Accueil > Société | Par | 1er novembre 2005

Grippe aviaire - Que faire pour diminuer la gravité de la pandémie ?

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Les objectifs sont de limiter le nombre de personnes contaminées et de guérir les malades. Aucune mesure n’est à elle seule efficace, c’est la combinaison des actions qui permettra l’efficacité de la gestion de la crise. les mesures de santé publique

La grippe est une maladie favorisée par les concentrations et les échanges humains. Il faudra en diminuer l’ampleur et la fréquence (cf. encadré sur la quarantaine). Elle se transmet essentiellement par les projections de salive, par les mains, par le contact avec les yeux.

Il faut prévenir ces modes de contamination. La France s’apprête à lancer une campagne pour le lavage régulier des mains. Elle vient d’acheter 200 millions de masques d’une texture spéciale qui empêchent les virus de passer et sont efficaces quatre heures.

Il faudra apprendre à les porter. Le port de lunettes sera également recommandé.

La vaccination

Pour être efficace, le vaccin doit être spécifique au virus muté. Il ne peut donc être produit avant le début de la pandémie. Après, il faut compter environ quatre à six mois pour identifier les souches du virus et fabriquer le vaccin. Sauf si le site initial d’apparition du virus muté est endigué plusieurs mois (c’est un enjeu majeur du contrôle de la pandémie), le vaccin ne pourra être disponible que pour les vagues ultérieures. De plus, nous sommes en mesure de produire 300 millions de doses alors qu’il en faudrait 6 milliards pour protéger l’humanité. Même avec un effort mondial solidaire, le nombre de techniciens compétents nécessaires, celui de laboratoires de haut niveau de sécurité biologique... sont autant de limites à l’efficacité d’une politique vaccinale. Malgré ces difficultés lourdes, la porte du vaccin n’est pas fermée. D’ores et déjà le gouvernement français a posé une option sur 40 millions de vaccins si celui-ci parvenait à être mis au point.

Par ailleurs, le vaccin contre le virus non muté garde un intérêt. Avant la pandémie, en vaccinant les populations exposées aux risques de contaminations par les oiseaux, on diminue la probabilité d’une co-infection virus humain-virus aviaire et, par conséquent, le risque d’apparition du virus muté. En cas de pandémie, et en l’absence d’un vaccin contre le virus muté, même un vaccin d’une efficacité médiocre pourrait contribuer à diminuer malgré tout l’étendue de la maladie. Plusieurs équipes sont sur le point de proposer ce vaccin. Concernant la vaccination contre la grippe « habituelle », elle permettrait, devant des symptômes de grippe, d’affirmer qu’il s’agit probablement d’une grippe aviaire... Et d’agir sans attendre. Une campagne de vaccination anti-grippale va être lancé. les médicaments antiviraux

L’efficacité de l’oseltamivir (Tamiflu®) est très bonne pour prévenir la contamination des personnes en contact avec un malade. Elle est d’environ 80 % lorsqu’il est administré dans les 48 premières heures de la maladie.

Constituer des stocks de Tamiflu est donc décisif. La France dipose d’un stock de 10 millions de comprimés (1 million de doses). Le gouvernement en a commandé

130 millions. Si, avec cette anticipation, la France fait figure de bonne élève sur le plan international : le gouvernement Bush n’a commandé du Tamiflu que pour 2 % de sa population : nous sommes pourtant loin du compte. Selon les estimations de l’Institut de veille sanitaire, il faudrait entre 90 et 210 millions de comprimés pour traiter les malades, auxquels il faut ajouter 330 millions pour les traitements préventifs.

La prise en charge** **des malades

En cas de pandémie, le nombre d’hospitalisations est estimé entre 500 000 et 1 million. Autant dire qu’il faut dès maintenant non seulement interrompre les mesures de fermeture d’hôpitaux, de services, de lits... mais aussi en rouvrir. Il faut également développer des structures de maintien à domicile, de préhospitalisation... Le traitement** **des complications

La mortalité de la grippe est souvent due à des complications, en particulier les infections pulmonaires. Il faudra prévoir les stocks d’antibiotiques suffisants pour les traiter.

La quarantaine

La grippe se propage par contact humain. En cas de pandémie, il faudrait les limiter au strict indispensable : fermeture des écoles, des salles de spectacles, des transports en commun, échanges internationaux... Hypothèse stupéfiante, et pourtant... Qu’est-ce que le « strict indispensable » ? Pour un premier groupe d’intervenants : soignants, forces de l’ordre : l’activité serait augmentée. Pour un deuxième : énergie, information, éboueurs, nourriture... : un seuil minimum d’activité sera nécessaire, en utilisant des formes comme le télétravail. Pour le reste, l’activité serait interrompue. Perspective traumatisante ? Mais le ministère la Santé prévoit entre 9 et 21 millions de malades en cas de pandémie... Plus traumatisante encore est la quarantaine. Une course contre la montre s’engage entre les chercheurs du vaccin et la propagation de l’épidémie. Pour ralentir celle-ci, il faut envisager la mise en quarantaine des régions où le virus humanisé apparaîtrait. Dans le territoire isolé, il faut garantir l’accès de tous au Tamiflu, la distribution massive de masques, le déploiement des meilleurs moyens thérapeutiques, et donc des équipes soignantes avec les moyens afférents. Sur le plan national, on isolerait de même les personnes en provenance d’une région infectée.

Il va sans dire que dans les hôpitaux, il y aurait des sites réservés aux malades de la grippe.

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  • Je souhaiterai obtenir les références exactes de cet article, pour le citer dans mon mémoire de recherche. Merci.

    Le 6 mars 2010 à 11:11
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