Accueil > Migrations | Par Jean-Baptiste Ferrière | 11 octobre 2007

LDH : « Une conception génétique de la famille inacceptable »

Réunis mercredi 10 octobre au siège de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), chercheurs, militants associatifs, syndicalistes se sont vivement opposés à la mise en place d’un test génétique pour les candidats au regroupement familal.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

La polémique enfle au sujet des test ADN inscrits au projet de loi sur l’immigration que cherche à instaurer le ministre Brice Hortefeux. Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la ville, juge l’amendement Mariani « dégueulasse », Enrico Macias, qui a pourtant soutenu Nicolas Sarkozy, le trouve « honteux ». Les qualificatifs ne manquent pas. Et les généticiens ne sont pas en reste. Axel Kahn, directeur de recherche à l’INSERM, dénonce, lui, « l’immoralité d’une loi qui réduit les liens affectifs à leur dimension biologique » : « C’est la première fois en France que l’on introduit l’idée qu’une famille doit nécessairement être liée par le sang », a-t-il déploré.

Pour Jean-Claude Ameisen, président du Comité d’éthique de l’INSERM et membre du Comité consultatif national d’éthique, « la génétique n’a pas sa place dans ce projet de loi incohérent car il ne relève pas d’une démarche scientifique mais présuppose l’idée qu’un étranger n’aurait pas les mêmes droits en terme d’accueil, d’assistance médicale et sociale ». Et de mentionner l’atteinte à la Convention internationale des droits de l’enfant qui place les générations futures au coeur des enjeux actuels : « l’intérêt de l’enfant doit prévaloir, et ce test génétique le rendrait d’autant plus vulnérable ». Ce que corrobore Pierre Suesser, membre du syndicat national des médecins de PMI, en pointant les dérives « d’une politique du chiffre qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices pour le psychisme de ces enfants ».

A la dimension biologique vient ainsi s’ajouter une dimension générationnelle. Comment évolueront des enfants stigmatisés dès leur entrée à l’école ? « On ne peut pas dire aux enfants nés ici qu’ils sont différents parce qu’il y a des quotas d’immigration à remplir », insiste Aminata Kone, secrétaire générale adjointe de la Confédération syndicale des familles. Pourtant, à en croire les sondages, les francais seraient favorables à la mise en oeuvre d’un tel dispositif. Alain Trautmann, porte-parole de Sauvons la recherche, se montre, lui, plus dubitatif : « Les citoyens n’ont peut-être pas toutes les clés en main pour saisir les données du problème. Est-ce par ignorance ? Ils ont en tous cas une responsabilité, du moins un rôle à jouer. La pétition que nous avons lancé a ainsi recueilli plus de 50 000 signatures ».

Entretien audio

Jean-Pierre Dubois, président de la LDH appelle à un rassemblement samedi 13 octobre, à partir de 14 heures, sur le parvis des droits de l’homme pour défendre l’éthique et les valeurs républicaines : « Il est urgent de trouver les conditions d’un débat démocratique. Nous devons organiser un front commun face à une xénophobie d’Etat inacceptable », a-t-il réclamé lors de cette réunion.

Pour écouter son interview, cliquer sur

MP3 - 8.5 Mo

titre documents joints

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?