Accueil > politique | Par Jean-Claude Oliva | 1er mai 2000

Le mieux économique dope le mouvement social

Entretien avec Jean-Christophe Le Duigou

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Quels sont les traits caractéristiques de l’étape actuelle du mouvement social ?

Jean-Christophe Le Duigou : Le mouvement social n’existe que dans une conjoncture économique et politique précise. Aujourd’hui le développement de mouvements revendicatifs, l’expression d’exigences sociales dans et hors travail, résulte largement de la prise de conscience d’un mieux économique. Or, malgré la reprise de la croissance, la rentabilité accrue des entreprises, il y a maintien de la pression sur les conditions de travail, maintien aussi des phénomènes d’exclusion, de chômage. De plus, les exigences du Medef poussent bien au-delà. Cet écart est la source de revendications sociales fortes.Dans cette situation, il y a bien évidemment une demande par rapport au politique et au gouvernement. La deuxième loi sur les 35 heures ne résout pas le problème de la réduction du temps de travail, ce qui suscite des conflits. Il n’y a pas non plus de réponse satisfaisante sur les minimas sociaux, en tout cas à la hauteur des besoins et des possibilités. Ces demandes sont clairement adressées au pouvoir politique. Mais il y a aussi la responsabilité des salariés et des citoyens de s’organiser afin d’imposer des exigences et des solutions sans croire que le débat politique va tout régler.

Dans ce contexte, y a-t-il un durcissement, une tentation de "casser la baraque" du gouvernement ?

J.-C. L.D. :

Les impatiences sont redoublées par la perception de ce climat meilleur, de l’existence de marges de manoeuvres plus importantes. La cagnotte budgétaire en a été un exemple révélateur. Mais la réponse aux demandes ne peut pas seulement venir du gouvernement. On ne peut faire l’impasse sur les réalités du pouvoir économique, sur la logique financière, sur les ambitions du patronat. Les exigences sociales concernent donc directement le Medef, la logique du profit. On ne peut pas compter seulement sur le développement du débat politique. La logique de la CGT consiste à développer la mobilisation des salariés sur leurs propres objectifs revendicatifs, sur les exigences de nouvelles garanties.

Quel contenu donner aux relations entre mouvement social et politique ?

J.-C. L.D. :

Le mouvement social doit penser différemment ses rapports au politique et les partis politiques doivent avoir une vision dans laquelle le social n’est pas subordonné, où il ne s’agit pas seulement de se rallier les salariés. La nécessité de définir de nouvelles solutions économiques, financières et sociales implique de travailler à la fois les méthodes et le contenu, de chercher de nouveaux rapports avec les ONG, les associations, pour saisir les problèmes sociaux dans toutes leurs dimensions. n

*Membre du bureau confédéral de la CGT.

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