 82 mn.), avec Annie Thébaud-Mony, Sociologue (directrice de recherche Inserm), Xavier Renou (Réseau "Sortir du nucléaire") et Martial Mazars (CRIIRAD). Modérateur : Ivan Du Roi (Témoignage Chrétien)

Parmi les débats de société qu’il semble impossibles de poser avec l’honnêteté que requiert la vie démocratique "la question nucléaire" tient une place de choix. La proclamation, régulièrement ressassée, de la différence entre nucléaire civil et nucléaire militaire n’entraîne pas que le premier soit traité avec transparence quand le second doit rester "discret".

Dans sa dimension énergétique, le nucléaire est un système centralisé et policier dont la stratégie est menée de manière omnipotente par de "grands acteurs" au mépris de l’information et de la consultation des citoyens alors même qu’elle engage durablement et coûteusement l’avenir de la société. Face à cette insuffisance démocratique, il convient d’analyser le double "mensonge nucléaire" par lequel on fait de cette source d’énergie la solution des problèmes économique et écologique d’une part, et grâce auquel les pouvoirs en place minimisent dramatiquement le risque sanitaire pour les populations exposées d’autre part.

Le premier bienfait prétendu du nucléaire est l’indépendance énergétique qu’il apporte à la France. Pourtant, avec 58 réacteurs l’atome couvre péniblement 17 % de notre consommation d’énergie. De plus, 100 % de l’uranium, le combustible indispensable aux centrales, est importé. L’idée d’indépendance est donc une fadaise.

Un autre argument fallacieux est souvent présenté : le recours à l’atome serait une solution contre le réchauffement climatique. Or, il ne couvre que 2 % de la consommation mondiale d’énergie. Ainsi, le rapport " Facteur 4 ", remis au gouvernement en octobre 2006, est sans ambiguïté : l’apport du nucléaire dans la lutte contre l’effet de serre est marginal. Ces arguments sont cependant répercutés à l’envi par la plupart des médias tout comme celui de la sécurité optimale des installations gérées par EDF. Cette dernière affirme que le réacteur EPR, dont l’une des implantations est prévue à Flamanville en Normandie, est parfaitement sûr et que son fonctionnement, même affecté par un accident très grave ou une attaque terroriste, n’entraînerait pas de graves conséquences pour les communautés environnantes, la France et l’Europe. Une étude réalisée par John Large, expert britannique de renommée internationale, vient contredire cette thèse en affirmant que l’EPR est le réacteur le plus dangereux au monde. Enfin, si on ajoute l’embarras des déchets radioactifs et le coût de démantèlement des anciennes centrales, le fardeau que représente le système électronucléaire est donc bien lourd a porter.

Le second mensonge consiste en la dédramatisations - quand il ne s’agit pas de dénégation - des conséquences de l’exposition des individus ou des populations aux radiations nucléaires. Entre 1960 et 1996, la France a procédé à 210 essais atomiques aériens, souterrains et sous-marins, au Sahara puis en Polynésie. À ce jour, il n’est toujours pas permis de faire toute la lumière sur les conséquences pour la santé et la vie des 150.000 militaires qui ont participé à ces essais pas plus que pour les populations proches des atolls de Mururoa et Fangataufa. La même posture longtemps adoptée par les autorités politiques à propos du "nuage de Tchernobyl" est désormais battue en brèche par des laboratoires indépendants - comme la CRIIRAD - ou des organismes officiels obligés de se rendre à l’évidence. l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, organisme d’État a récemment réévalué les retombées en France du nuage radioactif. Les chiffres, d’aujourd’hui montrent une "différence d’un facteur parfois supérieur à 1.000" par rapport aux premières informations diffusées par le gouvernement français à l’époque de l’accident.

Dans un tel contexte de légèreté - le mot est faible - comment lancer enfin le débat qui convient aux questions engageant le sort des générations à venir ? Il est temps de ne plus attendre !

Samedi 19 mai - Le travail, c’est pas la santé !

Après la projection, à 20h30, de " J’ai très mal au travail " de Jean-Michel Carré (France, 2006, 82 mn), avec Isabelle Lagny, médecin du travail et Gérard Filoche, inspecteur du travail. Modératrice : Naïri Nahapétian (Alternatives Economiques)

Il n’est pas que l’environnement "naturel" pour être facteur d’effets nuisibles à la santé des individus. L’environnement social, et en particulier le milieu de travail, s’avère être aujourd’hui porteur d’une souffrance, morale ou physique, que trop souvent l’on minimise.

La flexibilité des emplois et du travail, la menace du chômage, la compétition entre salariés, le mépris pour le travail des exécutants et le poids des hiérarchies sont les ingrédients du malaise profond que vit aujourd’hui un nombre croissant de personnes dans le "monde du travail".

Le malaise s’exprime de multiples façons. Les uns rongent leur frein à l’usine ou au bureau et retrouvent leur dignité dans diverses activités extraprofessionnelles ou au sein du cocon familial. D’autres ne parviennent à supporter la contrainte professionnelle qu’au prix de l’ingurgitation de tranquillisants au demeurant peu apaisants. Les plus touchés sombrent dans la dépression les rendant, au moins temporairement, incapables d’assumer un univers qui leur est hostile ou qu’ils ressentent comme tel. Enfin, certains sont poussés au suicide.

