Accueil > Société | Par Fodé Sylla | 1er juin 2000

Faire de l’utopie concrète

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Le Mouvement pour la civilisation urbaine (1) est un moyen de trouver ensemble les moyens de vivre ensemble en ville, un mouvement trans-générationnel et trans-courants qui doit s’inscrire dans la durée. L’idée en a germé dans nos discussions sur la ville au moment de la liste Bouge l’Europe. Nous avons mis en commun nos réflexions pour créer un lieu d’échanges, un espace de citoyenneté à la recherche de solutions.

Nos concitoyens vivent en effet majoritairement en zone urbaine et supportent une accumulation de difficultés : inégalités sociales, pauvreté, non respect du droit au logement, pollution, manque d’espaces verts, accaparement de l’espace public par les voitures, mauvais rapports entre le centre ville et la périphérie, où se concentrent les discriminations. Discriminations sociales, géographiques, raciales : leur superposition fabrique des ghettos. Toutes les villes connaissent ces problèmes, avec plus ou moins d’acuité, il faut donc pousser les idées en commun pour s’y attaquer.

La ville rend libre, elle a fondé le citoyen, la république : on ne peut faire l’économie de relations humaines plus conviviales. La ville parle aussi du monde : il y a l’Internet, les greffes d’organes et l’agriculture intensive et les trois quarts de la planète meurent de faim et 25 millions de malades du sida n’ont pas accès à la trithérapie. Les inégalités entre Nord et Sud sont insupportables.Tous les diagnostics sur la ville ont été portés, c’est ensuite une question de volonté politique. Peu à peu, se font jour des mouvements de résistance face au diktat du marché comme à Seattle, contre la xénophobie comme en Autriche avec cette manifestation de 300 000 personnes. Le Mouvement pour la civilisation urbaine se veut à l’écoute de ces mouvements divers, pour aider à leur organisation et à leur expression. En misant sur la capacité des gens à créer de la solidarité, comme le montre le succès grandissant des repas de quartiers.

Chacun doit pouvoir trouver sa place dans la ville. Il s’agit de créer des emplois, des activités nouvelles de service, de culture, de redonner sa place à l’industrie, de haute valeur ajoutée et non polluante, de travailler sur l’éducation, la scolarité. Cet espace réunit des expériences et des compétences différentes pour y réfléchir, notamment l’économiste Jacques Nikonoff, des militants associatifs des cités comme Farid Saïdani ou Eugène-Henri Moré, l’urbaniste et architecte Roland Castro (2), le publiciste Jean-Charles Eleb, Meriem Derkaoui (3) et encore des élus : Roselyne Bachelot, députée de Maine-et-Loire et vice-présidente du conseil régional, Bernard Birsinger, député-maire de Bobigny, Marie-Noëlle Lienemann, maire d’Athis-Mons et vice présidente du parlement européen.

De ma trajectoire personnelle, qui m’a fait vivre dans des mondes différents, je retire qu’il n’y a pas de vérité unique et que tout dépend de la capacité à mettre en commun des projets. Notre association est au service du désir de vivre ensemble en ville et de la conciliation entre le développement individuel et le partage.

* Député européen, président de la Fédération internationale de SOS-Racisme, secrétaire général du Mouvement pour la civilisation urbaine.

1. 18 rue Beaumarchais, 93100 Montreuil, tél. 01 43 15 15 59.

2. Président du Mouvement pour la civilisation urbaine.

3. Présidente de l’association des Femmes algériennes, trésorière du Mouvement pour la civilisation urbaine.

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