Accueil > actu | Par Catherine Tricot | 1er décembre 2009

NPA, PG, Europe Écologie... Le bal des débutants (1)

Un an après leur création, où en sont le NPA, le PG et Europe Ecologie ? des doutes existent. Mais les envies de politique sont fortes. loin des palabres de chefs, les militants semblent y trouver leur compte. Reportage sur ces organisations et le point sur un parti en chantier, le Forum social des quartiers populaires.

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Que mille fleurs s’épanouissent ! En à peine un an, pas moins de cinq nouvelles forces politiques se sont installées à gauche. Au côté des piliers, le PS et le PCF, ont émergé : dans l’ordre d’apparition : le Parti de gauche (PG) fondé par Jean-Luc Mélenchon en novembre 2008, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) et la Fédération pour une alternative sociale et écologique FASE) en février 2009, Europe Écologie en juin, et en octobre, le Forum social des quartiers populaires (FSQP). Sept ans après la déroute de 2002 qui hébéta toute la gauche, deux ans après le lamentable échec de la convergence des antilibéraux, un big-bang est-il en cours à gauche ? C’est notre enquête. La parole est donnée à des militants qui se sont investis dans ces nouveaux espaces.

Parler de big-bang est évidemment présomptueux, en ce moment où tout le monde se lamente de l’absence d’initiative à gauche. Car il faut bien dire que ceci ne concerne qu’un tout petit nombre de militants. Quelques dizaines de milliers tout au plus. Pourtant, malgré leurs différences et leurs divergences, ces nouvelles organisations redessinent ensemble la carte de la gauche. Peut-être pas encore dans les rapports de force internes mais sûrement dans les thématiques qui s’imposeront dans le futur.

Premier constat : la disponibilité de nombreux jeunes ou anciens militants pour s’engager, pourvu que l’on fasse du neuf. Cela revient comme un leitmotiv. Faire du neuf, cela veut dire parler écologie, vivre dans une organisation plus démocratique, dépasser les clivages issus de la révolution d’octobre (entre communistes et socialistes, entre communistes et trotskystes). Faire du neuf, cela veut signifier aussi faire de la politique avec de nouveaux acteurs. Le NPA se vante de capter des syndicalistes ; la Fédération fait du dépassement des frontières entre social et politique un élément d’identification ; Europe Ecologie pousse la logique à son terme en créant une dynamique intégrant un parti (Les Verts) mais le dépassant largement. Le FSQP s’ancre dans un milieu qui n’a jamais eu la parole, celui des quartiers de l’immigration. La plus grande part de ces militants vivent d’abord un dépit face à l’état de la gauche. Ils cherchent et s’inscrivent dans un processus de reconstruction. Bien peu se sentent arrivés. Ils parlent de transition, de dépassement. Même si des inquiétudes et de premières désillusions pointent, la plupart d’entre eux sont heureux de leur choix. Un an après, chacun resignerait volontiers l’engagement pris au départ. On y croit encore.

Car le baptême du feu n’a pas encore vraiment eu lieu. Il se prépare. La présidentielle est déjà dans toutes les têtes. Les élections régionales la préfigure. C’est ce qui explique l’incroyable éparpillement de la gauche face à une droite super-rassemblée. La recomposition de la gauche ne se mènera pas dans des assises et autres maisons communes. Elle sera, c’est vraisemblable, le fruit d’un processus plus ample, arbitré par les urnes. C’est une bonne nouvelle. Qui contraste avec le spectacle quotidien qui a des aspects navrants, celui d’un combat de nains. On sait que des bouts de solutions existent chez les uns et les autres. Mais la décantation n’a pas encore eu lieu. L’enjeu des deux années qui viennent est celui de la musique dominante. Ecologie ? Radicalité ? Pragmatisme ? Centre gauche ? Gauche de gauche ? Efficacité politique ? Invention politique ? Il est encore trop tôt pour que les dominantes se dessinent. La décomposition n’est pas achevée. Mais, une fois n’est pas coutume, disons notre optimisme qu’enfin un mouvement s’esquisse.

Aucune des solutions proposées par les uns et les autres n’est satisfaisante. Ce qui est réjouissant, c’est l’existence d’un mouvement global de recherche. Enfin, une gauche bouge. Les vieilles maisons qui ont structuré la gauche tout au long du XXe siècle, le PCF et le PS, pourront-elles, oseront-elles entrer dans la danse ? On le souhaite, car avec les intellectuels, elles constituent des forces indispensables par leurs histoires, leurs expériences et leurs pratiques pour aller au bout de la mue nécessaire, l’invention du postcapitalisme. C.T.

Lire l’ensemble du dossier sur :

http://www.regards.fr/article/?id=4421

http://www.regards.fr/article/?id=4422

Paru dans Regards n°67, décembre 2009

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