Accueil > actu | Par | 1er mars 2007

Gauche de gauche : Morosité des marchés

Sur les marchés, lieux traditionnels de débat, les militants tractent et les citoyens s’interpellent. A gauche, l’ambiance générale porte les traces de l’échec de la candidature unitaire. Reportage de Rémi Douat, analyse de Clémentine Autain et paroles de militants

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Même si blogs, cyberdémocratie et mailings géants sont les vrais nouveaux acteurs de cette campagne, la rencontre sur le terrain et le tractage demeurent les incontournables du militant. Points stratégique, le marché ou les sorties de métro.

Mi-février, un dimanche matin au marché de Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Ça y est, les funérailles de ce qui fut la « candidature unitaire » de la gauche de la gauche ont eu lieu. Aux quatre coins du marché, on croise des militants de la LCR soutenant Olivier Besancenot, les communistes de Marie-George Buffet et ceux qui soutiennent José Bové. Ce jour-là, ce sont eux les plus nombreux. Par équipes de deux ou trois, ils distribuent leur matériel de campagne.

Pierre, 35 ans, conseiller en insertion, a quitté le parti communiste au moment de la gauche plurielle, « à cause des privatisation et de toutes les couleuvres que le PS nous a fait avaler ». Après s’être mis en retrait du militantisme, il s’est senti à nouveau pousser des ailes lors du référendum sur la Constitution, « un vrai moment d’ouverture ». Il se qualifie volontiers de « dégoûté des partis », ce qui le porte vers le candidat du Larzac. « J’ai un peu cru au PC, j’ai même été favorablement étonné lors des deux dernières années, pleines d’espoirs. Mais là, nous venons d’assister à un repli identitaire, un réflexe d’appareil désolant. » Sa collègue de marché, retraitée, se réjouit de la « pluralité » de la posture Bové. Sa première motivation, c’est la notion de porte-parole multiple, qui répond davantage à ses préoccupations de circulation du pouvoir. Elle a quitté le PCF, parce qu’elle n’avait « pas le sentiment d’être écoutée ». A quelques étals de là, Paul, 40 ans, tracte aussi pour le syndicaliste paysan. Non encarté, il ne manque pas de suite dans les idées puisque la dernière fois qu’il a tracté, c’était pour Pierre Juquin, en 1988 (1). Ces militants croient-ils à leur démarche ? « L’essentiel est de peser dans le débat, élude Alain en haussant les épaules. La perspective de Nicolas Sarkozy à la présidence provoque l’effroi. »

Vendredi soir, sortie de métro d’un quartier populaire parisien. Un militant de la LCR est là, qui tracte en solitaire. « Ce que je vois en ce moment me désespère. J’aime bien l’expression de Besancenot pour qualifier cet après-candidature unitaire : concours de nains de jardin. Nous en sommes réduits à ça, c’est malheureux. Je crois que certains d’entre nous ont vraiment cru à quelque chose de fort. Je fais aujourd’hui la campagne de Besancenot sans grand enthousiasme, après avoir hésité à retrouver Bové. Je ne le fais pas faute de dynamique. »

