Accueil > Société | Par Nicolas Kssis | 24 mars 2011

Le hand prend la main

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Le début de l’année 2011 a été illuminé
par l’incroyable succès de
l’équipe de France de handball, qui
a réussi à rafler son quatrième titre
international successif depuis 2008 (coupe
d’Europe, JO et désormais deux championnats
du monde)
. Aucune sélection tricolore n’avait
à ce point, et sur la durée, régné en souverain
absolu sur sa discipline. Même l’âge d’or footballistique
des Bleus en 1998-2000 ne peut
prétendre concurrencer, sur le plan strictement
sportif, un tel palmarès.

Le plus symptomatique de l’affaire,
c’est que la France parvient
enfin à briller grâce à une
discipline emblématique d’un
modèle sportif français… que
le gouvernement actuel et son
éphémère ministre des Sports
(on annonce Chantal Jouanno
sur le départ dès juin pour un
poste de sénatrice) ne cessent
progressivement de détruire.
L’irrésistible ascension du hand
– notamment en nombre de
licenciés : 400 000, dont près
d’un tiers de féminines – s’appuie
historiquement sur l’Education
nationale. Comme l’explique
très bien Paul Dietschy sur son excellent
blog [1] : « Le handball est parfaitement adapté à la révolution scolaire des années 1960 qui voit
achever un collège par jour ouvrable pour accueillir
les cohortes de baby-boomers. Ces nouveaux
établissements comportent désormais un
gymnase au format d’un terrain de handball sans
compter les terrains extérieurs équipés pour la
pratique de ce jeu d’origine allemande.
 »

En outre, son versant professionnel est resté, sûrement
à son corps défendant, « normal », accolé
à de petites villes de province ou de banlieue qui
y puisent un ressort identitaire fort et une dynamique
de développement (en terme de marketing
territorial) irremplaçable. Un sport de masse
mais a dimension humaine. Le salaire moyen de
l’élite oscille entre 4 000 et 5 000 euros, plutôt
agréable mais loin de faire quitter la planète
Terre. L’absence de sur-médiatisation évite aussi
une exposition toxique des joueurs. Enfin, pour
revenir au point de départ, les
entraîneurs sont souvent d’anciens
professeurs d’EPS, pétris
de valeurs fort éloignées de
celles des univers du foot ou du
rugby. C’est particulièrement
vrai dans le cas d’un Claude
Onesta, ancien prof d’EPS, fils
de militant CGT, affirmant par
ailleurs son attachement à la
gauche.

Cependant ne nous leurrons
pas non plus. A la fin d’une
finale haletante contre le Danemark
(en l’absence de Nicolas
Sarkozy), le président de la
fédération réclamait déjà plus
de temps d’antenne (avec
une fin de non-recevoir du service public) et
de véritables « Arenas » pour les clubs, courant
ainsi toujours après un modèle footballistique
de montée en puissance du sport spectacle.
Or il devrait méditer l’autre leçon de ce mois
de janvier 2011. Pendant que les Experts honoraient
la patrie et les millions de licenciés amateurs,
la presse ne parlait que du clash Chantal
Jouanno / Patrice Evra.

Notes

[1blogs.lexpress.fr/histoire-de-sport

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