Accueil > politique | Par Roger Martelli | 14 juillet 2010

Aubry, mieux que DSK ?

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Pour l’instant, la vie politique française de ces prochaines années semble se structurer autour de deux pôles. D’un côté, le projet « libéral-populiste » de Sarkozy : on contient la charge salariale, on rogne l’espace public, on laisse le champ libre à la financiarisation et on joue sur la peur et sur la mystique de l’ordre, contre tous les « dangers », de l’intérieur comme de l’extérieur. Ce projet, on le connaît : l’émotion provoquée par la crise grecque lui donne un nouveau souffle. Sarkozysme, pas mort...

De l’autre côté, la méthode socialiste. À l’échelle européenne, elle est bouleversée par l’échec du « blairisme » et les déboires de la social-démocratie de pouvoir, dans toute l’Europe occidentale. Le social-libéralisme « pur » a du plomb dans l’aile, comme d’ailleurs le néolibéralisme « pur ». Est-ce pour autant le grand retour du « keynésianisme » que l’on nous promet depuis les soubresauts de la crise financière de 2008 ? Pas si sûr...

Prenons le seul exemple du dossier « retraites ». On se souvient que, il n’y a pas si longtemps, Martine Aubry avait évoqué la possibilité d’envisager un allongement de l’âge du départ à la retraite. In fine, le PS n’a pas retenu l’hypothèse et s’enracine dans la défense du seuil légal des 60 ans. La force de la pression sociale a poussé les socialistes sur la voie de la raison : ce n’est pas rien. Mais si l’on regarde de près le projet socialiste sur ce point, on constate qu’il dit, tout à la fois, que l’âge légal doit rester à 60 ans et que l’allongement de la durée de vie pousse à travailler sur une plus longue période de vie. On ne touche pas aux 60 ans, mais on fera tout pour que les salariés travaillent plus longtemps...

Qu’en conclure ? Que le socialisme ne s’engage pas franchement dans les lubies sociales-libérales est un bon signe : cela signifie que le mouvement social est encore capable de peser dans l’ordre politique. Mais si l’équilibre politique à gauche reste en l’état, nous pourrions nous trouver dans une situation où nous aurions évité le scénario-catastrophe décrit par ailleurs, et nous retrouver avec une social-démocratie au pouvoir gérant les « contraintes », alors que la raison vraie oblige à remettre en cause la règle du jeu capitaliste.

Aubry, c’est mieux que Strauss-Kahn ? Sans doute. Mais Jospin 1997, c’était mieux que le FMI. On sait pourtant ce qu’il est advenu. Évitons la catastrophe ; ne nous laissons pas aller à la tentation du moindre mal.

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