Accueil > Société | Par Nicolas Kssis | 1er mars 2007

Le fisc est-il antisportif ?

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C’est une vieille question qui traîne depuis que le football français a franchi le Rubicon du professionnalisme en 1932 : comment financer les clubs français au regard des contraintes originelles de leur environnement associatif ? Un deuxième impératif est venu depuis s’ajouter en alinéa : comment les rendre compétitifs dans le climat ultralibéral du football européen. Pour résumer, quel prix le pays est-il prêt à supporter, notamment sur le dos du fameux modèle sportif français, qui mélange initiative privée et stimulation de l’Etat, pour maintenir une présence tricolore digne de ce nom sur les pelouses de l’UEFA.

L’entrée en Bourse de l’Olympique Lyonnais doit d’abord être analysée comme une énième tentative de résoudre cette double interrogation obsédante pour tous les dirigeants de la Fédération française de football et de la Ligue : peut-on rendre le foot français performant et rentable ? Pour tout dire, rentable, il l’est de nouveau, pour la première fois depuis six ans, puisque les clubs de L1 affiche un bénéfice de 26 millions d’euros en 2006, grâce notamment à des droits télé records et surtout à la « revente » (les fameux transferts) régulière de joueurs à l’étranger.

Car voici se dessiner l’infernale quadrature du cercle : le football draine d’énormes sommes d’argent, mais les dividendes ne finissent que rarement dans les poches des « producteurs » que sont les clubs (structure économique aux caisses identitairement dans le rouge). En effet, pour gagner, il ne faut pas craindre d’engloutir les millions dans des déficits astronomiques, néanmoins indispensables à l’afflux d’onéreuses stars (comme en Espagne ou en Italie). Dans le petit monde du ballon rond, un budget équilibré ne constitue guère un gage ni une garantie de réussite. Au contraire. D’ailleurs, la plupart des clubs ont généralement renoncé à travers l’Europe à être cotés, après avoir vu le cours de leur action souvent s’effondrer.

Donc, si l’entrée en Bourse des clubs de foot n’est évidemment pas une mesure très progressiste, elle ne forme certainement et paradoxalement pas la plus significative des esquives sociales systématiques du foot pro. Bien plus graves sont ainsi les cadeaux fiscaux accordés d’année en année aux joueurs, dont la possibilité de se faire en partie rétribuer en droit à l’image, ce qui grossièrement instaure une espèce d’« évasion fiscale à domicile ». Cela prive la collectivité de revenus logiquement versés par tous les autres salariés sous le prétexte de ramener des coupes d’Europe. Avec les résultats que l’on sait au final, et rarement en finale.

Le sport n’est peut-être pas politique, serait-il antisocial ? N.K.

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