Accueil > Société | Chronique par Nicolas Kssis | 1er avril 2012

L’avenir de la télé passe par votre ordi

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Le FBI ne parvient peut-être pas à contrecarrer
la mafia et ses réseaux de drogues,
ni à lutter contre le trafic d’organes
humains, par contre il a réussi à anéantir provisoirement
une grande partie des sites de libre
téléchargement et de streaming
. Pour cela, il lui
a suffi de décapiter le plus puissant d’entre eux,
Megaupload et de faire interpeller son patron en
Nouvelle-Zélande. Du coup, les autres se sont
sabordés par peur des
poursuites judiciaires.

Ensuite, nous assistâmes
à une guerre de
générations entre jeunes
hackers adeptes du web
libertaire (et libertarien
au niveau économique)
et vieux routiers de l’industrie
du cinéma et de
la musique qui pensent
que le seul moyen de
sauvegarder leurs profits
consiste à maintenir en (sur)vie les vieux modes
de distribution qui leur assuraient des rentes
confortables. Car évidemment la question de savoir
comment rétribuer les auteurs n’est que secondaire.
Le véritable enjeu tient dans la maîtrise
des écrans, de tous les écrans. Car désormais
pour le cinéma et pour la télé, la petite lucarne et
la salle de multiplexe ne constituent plus depuis
longtemps les seuls espaces où consommer
de l’image animée : ordinateurs, téléphones portables,
tablettes ont envahi notre quotidien. En
outre, le web a transformé la rareté de l’accès
en un insondable océan sans rivage. De nouvelles
habitudes (la montée de la VOST par
exemple) se sont enracinées au fur et à mesure
que les géants du PAF tardaient à s’adapter,
souvent à leur corps défendant, face à l’arrivée
des triples offres (internet-tel-télé). La victoire
sur Mega-upload n’est pourtant que provisoire
et n’asséchera certainement pas la soif de nouveauté
des internautes et de leurs 21 milliards
de clics, pas plus que le décès de Napster ne
signifia la mort de l’échange de mp3. Or l’offre
légale et en VOD s’avère
pour le moins archaïque
et trop chère. Certes, les
plateformes ont vu leurs
commandes exploser
sous le coup de la sensation
de « manque » des
accros aux séries. Mais
pour combien de temps ?

Tant que la seule réaction
sera d’en appeler aux
politiques pour qu’ils multiplient
les arsenaux législatifs
(par exemple l’ACTA) toujours dépassés
par l’évolution des pratiques sur le web, aucune
solution capable de repenser un nouveau modèle
économique ne pourra se dessiner. Avec
comme conséquence, dénoncée par les Anonymous
et Cie, de voir cet attirail répressif, mis
en place pour sauver les bénéfices des groupes
médias, finalement aboutir à une réduction des
libertés individuelles et de l’information. Comme
si la libre consultation de Balzac en bibliothèque
avait empêché les maisons d’édition de prospérer
et nécessité l’interdiction de l’apprentissage
de la lecture !

Portfolio

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Sur le même thème

19 septembre 2012
Par Nicolas Kssis

Session de rattrapage

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?