Paris, rue Duhesme, dimanche matin. Gérald, animateur de la section PCF du 18e arrondissement, occupe le bas du marché. On vend l’Huma et on interpelle le chaland mais l’amertume est là. « Cette candidature unitaire n’était pas assez mûre, je pense que nous aurions dû viser les législatives, explique Gérald. J’étais d’accord avec Bové sur l’organisation d’une primaire pour faire sortir un candidat de la gauche unitaire. La gauche est morcelée et cela traduit une crise de la représentation politique. » Derrière, la foule est agglutinée autour de la très politique compagnie Jolie Môme, qui chante sous un drapeau rouge. Puis, Gérald, plus positif : « En politique, les regrets ne servent à rien, il faut se nourrir des expériences. Sur le second tour, il ne faut pas se tromper, la priorité est de faire barrage à Sarkozy, car nous sommes dans une situation comparable au préthatchérisme. » Que disent-ils d’ail-leurs, les militants de Ségolène Royal ? A quelques mètres de là, ils se partagent le pavé avec les Verts qui tentent de faire oublier que Dominique Voynet plafonne à 1,5 % dans les sondages. Jean-Paul, 43 ans, casquette de poulbot vissée sur la tête, en fait des caisses. Ségolène Royal traverse une pé-riode de turbulence mais il veut afficher une confiance à toute épreuve : « Je n’ai jamais vu une telle dynamique depuis Mitterrand, exulte-t-il. Les gens viennent vers nous, demandent des tracts, s’intéressent... » Tract de Royal en main, un sympathisant socialiste déclare, péremptoire : « L’éclatement de la candidature unitaire est une très bonne chose pour nos affaires. Les forces antilibérales réunies auraient pu nous faire du mal, mais là, nous jouons sur du velours. » « Les candidatures unitaires se sont noyées dans des stratégies de chapelle, de pré carré et d’enjeux de pouvoir, poursuit Jean-Paul. Personne n’était prêt à jouer le jeu. » L’Humanité Dimanche sous le bras, un habitant du quartier regarde Jean-Paul haranguer le promeneur. Il achète l’Huma pour « les » soutenir, regarde la LCR avec bienveillance et n’a rien contre Bové. Mais il se dit « écœuré par ce gâchis » et le 22 avril, pas sûr qu’il votera. R.D.

1. Candidat à la présidentielle de 1988, Pierre Juquin, exclu du PCF en 1987, est à la tête d’un groupement où cohabitent d’anciens membres du PCF, des trotskistes, des écologistes et des inorganisés.

Point de vue : La gauche cherche ses voies

Après l’échec de la candidature unitaire, quels sont les défis de la construction d’une gauche alternative ? par Clémentine Autain

A la veille de la présidentielle, la gauche n’est pas dans sa forme la plus olympique. La division des antilibéraux ne permet pas d’enclencher une mobilisation populaire et la candidate socialiste peine à s’imposer face au champion de l’UMP. Jusqu’au bout, il faudra se battre contre la droite et l’extrême droite et espérer que la gauche d’alternative fasse au total le meilleur score possible (même si une addition ne vaut pas dynamique politique). Dans le même temps, s’interroger sur les difficultés de la gauche, en général, et les raisons de la non-émergence d’une gauche de transformation sociale, en particulier, ne serait pas du luxe.

Pendant de longs mois, de meetings en meetings des Collectifs unitaires antilibéraux, les formules n’ont pas manqué pour dire le caractère mortifère de la désunion. A l’époque, on parlait de score à deux chiffres, on espérait être majoritaires à gauche et dans le pays. La déception est à la hauteur de cet enthousiasme qui remplissait les salles et les cœurs militants. Quiconque a cru en l’unité, et quel que soit son engagement aujourd’hui, est sans voix devant les 2 %-3 % d’intentions de vote créditées à chaque candidat-e de la gauche antilibérale. Et se dire qu’on l’avait bien dit, c’est un peu court comme lot de consolation...

Nous voulions éviter la personnification ? Cette dimension semble s’être accrue : le profil du/de la candidat-e joue aujourd’hui à plein pour départager le paysan altermondialiste José Bové, de la communiste et ancienne ministre Marie-George Buffet, du jeune facteur Olivier Besancenot. Les trois sensibilités politiques qu’ils incarnent ne se confondent pas. Chacun de nous peut penser que tel ou telle candidat-e est le plus proche de ce qui était attendu. Il n’en reste pas moins que la gauche antilibérale et anticapitaliste aura trois candidats : ou quatre, puisqu’on y associe généralement Arlette Laguiller. Or, pour se démarquer des deux autres, chacun-e va devoir valoriser ce qui fait sa spécificité, alors que nous voulions mêler les cultures, les traditions, et donner à voir le commun. Décidément, c’est raté...

