Accueil > politique | Par Antoine Châtelain | 1er décembre 2006

Les choix cruciaux du PCF

Officiellement, la priorité d’une candidature de rassemblement est énoncée. Oui, mais...

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L e PCF qui aborde aujourd’hui l’élection présidentielle a beaucoup évolué en quelques années. Au printemps 2004, lors des élections régionales, ses fédérations s’étaient partagées en trois groupes : une majorité de départements avaient choisi de reconduire l’alliance électorale avec le PS ; deux régions (Nord et Picardie) avaient déposé des listes estampillées communistes ; l’Ile-de-France avait préféré tester une formule inédite, celle de la « gauche populaire et citoyenne » associant des communistes et d’autres militants de l’alternative. Aux élections européennes qui avaient suivi, la démarche suivie en Ile-de-France a été reconduite, tandis que, dans la majorité des nouvelles circonscriptions électorales, le PCF déposait des listes communistes traditionnelles, plus ou moins ouvertes à des personnalités extérieures. Aux élections régionales comme aux européennes, le choix francilien avait plutôt été considéré comme pertinent sur le plan électoral : le PCF y avait trouvé son compte.

La campagne référendaire de 2005 a engagé les communistes plus avant dans la démarche unitaire. Pendant plusieurs mois, les militants se sont immergés dans une activité militante où, à l’intérieur de collectifs ad hoc, ils côtoyaient des individus et des sensibilités qu’ils n’avaient pas toujours eu l’occasion de rencontrer auparavant. L’échantillon des personnalités présentes sur les tribunes, la densité des réunions, la chaleur des meetings ont créé une sorte de choc culturel, une accoutumance inédite au rassemblement. Ce qui jusqu’alors n’était qu’une formule : le rassemblement antilibéral : était devenu une expérience, d’abord francilienne puis nationale.

construction antilibérale

Quand, au printemps de 2006, s’est structurée une démarche collective visant à organiser la recherche d’une construction antilibérale commune, à la gauche du Parti socialiste, la direction communiste a décidé de la soutenir officiellement et d’y engager le PCF « ès qualités ». Quelque temps auparavant, le parti avait lancé à son Congrès ce qu’il appelait une « offre politique » : il proposait une alliance globale pour le bloc des élections présidentielle et législatives de 2007, ajoutant qu’une personnalité « issue des rangs du parti communiste » serait la mieux placée pour incarner la gauche antilibérale au scrutin proprement présidentiel. Quelques semaines plus tard, la proposition se déplaçait : Marie-George Buffet devenait la personnalité communiste proposée.

Une « sortie par le haut » ?

La forte identification de la secrétaire nationale est-elle compatible avec la nécessité de trouver une personnalité emblématique d’un rassemblement extraordinairement divers ? Manifestement, la proposition communiste, entérinée par les militants les 10 et 11 novembre derniers, provoque de vives réticences chez l’ensemble des formations partenaires du PCF dans les collectifs unitaires. Le PCF peut-il s’appuyer sur ses propres effectifs militants pour imposer son choix dans les collectifs ? Quelles en seraient les conséquences sur l’opinion dans un premier temps, sur les résultats électoraux dans un second ?

La crainte d’un nouvel échec à la présidentielle de 2007 pousse de nombreux responsables et militants de sensibilités diverses à prôner la prudence, mettant en garde le parti devant la perspective de ce qui pourrait être perçu comme un cavalier seul à l’arrivée. Le PCF a toujours affirmé que son offre d’une candidature de sa secrétaire nationale n’était pas un « préalable ». Officiellement, donc, la priorité est énoncée d’une candidature de rassemblement, quel que soit le choix final. Les mêmes voix internes suggèrent ainsi que le moment est venu de réfléchir à un « atterrissage », autour d’une personnalité qui permette le consensus et dont la désignation n’apparaisse pas comme une défaite pour le PCF. Le nom de Clémentine Autain est alors souvent prononcé comme une sortie possible « par le haut ». Reste à savoir si cette option serait admise par les militants. Antoine Chatelain

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