Accueil > Culture | Par Guillaume Chérel | 1er juillet 1997

Entretien avec Thomas King

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Bien que né aux USA en 1943, cet Indien d’origine cherokee est considéré comme l’un des écrivains canadiens d’importance. Après avoir beaucoup voyagé et changé de boulot tous les deux mois, il s’est assagi (dixit l’auteur) pour écrire. Il a enseigné la littérature indienne contemporaine dans l’Ouest (Alberta), puis aux Etats-Unis. Ce géant (1,95 m, 100 kg) est aujourd’hui professeur à l’Université de Toronto (Ontario) où il vit. Remarqué par Tony Hillerman, Medecine River a reçu un accueil enthousiaste de la critique et du public au Canada (son adaptation télévisée a eu un large succès), et aux Etats-Unis. Il a également été traduit en cinq langues, dont le slovaque...ce qui l’amuse beaucoup. Son sens de l’humour lui a même valu d’être comparé à Woody Allen. Son second roman, Green Grass, paru en 1994 au Canada, n’est pas encore paru en France ; il vient d’achever le troisième (Thruth and Bright water), à paraître dans six mois. Récemment invité par l’ambassade de France au Canada, il a refusé de venir protestant contre les essais nucléaires dans l’Océan Pacifique.n G. C.

Depuis quand écrivez-vous ?

Thomas King : Depuis que je suis amoureux. J’avais 38 ans. Pour séduire ma femme (dont je connaissais la passion pour la littérature). J’ai d’abord pensé lui faire la cuisine... Mais j’ai écrit un poème. Elle m’a encouragé. J’ai alors écrit une nouvelle. Elle m’aimait de plus en plus. Je suis passé au roman, et on est toujours ensemble...

Les personnages de votre roman jouent au basket, mais leur sport favori c’est l’humour...

T. K : J’étais très mauvais au basket. Malgré ma taille... En revanche, j’aime rire, ça aide à faire passer la pilule. Je me considère comme un écrivain sérieux usant de la comédie comme stratégie pour faire passer un message. D’autres usent de la tragédie...

Ce roman est-il autobiographique ?

T. K : Oui, j’ai voulu décrire la vie des Indiens aujourd’hui. J’ai voulu raconter la vie associative, communautaire, tribale des Indiens du Canada. Je la connais bien. J’ai vécu dans une famille pauvre. Ma mère, abandonnée par mon père alors que j’avais 5 ans, s’est occupée de nous toute seule. Ma chance fut l’éducation. L’école, puis l’université. J’ai eu de la chance : il y avait du boulot dans les années 60. Les générations de mon père et de mon grand-père ont été moins chanceuses. Mes enfants auront aussi des difficultés.

Medecine River, traduit de l’anglais par Hugues Leroy.Albin Michel (Terre Indienne), 254 p., 120 F

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