Accueil > Migrations | Par Samuel Lehoux | 18 novembre 2008

La mobilisation fait capoter l’opération charter vers l’Afghanistan

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Cette fois-ci, le gouvernement a bien été obligé de reculer. Il faut dire que l’opération était particulièrement inacceptable. Entre le 6 et le 8 novembre, les forces de polices, appuyées d’hélicoptères munis de projecteurs, ont quadrillé les environs de Calais à la recherche de réfugiés Afghans et se sont livrées à une véritable chasse à l’homme, rabattant notamment les forêts où vivent et se cachent de nombreux immigrés venus Moyen-Orient. Placés au centre de rétention de Coquelles (Pas-de-Calais), 57 immigrés afghans devaient être expulsés dans les semaines qui suivaient... Depuis, une dizaine d’associations dont Amnesty International, la Ligue de Droits de l’Homme (LDH), le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), et l’association Salam, sont montées au créneau pour exiger l’annulation de ces expulsions, mettant en avant le caractère illégal de cette entreprise et le danger encouru par les réfugiés s’ils étaient reconduits sur le territoire afghan. Le tout récent lauréat du prix Goncourt, l’écrivain franco-afghan Atiq Rahimi, a également trempé sa plume dans un communiqué daté du 13 novembre demandant d’offrir, au nom du droit à l’éducation, « l’asile à ces jeunes » . Aidés par les associations, une dizaine d’afghans avaient pu saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui, le 17 novembre, a demandé au gouvernement français de renoncer à ces expulsions, présentant à ses yeux « un risque trop élevé de traitements inhumains et dégradants » . De son côté, Brice Hortefeux et la préfecture du Pas-de-Calais se sont empêtrés dans un argumentaire mêlant mauvaise foi et décharge de responsabilité. Ainsi, il ne s’agissait pas d’une « action particulière menée sur le public afghan » , et « rien n’était programmé » . À propos du charter qui devait être affrété le 18 novembre en partenariat avec les pouvoirs publics britanniques, le gouvernement français n’aurait en fait jamais répondu solidement au projet qui émanait d’Outre-manche. Selon le ministère de l’immigration et de l’identité nationale, l’annulation de la collaboration française au projet britannique serait due notamment à une « difficulté juridique tenant au plan de vol » ainsi qu’à des « conditions de sécurité » non réunies à Kaboul. Le tollé et l’indignation suscités par une telle opération ont probablement aussi pesé dans ce net recul du gouvernement. Samuel Lehoux

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