Accueil > actu | Par | 30 septembre 2009

Billet d’Humeur de Michel ANTONY, Président de la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité

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« Dimanche 27 septembre Il fallait être à Valréas !!!

J’ai fait avec plaisir plus de 500 km pour atteindre Valréas, jolie ville du nord Vaucluse, et étonnante enclave historique aux riches traditions séculaires.

Je comptais y rencontrer les responsables régionaux et nationaux des partis politiques, des syndicats, des mouvements et associations qui se mobilisent pour défendre le service public de santé et l’accès égalitaire à une santé de qualité pour toutes et tous partout sur le territoire. Je comptais y parler avec les représentants des organes de presse nationaux, de la presse écrite, des radios et des télévisions. Mais à de rares exceptions près (Convergence par exemple) et souvent sous forme de lettres de soutien, ils n’y étaient pas !

Pourtant Valréas est aujourd’hui fortement emblématique, l’ARH de la région PACA, aux ordres de Mme BACHELOT, est en train d’y assassiner une nouvelle maternité, indispensable et dynamique, peut être la millième de ces maternités qui ont disparu de notre territoire. On en comptait près de 1500 il y a une vingtaine d’années, il n’en reste environ que 550 aujourd’hui, dans une France pourtant championne européenne de la natalité. Cherchez l’erreur.

Et pourtant la maternité de Valréas fait ses preuves tous les jours.

Et pourtant des milliers de personnes se sont déplacées ce beau dimanche ensoleillé pour crier leur volonté de la conserver, et pour dénoncer l’absence de scrupule et l’arbitraire des autorités sanitaires, pour exiger que Mme BACHELOT, en sa qualité de ministre, donne l’exemple, et se conforme à la décision du tribunal administratif favorable aux usagers pour maintenir la maternité et prenne immédiatement toutes les dispositions requises, dans le respect des lois de la République.

Et pourtant on retrouvait présents massivement les élus (émouvant moment sur l’estrade où ils se sont regroupés pour chanter la Marseillaise), les personnels, les représentants syndicaux, les viticulteurs et leurs tracteurs, des campeurs solidaires et opiniâtres, les usagers autour d’un dynamique comité local, et des représentants d’un douzaine d’autres comités de la Coordination nationale (Die, Pertuis, Privas, Lure, Ivry, Aubenas, Gap, Manosque, Cavaillon et tant d’autres qui par ma voix apportaient leur total soutien...).

Et pourtant la population était unanimement et dignement représentée. Les témoignages poignants sur de jeunes vies sauvées à la maternité par des personnels pourtant épuisés et méprisés ont marqué l’auditoire. Des questions essentielles pour Valréas et la France entière on été posées : oui à une France solidaire avec des services publics maintenus et améliorés ; non à une France de la désertification et des inégalités accrues par les disparitions de services...

Bref les vrais problèmes du jour étaient illustrés à Valréas : ceux de notre société tout entière, et pas seulement ceux des zones enclavées ou semi-rurales : pensez aux dernières fermetures sur Juvisy ou Ivry, pensez aux menaces sur St Vincent, Léopold Bellan ou St Antoine sur Paris, pensez aux réductions de lits, d’emplois et de services dans tous les établissements de France et notamment les CHU...

Alors où étaient donc les responsables nationaux, sans doute en train de préparer les listes électorales futures, de calmer les égos encombrants de certains de leur leaders, d’imaginer des solutions miracles pour faire l’unité, de régler le problème des tendances... Touche choses importantes certes et qu’il faut évidemment résoudre, mais combien dérisoires face à un pays qu’on déshabille, à des valeurs qu’on bafoue, à des territoires qu’on désertifie, à des patients et des usagers qu’on laisse à l’abandon, loin de toute prévention et de toute réelle prise en charge. Or nous affirmons avec les ami(e)s de Valréas que seul un service public de proximité, bien assumé et soutenu, peut vraiment satisfaire les besoins des personnes, et des territoires, de tous nos territoires.

Le combat du secteur de Valréas est le nôtre. L’appel au tribunal que viennent de lancer de jeunes mamans d’un collectif local doit l’emporter. Comme à Die cette victoire souhaitée doit nous redonner le tonus nécessaire pour contrer les effets délétères de cette loi Bachelot qu’il ne faudra jamais accepter. Si l’opposition veut être crédible elle doit dire haut et fort qu’une fois revenue au pouvoir, son premier acte symbolique concernant la santé sera d’abolir la loi HPST et qu’on partira enfin des besoins réels des populations et des territoires pour édifier la santé solidaire, humaniste et peu coûteuse que nous espérons tant.

Encore merci aux manifestant(e)s de Valréas et d’ailleurs pour leur belle mobilisation citoyenne : cela nous fait chaud au cœur ! Puissent-ils servir d’exemple national. »

Michel ANTONY président de la Coordination nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité. http://www.coordination-nationale.org

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