Accueil > politique | Par Alain Bertho | 1er juillet 2000

Le parti comme laboratoire ?

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Les décisions les plus tangibles prises par le PCF à son 30e congrès à Martigues ont été des décisions d’organisation : fin du secrétariat, du bureau national, du comité national... Le congrès a élu successivement un conseil national de plus de 270 membres, organe dirigeant officiel du parti, un collège exécutif, à parité hommes femmes d’une quarantaine de membres, pas tous permanents, et son secrétaire national. Officiellement entré dans une phase de transition et de réflexion sur ses structures, le PCF s’est aussi doté d’une commission chargée de la rédaction des nouveaux statuts...

Ces décisions veulent marquer une volonté de transformation majeure d’une organisation dont les cellules ne seraient plus les espaces uniques d’accueil et d’activité des militants, où la transversalité devrait peu à peu le disputer à la centralité. Elles ont fait suite à des transformations diverses des structures de direction de sections et fédérations dans le processus du congrès.

Ce remue-ménage a-t-il vraiment initié de nouvelles pratiques ? Les structures nouvelles sont-elles déjà en mesure de concurrencer les structures plus traditionnelles sur le terrain de l’activité militante ? Les nouveaux circuits de décision ont-ils commencé à trouver quelques points d’équilibre et de clarté ? Telles sont les questions qui se posent à tous les niveaux.

Transition et réflexion sur ses structures

A la direction nationale, chacun tente de trouver ses marques. Les meubles transitent et les bureaux se vident et se remplissent dans l’immeuble de verre. Les commissions se mettent en place, les projets avancent à un rythme variable. Le conseil national, frustré de tout vote et de toute décision formelle à sa première réunion consacrée au lancement du tour de France des inégalités, s’est rattrapé à la seconde : le texte initialement proposé comme position commune sur le quinquennat n’a été adoptée qu’après de substantiels amendements.

L’affaire se complique au niveau départemental et local. Certaines fédérations n’ont plus de secrétariat, d’autres et parfois les mêmes ont mis en place un collège exécutif en lieu et place du traditionnel bureau. C’est le cas des Bouches-du-Rhône ou de l’Oise où le comité fédéral décide lui-même de son ordre du jour. Les équilibres ne sont pas faciles à trouver.

Comment, par exemple, en Seine-Saint-Denis, le comité fédéral peut-il trouver sa place dirigeante lorsqu’a été mis en place un exécutif de quarante membres comprenant tous les secrétaires de section ? Mais partout ou presque on s’interroge dans les mêmes termes. Comment initier de nouveaux espaces militants sans sacrifier les structures anciennes dont certaines fonctionnent encore très bien ? Ou, à l’inverse, comment ne pas absorber toute son énergie à la survie d’une organisation mal en point, au risque de ne plus avoir de force pour initier le nouveau ? Comment développer sinon initier le travail avec les non-membres du Parti ?

Comment assurer la souveraineté des adhérents, voire comment localiser les cotisations, dans des structures de plus en plus hétérogènes ? Comment penser une organisation en réseau où chaque communiste est potentiellement dans plusieurs endroits à la fois ? Entre le poids des habitudes et le vertige des expériences non maîtrisées, le pire serait sans doute de tenter de maîtriser le nouveau à l’ancienne...

L’intérêt pour de nouvelles formes de vie militante

Y voir clair dans ce qui se fait, faire connaître les expériences, les réussites comme les difficultés : telle est la tâche que s’est donnée une commission nationale animée par Bernard Calabuig et Dominique Grador. C’est une urgence pour un parti qui doit trouver rapidement des modes de vie stables, même s’ils doivent être transitoires. Et c’est une base de réflexion incomparable pour ceux qui sont chargés de la rédaction de nouveaux statuts, menu du prochain congrès. A cette fin, une enquête en bonne et due forme a été lancée auprès des fédérations, initiative aussi révélatrice que nouvelle. On parle déjà d’une conférence nationale sur les expérimentations et les nouvelles formes de vie militante à l’automne.

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