Accueil > Société | Par | 1er novembre 2005

Prévention, vaccination, argent des labos, mondialisation

Etat grippal

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Nom de code : virus H5N1. La menace de la grippe aviaire au microscope.

Ready ? My ass ! » (« Prêts ? Mon cul ! ») ainsi titrait en mai 2005 la revue Science, réputée pour son sérieux, à propos des « dispositions » prises par les gouvernements en prévention d’une pandémie. En janvier 2004, l’OMS (Organisation mondiale de la santé) avait sonné l’alerte : une pandémie à l’échelle mondiale serait imminente. Le 31 août 2005, la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture) annonce que le virus s’apprête à toucher l’Europe. Chaque continent traversé, chaque nouveau foyer épizootique (épidémie animale) est une occasion donnée au virus de gagner en virulence, et de se transformer en virus contagieux pour l’homme. Le 22 septembre, l’OMS publie ses « recommandations stratégiques » à destination des Etats. Son titre : « Comment faire face à la menace de grippe aviaire » : « Compte tenu du caractère immédiat de la menace, l’OMS recommande que tous les pays prennent des mesures d’urgence pour se préparer à une pandémie. » L’organisation internationale poursuit : « Compte tenu des nombreuses incertitudes qui entourent l’évolution de la menace de pandémie, et notamment le temps qui reste pour s’y préparer, il paraît sage de définir un ensemble de mesures visant à s’attaquer immédiatement aux problèmes critiques par des solutions à plus long terme susceptibles d’améliorer durablement la capacité des pays de se protéger contre une menace de pandémie récurrente. » Le 29 mai, dans le Journal du Dimanche, Jean-Philippe Derenne et François Bricaire, l’un virologue, l’autre pneumologue, tous deux éminents spécialistes des maladies respiratoires et infectieuses, alertent l’opinion française et les pouvoirs publics. Mi-octobre 2005, ils publient Pandémie : la grande menace (1). Ni sensationnalistes, ni pessimistes, les deux médecins écrivent parce qu’il est encore possible d’agir : « Il n’y a pas de fatalité. La catastrophe est annoncée, mais ses conséquences seront toutes différentes si une politique raisonnable et pragmatique est décidée et menée ; ou si, au contraire, l’incurie et l’indifférence nous laissent désarmés face à la menace. Peut-être même ne se passera-t-il rien. Mais les indices, unanimement reconnus par la communauté scientifique internationale, sont suffisamment inquiétants pour faire craindre le pire. Il est donc impératif de se tenir prêt, de décider des mesures à prendre et de les mettre en œuvre pour l’affronter. » La question est de savoir comment prévenir et circonscrire l’épidémie, forcément mondiale. Plusieurs scénarios s’ébauchent dans les différents organismes nationaux et mondiaux. Encore peu publics, ils sont peu discutés mais tous engagent des décisions lourdes pour les sociétés et le monde. La lutte contre la pandémie n’est pas une question technique, ni seulement économique. Même dans ses dimensions de choix de santé publique, il s’agit d’une question sociale et politique, démocratique et de dimension planétaire.

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