Accueil > Culture | Par Marion Rousset | 1er mai 2006

Echafaudages, entretien avec Patrick Bouchain

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A cause des travaux dans la grande Halle, il a fallu inventer un lieu. Comme la Maison la Villette n’était pas assez grande, on a recyclé le Parquet de Bal, une tente qui ne servait plus parce qu’elle traînait une image surannée. On l’a divisée en deux bâtiments complémentaires parce que le programme de cette exposition nécessitait trois périodes. Le pavillon d’origine, agrémenté de panneaux aluminium, est mis en valeur par un traitement brut de béton et de pierre. Une passerelle extérieure le relie aux deux autres salles. Il faut donc sortir pour poursuivre la visite. C’est assez rare. En général, les expositions sont tournées sur elles-mêmes. Adjoindre un bâtiment forain à la Maison de la Villette permet une forme de rajeunissement. Ce signal pousse les passants à aller jeter un œil. Toute l’exposition porte sur les périodes de revendication et d’utopie concernant la liberté sexuelle, l’amour et ses ramifications. Vu que le budget était restreint, on a choisi un matériel très rudimentaire comme on en utilisait dans les années 1960 à l’époque de l’architecture utopique : l’échafaudage. Il est présent à l’intérieur des trois bâtiments mais il n’est pas agressif. Il fallait que ces échafaudages soient capables de supporter énormément de douceur et de confort. Du coup, le rouge s’est imposé comme la couleur unique des deux dernières séquences. On a tendu un tissu très absorbant qui permet de se sentir bien malgré la présence d’éléments assez rudes. La salle qui abrite les mouvements féministes des années 1960-1970 forme un cercle qui symbolise bien cette époque où tout le monde convergeait vers une même lutte. L’époque actuelle est au repli identitaire. C’est pourquoi le dernier espace est un labyrinthe constitué d’alcôves. Un pas a été franchi à la Villette : pour la première fois, le discours scientifique est porté, et non pas seulement illustré, par l’art. Les œuvres dominent. » *Patrick Bouchain est architecte, a conçu la scénographie de l’exposition avec Isabelle Allégret.

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