Bonne nouvelle, la vie politique ne s’arrêtera pas le 22 avril 2007. Les points sur lesquels nous avons achoppé doivent être appréhendés sérieusement. L’heure sera probablement à la refondation, car les deux grandes traditions de la gauche sont mises à l’épreuve. Dans la gauche d’alternative, nul doute qu’il faudra recoller les morceaux pour avancer. La chute du mur de Berlin a durablement rebattu les cartes. La refonte d’une gauche de transformation sociale doit puiser dans les différentes traditions, cultures, sensibilités de cet espace. Si nous avons échoué à porter ensemble ce projet devant les électeurs en 2007, nous devrons remettre l’ouvrage sur l’établi. Je suis convaincue que le rassemblement et la convergence restent la seule voie d’avenir pour constituer une gauche de transformation sociale. La LCR et le PCF ont pris une responsabilité historique en n’allant pas jusqu’au bout de la démarche de rassemblement. Ces deux organisations ont porté des coups fatals à la démarche unitaire. Cela ne saurait pour autant dédouaner les autres de toute responsabilité. L’attitude « un pied dedans, un pied dehors » de PRS (association créée par Jean-Luc Mélenchon qui a activement participé à la campagne du « non de gauche » au traité constitutionnel européen, ndlr), par exemple, n’a pas permis d’agréger de manière significative les socialistes qui avaient mené la bataille référendaire. L’incapacité des militants et personnalités « les plus unitaires » à se mettre d’accord sur un nom alternatif à celui de la secrétaire nationale du PCF : qui n’a pas fait consensus : n’a pas non plus été sans incidence. Au total, les enjeux strictement boutiquiers et les querelles de personnes ont joué mais nous avons trébuché pour des raisons bien plus profondes. J’identifie au moins quatre grands défis.

Rebâtir des ponts

1. Fabriquer du commun sur le fond, réussir la mayonnaise qui consiste à articuler la tradition du mouvement ouvrier avec l’écologie, le féminisme, l’antiracisme, l’anticonsumérisme. Pas une juxtaposition de revendidations mais une visée cohérente et neuve. L’antilibéralisme est un ciment mais il nous faut définir en positif notre projet de transformation sociale. La séquence des collectifs est à cet égard un point d’appui important. Avec les 125 propositions, le travail a été entamé. Il faut aller plus avant pour bâtir une culture commune de contenu réellement partagée.

2. Aller jusqu’au bout, avec sincérité, des débats stratégiques et tactiques. Pour l’instant, nous peinons à sortir d’une alternative pauvre. Ou bien on estime que rien n’est possible avec les sociaux-démocrates, jamais, à aucune élection, au risque d’être totalement absent du cadre institutionnel et de faire gagner la droite. Ou bien on envisage des alliances avec le PS, à certaines élections, en recherchant des bases d’accord acceptables, avec l’ambition de l’infléchir à gauche et de gagner concrètement des avancées sociales, au risque d’y perdre son âme, son temps et sa crédibilité auprès des classes populaires. Mais à s’en tenir là, ne passe-t-on pas à côté de l’essentiel : comment créer une dynamique sociale et politique qui mette au cœur de la pratique sociale de la transformation et pas de la simple adaptation ? Or cet enjeu ne se réduit pas à la question de la relation avec le PS, mais touche aussi, plus profondément, à la question du rapport aux institutions. Le PCF a pour partie tiré sa force et sa crédibilité dans sa capacité à être en responsabilité ; mais sa participation aux échecs de la social-démocratie a fini par rejaillir sur lui. Pendant longtemps, la LCR a estimé que, au regard du contexte politique actuel, seuls les mouvements sociaux pouvaient être porteurs de changement ; mais ce point de vue l’a installée aux marges de la vie politique réelle. Pour l’instant, nous en sommes là. Nous ne pouvons, les uns et les autres, y rester. Des partenariats durables sont-ils possibles si ces enjeux stratégiques ne sont pas éclaircis et partagés ?

3. Sortir des sphères militantes, permettre aux classes populaires, aux jeunes, aux femmes, aux personnes issues de cultu-res différentes de se retrouver dans la gauche antilibérale, d’être des acteurs à part entière de cet espace politique. Nous avons dit : « nous sommes le peuple », en rejetant cette rhétorique insupportable du « eux » et « nous ». Encore faut-il que cela prenne corps et devienne raccord avec notre pratique ! Plus facile à dire qu’à faire... Cela suppose une démarche volontaire, une capacité à nous tourner vers la société au lieu de nous délecter de ces échanges nombrilistes qui font le charme de la gauche radicale. Nous avons aussi beaucoup à travailler sur la forme. Cela contribuera à nous rendre un peu plus en phase avec la modernité, avec le monde artistique et tout ce qui émerge dans l’univers intellectuel.

