Accueil > monde | Par | 1er février 2004

La Douma, un instrument docile du Kremlin

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Les législatives russes, marquées le 7 décembre 2003 par un raz-de-marée du parti pro-présidentiel Russie unie et ses alliés nationalistes, ont élargi encore les pouvoirs du chef de l’Etat, Vladimir Poutine. Le score final est sans appel. « Edinaya Rossia » tient la dragée haute aux autres formations avec 37,09 % des suffrages (222 sièges sur 450). Il est suivi de loin par le Parti communiste qui n’a recueilli que 12,7 % soit la moitié de son précédent score. Le retour inattendu de l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski, du LDPR, talonne l’ancien parti unique avec 11,7 % des suffrages exprimés, soit 38 sièges. Mais c’est le brusque essor du bloc Rodina, la Patrie, qui a constitué l’une des surprises majeures de ce scrutin. Ce parti nationaliste, créé quatre mois seulement avant les élections, a ramassé 9,1 % des voix. Les slogans nostalgiques de la grandeur impériale passée de l’URSS mélangés aux diatribes contre les oligarques, ont largement contribué à laminer les communistes en chassant précisément sur leurs terres d’élections. Mais les grands perdants du scrutin sont sans conteste les forces démocratiques et pro-occidentales, désignées à Moscou par l’adjectif « libérales », qui, faute d’avoir recueilli au moins 5 % des suffrages, ne siègeront pas. L’échec électoral des deux partis « libéraux », celui d’Anatoli Tchoubaïs, Union des forces de droite, le SPS, et celui de l’économiste Grigori Iavlinski, Iabloko, marque la fin de l’ère Eltsine et s’inscrit dans un changement de climat en Russie. Russie unie dispose, à trois sièges près, de la majorité absolue et elle peut compter sur l’appui sans faille des ultranationalistes du LDPR et des patriotes de Rodina.

Mais l’écrasante victoire des proches de l’entourage présidentiel inquiète l’Occident. Pour les observateurs de l’OSCE et du Conseil de l’Europe, le scrutin a marqué une « régression » de la démocratie russe. Ils se sont dits préoccupés par des « pratiques injustes qui ont bénéficié à un parti ». Mis en cause : le recours massif aux faveurs de l’appareil d’Etat et des médias. G. S

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