Accueil > Culture | Par Julia Moldoveanu | 1er février 2006

Habiter au pays des tulipes/ Lucebert

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Lucebert. Proche de Lucifer : allumette en néerlandais : ce nom à résonance universelle est le pseudo de Lubertus Jacobus Swaanswijk, nom qui flaire tout l’inconfort d’une langue peu répandue, peu parlée. On reconnaîtra d’autant plus l’excellent travail de Kim Andringa et Henri Deluy pour nous la rendre. C’est ainsi que nous pouvons nous laisser allumer par ce « preste trublion » qui crie haut et fort : « la lyrique est la mère de la politique » et qui prend des tons uniques, lui qui sait « ce que c’est qu’habiter au pays des tulipes » . « Aucun applaudissement pour valider les règles du vers véritable »  ; « je suis vu par mes visages/et mangé par ma chair/ainsi la poésie est bâillonnée »  : vous aurez compris que Lucebert refuse la tradition en poésie, impliqué comme il l’a été dans une peinture des années 1950 devenue Cobra (Co-penhague, Br-uxelles, A-msterdam). Ce mouvement libre reprenait dans l’abstract l’expressionnisme nordique pour donner un mélange étrange de rigueur, fantasme et grotesque, cette poésie de Lucebert mouillée dans la spontanéité et l’expérimental qui cherche en même temps les valeurs populaires, collectives. Où les frontières entre peinture et poésie fondent dans un signe resté souriant, malgré la gravité de la démarche.

Julia Moldoveanu

Lucebert , Apocryphe , traduit du néerlandais par Kim Andringa et Henri Deluy, éditions Le bleu du ciel, 16 euros

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