Accueil > Société | Par Jean-Michel Daquin | 1er octobre 1999

Le lien social pour un architecte/Du sens, pas du décor

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Aujourd’hui, l’espace urbain dans lequel évolue la grande majorité des citoyens, a dépassé la frontière symbolique que constitue le quartier ou la commune, ces territoires familiers qui traditionnellement proposaient tous les services de proximité. Aujourd’hui, commerces, équipements de loisirs, structures culturelles, lieux de travail sont délocalisés. La ville a changé d’échelle et, pour subvenir à ses besoins, le citadin multiplie ses déplacements sur un vaste territoire.

Faire du lien dans la ville, c’est non seulement travailler à l’échelle locale mais aussi favoriser la mobilité des personnes car la ville est devenue globale. Comment, par exemple, la commune de Mantes-la-Jolie peut-elle favoriser le lien de façon concrète si ses habitants, et notamment les jeunes, ne peuvent facilement se rendre à La Villette ou à Beaubourg, dans les parcs de loisirs ou encore à l’université ? A qui servent réellement ces grands équipements initialement conçus pour l’agglomération parisienne et bâtis à sa mesure ?

A l’image de Paris, les grandes agglomérations françaises demeurent très "centralistes" : les trajets aller et retour se résument généralement au parcours banlieue : centre-ville : banlieue, comme dans les années soixante-dix. Il serait temps de développer activement le maillage, la transversalité et la complémentarité dans ces agglomérations. Le tramway de Seine- Saint-Denis est un exemple de lien qui dépasse l’échelle communale. Il permet à des habitants de quartiers jadis isolés d’accéder à des équipements diversifiés, à des lieux d’animations et de vie sociale implantés à proximité, dans les villes voisines. Il y a fort à parier qu’il sera à l’origine de mutations à moyen terme.

Faire du lien dans la ville, c’est aussi travailler sur l’espace construit sans négliger le vide. Les habitants désirent davantage d’espaces publics et de nature, en d’autres termes, un paysage urbain de qualité.

Si les architectes ont dû, à un moment donné, et c’est terminé, produire du logement collectif en série, est-ce une raison suffisante pour actuellement recourir à un modèle urbain qui pastiche, avec ses toits mansardés et ses modénatures néo-classiques la ville du XIXe siècle ? Un enjeu socio-culturel se joue autour de l’architecture, et celle-ci proposera d’autant plus de liens qu’elle amènera du sens, de l’usage, du contenu. Pas du décor. n M.M.

* Architecte-urbaniste à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

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