Accueil > politique | Éditorial par Rémi Douat | 30 mai 2011

Du Caire à Madrid

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Révolutions arabes, Fukushima, DSK… Une info chasse
l’autre. Trop vite. Alors que nous bouclons ce numéro, encore
sidérés par l’affaire DSK, des milliers de Madrilènes occupent
la Puerta del Sol. Le mouvement fait traînée de poudre dans
tout le pays. Jusqu’où ? Peut-être n’avons-nous pas mesuré
assez vite l’importance de cet événement. Nous avons pourtant
l’expérience de l’histoire récente. A Tunis et au Caire,
les citoyens ont surgi, repris la main sur le cours des choses,
avec la détermination de ceux qui n’ont plus d’autre choix
que la révolution. Faut-il comparer la Place Tahrir et la Puerta
del Sol ? Point commun majeur, déjà observé en Grèce, le
refus d’un monde dans lequel on ne peut trouver sa place.
En Espagne, plus d’un tiers des moins de 30 ans n’a pas
700 euros par mois pour vivre et les mesures d’austérité draconiennes
laissent une société asphyxiée. Mais qui ne veut
plus être aphone.

Les Espagnols viennent de voter pour les municipales. Les
socialistes ont pris une claque mais paradoxalement, la
droite n’a pas gagné. Car, les jeunes de la Puerta del Sol ne
se sentent pas concernés par le jeu institutionnel et leur mouvement
déclenche une vraie sympathie intergénérationnelle.
Leur slogan : « Démocratie réelle, maintenant  » ; c’est bien la
question de la représentation qui est en jeu. Ils martèlent que
les lignes doivent bouger, qu’ils ne se sentent pas représentés
par les partis. Le libéralisme n’a pas tenu ses promesses
mirifiques et il faut trouver autre chose, disent-ils en substance.
L’Espagne est transformée en agora, des alternatives,
certainement, s’inventent déjà. Mais l’autogestion décrétée à
la Puerta del Sol n’aura qu’un temps. La question du débouché
politique est d’ores et déjà posée et s’adresse à toutes
les gauches de gauche, celles qui ont pris acte de l’aberration
libérale. Comment capter sans récupérer, fédérer sans
aplanir, comprendre sans interpréter ? Il incombe à la gauche
d’adopter la juste place, accompagner, intégrer, digérer…
pour mieux représenter une jeunesse politiquement orpheline
mais qui a encore envie d’en découdre.

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