4. Pour tout cela, il faudra relever le défi de la forme organisationnelle. L’équation n’est pas simple. Le mouvement pendulaire entre « le parti sinon rien », d’un côté, et « les partis sont morts » de l’autre, est à mon avis stérile. Nous avons besoin d’un cadre organisationnel, qui permette de faire vivre la démocratie, de travailler dans la durée, d’être réactifs et identifiés dans le pays. Pour autant, il faut en finir, non avec le parti politique, mais avec la rigidité de son cadre, et admettre que d’autres espaces puissent se constituer et appartenir à une même force, sans se confondre pour autant dans un même parti.

Dans cet esprit, les législatives constitueront une étape dans cette entreprise commune. Elles doivent permettre de rebâtir les ponts. Essayons, cette fois, de ne pas les rater.

PS : panne idéologique

Le PS devrait également être à l’heure de l’aggiornamento, comme toute la social-démocratie européenne. Ailleurs, l’alliance avec le centre, voire le centre-droit, en dit long sur la panne idéologique. En France, depuis le tournant de la rigueur, le PS peine à trouver sa voie. La personnalité de François Mitterrand a sauvé les meubles un temps. La déroute de 1993 a sonné l’alarme : Rocard préconisait un souffle nouveau pour la social-démocratie, une nouvelle version davantage sociale-libérale. L’expérience de la gauche plurielle n’a pas convaincu : le divorce d’avec les classes populaires est alors consommé. Le 21 avril 2002 aurait dû susciter une refonte du projet du PS. La campagne de Ségolène Royal ne la donne pas à voir. L’appel au vote utile, la mise en cause des « petits candidats » à sa gauche, le sentiment que le rejet de Sarkozy fera in fine triompher la gauche tiennent lieu de leçon tirée du 21 avril. C’est vraiment court ! Si la candidate a perçu la crise de la démocratie représentative, en mettant en avant son atout « femme » et sa dé-marche participative, elle pèche par son manque de visée transformatrice. Son discours de Villepinte est apparu davantage comme un catalogue de mesures désarticulées que comme un projet cohérent et de rupture pour la France. Or, c’est bien là que la gauche est attendue. Peut-elle encore changer la société et ré-pondre aux aspirations populaires ? C’est un en-jeu pour toute la gauche. Mais il y a fort à parier que seule la gauche de transformation sociale soit en mesure d’y parvenir. A condition qu’elle s’en donne les moyens. D’ici là, choisis ton B, camarade ! C.A.

Alice Pelletier, soutient Olivier Besancenot : « convaincre qu’un autre monde est possible »

« La campagne démarre bien, même si la question des 500 signatures reste préoccupante. Malgré les désaccords que nous avons pu avoir sur la candidature unitaire, aujourd’hui la très grande majorité des militants de la LCR est investie dans la campagne d’Olivier. Il bénéficie d’une notoriété plus importante qu’en 2002 et sait faire des propositions concrètes, sur les salaires notamment.

Il faut relativiser « l’échec »de la candidature unitaire. Ni Marie-George Buffet ni José Bové ne sont des ennemis. Je considère ce que nous venons de vivre comme une étape nécessaire du débat. Il est possible que nous fassions tous des « petits » scores mais le total montrera l’étendue des forces qui refusent la fatalité du libéralisme. On va tous se retrouver dans des combats communs, cela ne fait aucun doute. Sans lutte globale à la rentrée, c’était illusoire de penser qu’on reviendrait en trois mois sur un siècle d’histoire. Et puis concrètement, le PCF ne se démarque pas suffisamment du PS, sans qui financièrement et historiquement il ne peut pas vivre.

Quant à la campagne de Bové, elle est inexistante et je pense d’ailleurs qu’il n’aura pas ses signatures. Quand il dit que les 100 propositions de Ségolène Royal vont dans le bon sens, c’est scandaleux, pour quelqu’un qui se réclame des collectifs antilibéraux. La candidate du PS perd des voix dans les classes populaires, ce n’est pas un hasard. Sur le travail, les conditions de vie ou les services publics, elle est complètement à l’ouest. Notre objectif reste de convaincre qu’un autre monde est possible. »

Recueilli par R.D.

