Accueil > Société | Par Chakri Belaïd | 1er novembre 2005

Grippe aviaire - Comment s’organise le monde ?

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La grippe aviaire est désormais repérée sur plusieurs continents et est, de fait, devenue un enjeu planétaire. La communauté internationale est-elle pour autant préparée à l’affronter ? Tous les Etats sont-ils en mesure de protéger leurs populations ? Une conférence internationale convoquée par l’OMS (Organisasion mondiale de la santé) doit se tenir le 7 novembre à Genève pour en discuter.

L’OMS est catégorique : aucun pays n’est aujourd’hui prêt à affronter une pandémie. Si les pays riches peuvent a priori fabriquer des médicaments et découvrir, à terme, un vaccin pour l’homme, qu’en est-il des pays en développement ? Les Etats africains, par exemple, ont-ils les ressources pour acheter les médicaments génériques que l’Inde se dit prête à fabriquer ? En ont-ils tous la volonté politique ? Aucune réponse internationale n’émerge pour l’heure à cette question. Les 30 millions de comprimés de Tamiflu offerts par le laboratoire Roche à l’OMS sont une goutte d’eau dans la mer. Quant aux 20 millions de dollars reçus à ce jour par l’OMS (1), ils financent péniblement les systèmes mondialisés de surveillance et d’alerte, alors que le contrôle de l’épizootie dans les pays du Sud-Est asiatique nécessitent à lui seul plus de 100 millions de dollars et que de nouveaux foyers de grippe aviaire apparaissent.

Coordinateur du système des Nations unies pour les grippes aviaire et humaine, David Nabarro indique pourtant, que « la menace d’une pandémie de grippe frappant les humains est quasiment certaine si l’on ne maîtrise pas la grippe des oiseaux ».

Circonscrire l’épizootie devient d’autant plus impérieux qu’on redoute, pour cet hiver, une grande migration d’oiseaux infectés vers les régions chaudes. C’est pourquoi une des principales préoccupations de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) est le risque de sa progression vers le Moyen-Orient et l’Afrique orientale et du Nord.

« Si le virus devenait endémique en Afrique orientale, prévient Joseph Domenech, chef des services vétérinaires de la FAO, le risque augmenterait de le voir muter pour se transmettre à l’homme ou entre humains. » Les services vétérinaires de l’Afrique orientale ont-ils les ressources pour mener à bien des campagnes de vaccination des volailles, de mise en quarantaine et d’abattage ? Dans le cas où une telle option s’imposerait, la communauté internationale va-t-elle prévoir des alternatives pour ces innombrables aviculteurs brutalement privés de leur alimentation et de leur moyen de subsistance ? « Les pays africains n’ont pas les moyens de prendre toutes ces mesures sans le soutien [financier] de la communauté internationale » rappelle Duncan Mwangi, immunologue à l’Institut international de recherche des animaux (ILRI) à Nairobi. Une nécessité sur laquelle les bailleurs de fonds occidentaux devraient méditer. Car comme le fait remarquer la FAO, « investir aujourd’hui dans le contrôle de la grippe aviaire chez les animaux est peu coûteux comparé aux coûts d’une pandémie mondiale qui pourrait se produire demain ».

/1. Les donateurs internationaux sont notamment la Banque mondiale et les pays occidentaux riches./

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