Cette souffrance au travail est, au pire niée, au mieux largement sous-estimée. On préfère se persuader que les salariés en France manquent désormais de courage. On leur reproche de plus en plus facilement d’abuser des arrêts de travail et d’être de gros consommateurs de médicaments. Pourtant, quand on lit les études relatives aux conditions de travail dans l’Europe des Quinze tout s’éclaire. La France est dernière pour ce qui est des "indicateurs de la santé au travail". En revanche, elle est première pour la productivité du travail.

La performance des entreprises se paie donc très chère, elle se paie sur le dos des salariés par la dégradation de leur santé. Et, ils n’en reçoivent même pas la compensation salariale puisque le partage des gains de productivité n’est plus en leur faveur depuis longtemps. La main d’œuvre redevient corvéable à merci.

L’individualisation croissante des situations d’emploi et la faiblesse - voire l’inexistence - de la représentation syndicale ont tellement amoindri la cohésion des salariés que celle-ci n’offre plus le rempart nécessaire aux conduites abusives des supérieurs hiérarchiques ou aux exigences exorbitantes de la "concurrence internationale". La poursuite de la "modernisation" du code du travail, en renforçant la précarité de l’emploi et les prérogatives du patronat, ne va rien arranger. Il est peu probable que le sort des salariés les plus vulnérables puisse changer tant que la médecine du travail ne sera pas indépendante du pouvoir patronal et que, plus largement, notre société ne reconnaîtra pas pleinement la souffrance par le travail comme une pathologie à part entière. La démocratie salariale reste à construire.

Dimanche 20 mai - Plongeon dans le grand bain... chimique

Après la projection, à 20h, de " La digue " de Frédéric Touchard (France, 2006, 52mn), avec André Cicolella (biologiste), Geneviève Barbier (médecin) et François Veillerette (Président du MDRGF). Modérateur : Patrick Piro (Politis).

L’univers chimico-industriel exacerbé dans lequel l’Homme baigne insensiblement depuis cinquante ans au moins (100.000 molécules nouvelles ont été mises en circulation depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale) a commencé de produire ses effets morbides. Si la nocivité de certaines substances auxquels nous sommes exposés quotidiennement est avérée depuis longtemps déjà, l’incrédulité persiste quant à l’ampleur considérable de l’empoisonnement de notre environnement et au caractère partiellement irréversible de celui-ci. L’Homme ne saurait ici plaider l’innocence. Avant d’être la victime de la dégradation de la qualité de son environnement, il en est le premier responsable.

Cependant, l’Homme générique se décline en une multitude d’individus et de groupes d’individus aux comportements variés et aux responsabilités très inégales. Le meilleur moyen de ne rien changer jamais serait de considérer que nous sommes tous égaux en cette matière, de ne pas rechercher et désigner les coupables de la "pandémie silencieuse". Si l’environnement chimiquement pur n’existe pas - la nature contenant de multiples substances chimiques natives -, cela ne nous autorise en rien à considérer que l’on peut sans dommages créer de nouvelles molécules et les répandre massivement sur les terres, dans l’air ou dans l’eau. C’est bien de la chimie fabriquée par les hommes dont il faut s’occuper. Le pouvoir de digestion des écosystèmes est désormais impuissant, les seuils de tolérance dépassés depuis longtemps.

Diverses études scientifiques internationales révèlent un taux anormalement élevé de leucémies, de tumeurs cérébrales et d’autres formes de cancers au sein de la population des agriculteurs. Un groupe de chercheurs de l’École Harvard de Santé Publique a découvert que 202 produits chimiques industriels peuvent endommager le cerveau humain, et conclut que des millions d’enfants dans le monde sont probablement touchés. Leur étude, récemment publiée, affirme que l’exposition du fœtus et du nouveau-né à ces substances (par exemple le plomb et le mercure) peut endommager le cerveau en cours de formation et peut mener à des désordres du développement neurologique, à des déficits de l’attention ou à des retards mentaux. L’incrimination des pesticides dans la baisse de la fertilité masculine est une autre découverte récente des scientifiques.

Il n’est donc plus permis de nier l’évidence, cette évidence dont le dévoilement n’en est qu’à ses débuts tant le nombre de substances chimiques n’ayant pas encore révélées leur impact sur la santé humaine est grand. Pour l’heure, les industriels et leurs relais politiques et scientifiques tentent de promouvoir le concept de la "chimie verte". Ce nouvel oxymore ne risque-t-il pas d’empêcher le pouvoir politique de retarder encore le moment de prendre sa responsabilité ?

