Accueil > monde | Par Cécile Raimbeau | 1er février 2007

Argentine, des disparus de la démocratie

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Depuis le 18 septembre 2006, personne n’a de nouvelles de Julio López, un ancien détenu de la dernière dictature militaire (1976-1983). Cet Argentin a disparu la veille du jugement de Miguel Etchecolatz, contre qui il venait d’apporter un témoignage clé. Miguel Etchecolatz est un ancien directeur des investigations de la police de Buenos Aires. Il a été déclaré coupable de crimes contre l’humanité dans le cadre du génocide opéré par la dictature, condamné à la prison à perpétuité pour la séquestration et la disparition de six personnes et envoyé dans une prison de droit commun.

La disparition de Julio Lopez apparaît comme une forme de représailles pour son témoignage. C’est aussi une menace contre ceux qui participent en tant que témoins aux nombreux procès rouverts contre les responsables des

30 000 victimes des années de plomb. Or, le climat de terreur déclenché par sa disparition s’est renforcé fin décembre : Luis Gerez, un maçon de 51 ans, disparaissait à son tour pour réapparaître sauf, 48 heures après. Il avait reçu plusieurs menaces de mort depuis qu’il avait témoigné, le 20 avril 2006, contre un ancien commissaire de police, Luis Patti. Il l’avait accusé de l’avoir torturé sous le régime militaire et son témoignage avait empêché ce député élu de siéger au Congrès.

L’affaire Gerez suscite des doutes dans les rangs de l’opposition. Militant péroniste, Luis Gerez a réapparu quelques minutes avant une déclaration télévisée du chef de l’Etat, le péroniste Nestor Kirchner, sur la nécessité de mener à bien les procès. Interprété comme une récupération politique, le discours présidentiel a sonné comme une comédie tragique à de nombreux militants qui se battent depuis des années pour juger les tortionnaires. Plus que des discours, ils réclament que le gouvernement agisse. Qu’il garantisse l’apparition en vie de Julio López. Qu’il condamne les responsables de l’enlèvement de Luis Gerez. Qu’il assure la protection des témoins. Qu’il accélère l’ensemble des procès avant que les responsables ne meurent de vieillesse. Qu’il annule les grâces présidentielles accordées aux responsables des juntes militaires condamnés en 1985. Qu’il nettoie la police des éléments en poste à l’époque de la dictature.

En France, la Coordination de soutien aux luttes du peuple argentin (CALPA) et France-Amérique latine (FAL) dénoncent cette résurgence de l’appareil répressif dans une pétition et appellent régulièrement à manifester devant l’ambassade argentine. C.R.

www.calpa-paris.org

www.franceameriquelatine.org <http://www.franceameriquelatine.org/>

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