Accueil > Société | Par Bruno Tanant | 1er octobre 1999

Le lien social pour un paysagiste/Paysage avec habitants

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Le malaise social se manifeste jour après jour à travers l’espace public, y laissant des traces parfois difficiles à effacer. Ces traces, messages adressés à la collectivité et volontairement inscrits dans des lieux de passage, témoignent de la vie quotidienne des habitants. A partir de là, et avec le paysage comme vecteur d’intervention, comment rémédier à la dégradation des rapports sociaux ?

La requalification des espaces extérieurs du quartier Sauveteurs-Cervelières à Vaulx-en-Velin commencée il y a six ans, a incité les habitants à demander la revalorisation de l’ensemble des logements adation.

L’ambition consistait à changer l’image du secteur par une intervention paysagère forte, en restituant aux habitants un sentiment de dignité et d’urbanité.

Le projet avait pour objectif de déclencher une nouvelle perception du bâti et du quartier, comme une appropriation responsable et citoyenne des lieux.

A Vaulx-en-Velin, et dans la majorité des communes satellites de Lyon, le paysage tient lieu de référence identitaire et commune. Celui-ci concentre et focalise les envies et les peurs. Bloqué dans un tissu urbain hétérogène et discontinu, le quartier Sauveteurs-Cervelières s’était progressivement détaché de la ville, entraînant avec lui ses habitants, dans un sentiment de rejet et d’exclusion.

Sentiment d’autant plus exacerbé que ces habitants aimaient leur quartier et ne supportaient pas sa dégradation progressive.

Le plus difficile n’a pas été de remodeler l’espace mais de susciter un dialogue constructif entre les habitants. C’est à cette condition-là qu’ils ont pu se réconcilier avec la ville et sa dynamique. Un projet de ce type doit en grande partie son succès à une volonté de sensibilisation et à la cohésion entre les différents acteurs sociaux : habitants, associations, élus, techniciens, concepteur. Ainsi, de nombreuses réunions publiques ont permis de débattre du projet, et de répondre aux suggestions des habitants.

Aujourd’hui le regard sur Sauveteurs-Cervelières a changé. Ses habitants ont en partie effacé son image négative : ils en sont fiers et recoivent famille et amis sans complexe .

* Paysagiste DPLG, enseigne à l’Ecole nationale du paysage de Versailles

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