Accueil > Société | Par Nicolas Kssis | 19 février 2011

Annecy, les JO de trop ?

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Vous l’avez peut-être découvert
lors de la démission du directeur
du projet, l’ancien skieur Edgar
Grospiron, mais la France est
candidate à l’organisation de nouveaux Jeux
olympiques, ceux d’hivers (une sorte de lot de
consolation)
. Enfin, la ville d’Annecy en principe.
Mais tout le monde sait que devant l’ampleur
de la logistique économique et administrative
mobilisée par une telle manifestation, les Etats
s’avèrent des acteurs déterminants. Du coup,
orphelin de son maître d’oeuvre,
le « dossier » Annecy est devenu
la première patate chaude
de notre nouvelle ministre des
Sports, Chantal Jouanno.

Pas vraiment un cadeau tant
tout semble avoir été mené
en dépit du bon sens (même
strictement du point de vue du
« business  ») et que l’envie des
principaux concernés (collectivités,
comité d’organisation,
etc.) ne paraît guère suivre
une courbe exponentielle. Un
véritable poison dont la nouvelle
chouchoute du Président
se serait bien passée, elle qui
pensait occuper son temps en
inaugurations de stades et autres doux plaisirs
de la mondanité sportive.

Que voulez-vous, c’est une tradition chez nous,
on veut absolument recevoir de grandes compétitions
internationales à défaut de les remporter.
L’autre postulant au poste de ministre,
David Douillet, avait d’ailleurs rédigé un rapport
qui plaçait l’attractivité hexagonale dans
l’organisation d’événements internationaux au
centre de la réforme du modèle sportif français.
Faute d’approuver, il est aisé de comprendre
une telle obsession. Il s’agit pour
les pays, en outre des enjeux diplomatiques,
de marquer leur existence sur l’échiquier
des rapports de force géo-économiques que le
sport contribue grandement à structurer. Nous
sommes donc au-delà du caprice chauvin.

Encore faut-il savoir rondement mener le subtil
processus de désignation. Le dossier carré de
la candidature tricolore pour les JO de 2012
s’est écrasé contre le mur des rapports de
force internes du CIO, lesté par une présentation
patrimoniale de Paris lors
du dernier grand oral, alors
que les princes des anneaux
ne cessent de prétendre à la
modernité (ce que Londres sut
parfaitement exalter).

Or le dossier d’Annecy 2018
ressemble déjà à un gouffre
financier (plus de 20 millions
d’euros) et à un projet auquel
personne ne croit plus vraiment.
Avec en prime sur place
l’hostilité de nombreux élus
d’opposition, d’associations,
écologistes ou non, voire de la
population qui craint le coût fiscal
de cette folie des grandeurs
et la disparition des lignes budgétaires
dans une aventure vouée à l’échec.

En refusant l’offre de reprendre la direction de
cette candidature déjà plombée, Jean-Louis Borloo
a finalement déposé une petite pierre tombale
supplémentaire sur le rêve olympique de la Haute-
Savoie. Cela dit, en refilant le bébé à l’homme
d’affaires Charles Beigbeder, la situation a été
clarifiée, et l’idéal de Coubertin s’est enfin ouvertement
retrouvé entre les mains dorées qui en
tiennent désormais les rênes.

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