Lundi 21 mai - Voyage au sein du "bluff technologique"

Après la projection, à 20h30, de " Le silence des nanos " de Julien Colin (France, 2006, 70 mn), avec Etienne Cendrier (Président de "Robin des toits") et Claudia Neubauer (Coordinatrice de la Fondation Sciences Citoyenne). Modérateur : Jean-Luc Porquet, journaliste (Canard Enchaîné)

Le monde physique et familier dans lequel nous évoluons est progressivement recouvert d’un "brouillard invisible" et jonché d’une "poussière intelligente" souvent invisible. Ce brouillard est fait de la multitude d’ondes électromagnétiques qui traversent notre espace pour relier et activer le nombre foisonnant de nos machines communicantes. Cette poussière est représentée par les innombrables "puces" minuscules mais néanmoins bourrées d’informations grâce auxquelles le moindre de nos déplacements, le plus insignifiant de nos actes laissent des traces informatiques stockables. Cet univers pour ainsi dire immatériel qui insidieusement nous submerge, de façon à la fois inodore et indolore, transforme peu à peu la vie de chacun et la réalité sociale sans que nous y prêtions vraiment attention. A cela s’ajoutent désormais les "promesses" des nanotechnologies et leur univers de l’infiniment petit - 100.000 fois moins épais qu’un cheveu - façonné à volonté par l’homme, atome après atome.

Au-delà de l’habituelle fascination pour la Technique et de la kyrielle de bienfaits -abondamment vantée par le système publicitaire - qu’elle apporte dans nos vies qui en dépendent chaque jour davantage, l’omniprésence du maillage électronique ténu et la prolifération des nanoparticules posent deux questions fondamentales. La première est d’ordre sanitaire, la seconde d’ordre sociétal.

Le rythme des installations d’équipements émetteurs d’ondes électromagnétiques est beaucoup plus rapide que celui des études de leur impact sur les populations les plus exposées. Les émissions sont de plus en plus puissantes, leur nombre toujours plus élevé, les populations surexposées sans cesse plus nombreuses. Les études, souvent commanditées par les industriels du secteur , sont bien peu scientifiques, quand leurs résultats ne sont pas dissimulés ou tronqués. Elles ne parviennent pas à rassurer le nombre croissant de personnes atteintes de troubles inexpliqués, telles les insomnies ou les migraines persistantes, que l’on préfère qualifier d’affections psychosomatiques.

Les nanotechnologies, présentées comme la révolution des révolutions, génèrent quant à elles des nanoparticules dont la nocivité, encore mal délimitée car trop peu étudiée, est déjà scientifiquement avérée. Ces particules nanométriques peuvent passer certaines barrières corporelles réputées infranchissables : la barrière alvéolocapillaire, la barrière hématoencéphalique ou la barrière placentaire. Le dioxyde de titane, notamment contenu dans certains produits cosmétiques, considéré habituellement comme inoffensif, devient réactif en dessous de cent nanomètres. Des nanoparticules inhalées peuvent se déposer au fond de l’appareil respiratoire, passer dans le sang et se diffuser dans tout l’organisme. Entre 500 et 700 produits vendus dans le commerce contiennent déjà de telles nanoparticules.

L’autre révolution technologique, celle de la "communication-monde", est aussi une autre aventure. La mise en réseaux de toutes les machines "intelligentes" n’est pas neutre quant au modèle de société qui en découle. Avec ce quadrillage serré et puissant plus rien ne sera laissé au hasard. L’incertitude et l’inattendu ne seront plus de mise. Nous jouirons enfin du vertigineux plaisir de maîtriser parfaitement les moindres détails de notre éphémère existence. De plus, l’instantané aura réglé son compte au pénible agacement de l’attente inutile. Voilà un monde effrayant où toute chose devient objet de calcul immédiat, où le plaisir de la découverte de l’inconnu est ravalé au rang de désuétude profane quand l’heure est à la célébration du culte technocentrique.

Pourtant, l’effroi pourrait être pire encore. L’hypervitesse et l’hypercalcul pourraient être complétés par l’hypercontrôle, action par laquelle tout individu devient un suspect en puissance dès lors que tous les individus sont surveillables.

Quand les prouesses de la Technique et les exigences de ses marchands prennent à ce point le pas sur la santé et la liberté des hommes, c’est le sens que la société doit se donner à elle-même qui est compromis. Du reste, s’agirait-il encore d’une société ?

Tarifs :

Plein tarif : 6,5 ?

Tarif réduit : 5,5 ? (chômeurs, Rmistes, étudiants, familles nombreuses, cartes vermeil)

Pass non nominatif : 25 ? pour 5 séances

Groupes & groupes scolaires : 4 ? (gratuit pour l’accompagnant)

Abonnement pour 6 séances : 33 ? valable 6 mois dans les 3 cinémas : 7 Parnassiens, 5 Caumartins et le Lincoln

+ d’infos :

Programme et détails : http://www.local.attac.org/images-mouvementees/ et

attac-festimages@attac.org

Contact organisateurs :

Cinéma " Les 7 Parnassiens ", 98, boulevard du Montparnasse - 75014 Paris

Métro : Vavin (ligne 4) ; Bus : 68, 94, 95 ; Réservations : 01 43 35 13 89 de 12h. à 18h.

Site : www.parnassiens.com

Comité Attac Paris nord ouest, parisnw@attac.org, Maison des Associations, 15, passage Ramey - 75018 Paris

Comité Attac Paris 14, paris14@attac.org, 32, rue Raymond-Losserand - 75014 Paris

01 45 40 47 96

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