Accueil > Culture | Par Luce Vigo | 1er mai 1999

’Ciné-conte’ est né un mercredi après-midi

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Ce jour-là, un mercredi après-midi du mois de mars 1999, au Forum des images où s’étaient déroulées, à la mi-été précédent, les "Rencontres des cinémas du monde noir" organisées par l’association Racines noires, les jeunes spectateurs venus voir le film du cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko, "Guimba", eurent la surprise d’être introduits dans le film d’une façon inhabituelle. Après une présentation de cette oeuvre par le cinéaste lui-même, un conteur, Makéna Diop, s’avança sur la scène qu’habillait un sobre et coloré décor conçu par un artiste peintre sur tissages sénégalais, Diafara Kane. Accompagnaient ou précédaient Makéna Diop en musique Jean-Baptiste Témélé, poète, et Aly Wague, compositeur, musicien flûtis-te. Makéna Diop s’adressa aux spectateurs : "Avez-vous la paix ?" "Oui !" répondit le public, voix mêlées. "Avez-vous la paix du corps et celle de l’esprit ?" demanda encore Makéna Diop. Et il commença son histoire, après avoir encore interpellé le public : "Voulez-vous la partager cette histoire ? Je n’ai pas dit l’écouter mais la partager..." La parole était ainsi lancée, une parole multiple, ouverte sur l’imaginaire et une manifestation artistique, "Ciné-conte", était née.

"Avez-vous la paix du corps et celle de l’esprit ?"

Le samedi après-midi suivant, à l’Ecran de Saint-Denis, un autre public d’enfants, d’adolescents et d’adultes réunis, se retrouvaient pour un nouveau mariage du conte et du cinéma, du verbe et de l’image, Cheick Oumar Sissoko le cinéaste, Aly Wague le compositeur/musicien flûtiste et Seydina Insa Wade, musicien poète et conteur. L’après-midi se déroula différemment tant sont libres la parole du conteur et celle des musiciens, accueillies et renvoyées par le public qui accepte d’entrer dans le jeu. Cette fois-là Cheick Oumar Sissoko prit la parole en dernier et présenta son film : c’était aussi Guimba : selon le mode de récit oral, juste avant que soit lancée la première image de ce film, surprenant par sa forme à laquelle ne nous avait pas habitué son auteur, avec ses précé-dents films, tellement ancrés dans une dure réalité sociale contemporaine, tels Nyamanton, la leçon des ordures ou Finzan. A peine la projection terminée, le dialogue public-cinéaste reprit, soutenu par les voix des musiciens et de leurs instruments, mettant en mouvement tout un questionnement sur "l’autre", à la fois proche et étranger.

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