Accueil > Culture | Par Julia Moldoveanu | 1er décembre 2005

La femme mérite/ Ovide

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//« Une sorte de service militaire, voilà ce qu’est l’amour !/arrière, mauviettes ! »//

Ovide écrivait son Ars amatoria - L’art d’aimer  : il y a presque 2000 ans. Mais ce témoignage émouvant en alexandrins le place dans un espace atemporel où la modernité retrouve toujours une main tendue. Ce petit traité d’amour, sorte de Kama Sutra de l’esprit, fit que Ronsard soit Ronsard, que les Libertins soient des Libertins, que le face-à-face homme-femme soit inépuisable richesse, jamais abolie. Ovide s’adresse aux hommes et aux femmes de son époque. Il leur apprend les ruses d’une relation amoureuse avec une sincérité déconcertante. (Cette liberté de ton lui valut, d’ailleurs, son exil sur les rives du Pont-Euxin.) Il détourne le vocabulaire de la guerre pour mettre en place ses stratagèmes, avec humour et sarcasme, satyre et amoureux transi en même temps. « Pour voir ses vœux réalisés, il faut être pathétique./Ainsi, en vous voyant passer, chacun s’écriera : « Il aime. » » Aucun cynisme dans son jeu. Car « La femme mérite qu’on lui consacre du temps » . Cette femme, c’est une « affranchie » , son égale dans le désir, un corps autant qu’une âme d’une malicieuse puissance. « Vous gagnerez tout à lui faire croire qu’elle vous domine ! »

Ovide , L’Art d’aimer , illustrations de Gabriel Lefebvre. Précédé de « L’amour à Rome » par Jacques Lacarrière, éditions Complexe, 19,90 ?

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