André Margot, soutient José Bové : « rapprocher toutes ces énergies »

« Tout le monde parle des élections. On est en situation de débat pratiquement aussi forte que lors du referendum sur l’Europe. Tout le monde se cherche. Les gens sont paumés, certains même sont malheureux de la situation.

Au Bois-l’Abbé, dans une cité très populaire de Champigny, une femme me disait « vivement la présidentielle ». Et elle ajoutait « je ne voterai pas pour la dame en jupe ». J’ai pouffé de rire et je lui ai dit qu’il y avait d’autres choix. Mais, pour elle, il faut un candidat qui peut être président. Et contre Sarko elle pense voter Bayrou à défaut de voter Royal. C’est une anecdote mais qui dit bien ce que je constate : les gens ont du mal à percevoir ceux qu’on appelle « les petits candidats ».

J’ai vécu un peu la même histoire sur un marché avec des femmes maghrébines qui sont venues signer une pétition en faveur de Bové pour nous donner de la force contre Sarko. C’était nous, cela aurait pu en être d’autres. Je sens que les 3 B (Buffet, Besancenot, Bové) ne parviennent pas à représenter ce que représentent Ségo ou Bayrou : la crédibilité pour battre Sarko. Ce crédit pour le second tour fonctionne dès le premier tour. Ces femmes veulent faire quelque chose contre Sarkozy. Il faut être à la hauteur de leurs attentes.

Tout autre registre : nous avons fait une réunion des soutiens de Bové à Créteil. On était une centaine. Plus nombreux que lors des coordinations des collectifs antilibéraux. Plus de la moitié de la salle venait pour la première fois. Dont des femmes, entre 40 et 50 ans, féministes, altermondialistes, sans doute militantes d’Attac. Elles ont très mal supporté le type de discours des militants de la LCR. C’était un refus violent de ce parler. Elles ont déboulé dans cette réunion pour Bové parce qu’elles n’ont pas confiance dans les partis. Et Bové représente à leurs yeux une alternative aux partis. Comment réunir ces militants anciens et nouveaux, ceux des partis et ceux qui n’en sont pas, les minoritaires des partis et ceux qui sont bien dedans, ces femmes des cités ? C’est vraiment la question que je me pose. On n’a pas encore la solution. C’est pour moi un des enjeux de cette campagne : rassembler, rapprocher toutes ces énergies ».

Loïc Rondeau, soutient Marie-George Buffet : « on sent un courant de sympathie pour nos idées et la candidate »

Je coordonne l’activité d’une centaine de communistes employés communaux d’Ivry. C’est une force militante ouverte sur les sympathisants... Comme beaucoup, je regrette qu’il n’y ait pas eu de candidature unitaire et j’en garde une amertume que les médiocres sondages renforcent. A Ivry aussi les communistes ont très majoritairement choisi de maintenir la candidature de Marie-George Buffet. Mais les liens que nous avons noués avec les militants d’autres candidatures ou avec nos collègues n’ont pas été cassé. On se retrouve dans les luttes. Et on se retrouvera après les élections. Il y aura une vie après le 22 avril.

Pour le moment, on fait campagne en vendant l’Huma Dimanche au restaurant communal, en organisant cinq débats et en préparant la venue de Marie-George pour un débat, un midi. Et surtout, nous discutons avec nos collègues à partir des propositions de la candidate rassemblées dans le petit livret. Les discussions intéressent : les gens veulent savoir s’il y a vraiment les moyens d’une autre politique, si on peut s’en sortir. On perçoit un courant de sympathie pour nos idées et la candidate. Mais ce n’est pas certain que cela se traduise en vote. Je ressens aussi un certain fatalisme vis-à-vis de la politique et la question du vote utile pour Royal pèse face au danger Sarkozy. Il faut aussi continuer de s’interroger sur l’écart entre la sympathie à l’égard des communistes et notre poids électoral. Pour le moment, on s’attache à faire la meilleure campagne sur le fond. Ce n’est qu’un début, il faudra faire le bilan après.

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