Accueil > actu | Par Emmanuelle Cosse | 1er janvier 2008

Qui peut prendre la place du PCF ? Le moral des unitaires

Une autre hypothèse de recomposition à gauche grandit : la création d’une force nouvelle, qui regrouperait les différentes sensibilités de la gauche de transformation sociale. Analyse.

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L’échec des candidatures unitaires en 2007 a laissé des traces. Le moral des troupes dispersées est en berne, les relations se sont distendues entre les acteurs de cette aventure qui n’a pas abouti. C’est toute la gauche de gauche qui en est sortie affaiblie. Pourtant, la défaite de la gauche à la présidentielle et les coups portés par une droite dure au pouvoir conduisent les uns et les autres à se retrouver. Quasiment taboue il y a peu, l’idée d’une force nouvelle s’impose doucement. La dernière initiative en date portant cet objectif, organisée à Paris par « Maintenant à gauche », en novembre dernier, a suscité l’intérêt et permis de lancer l’idée d’« états généraux de toutes les forces de transformation sociale » pour 2008. Avec un objectif : la création d’une nouvelle force à gauche. Le projet vise un large rassemblement, allant des socialistes comme ceux regroupés au sein de Pour une République sociale (PRS) aux communistes, en passant par des trotskystes, des défenseurs de l’écologie politique, des altermondialistes, des militants des collectifs antilibéraux... « C’est la seule proposition qui permet de ne pas voir la mort de toute alternative, entre un PS situé au centre et une gauche protestataire », estime Claude Debons. L’idée grandit aussi au PCF. « Nous devons tenir en même temps deux questions, précise Marie Pierre Vieu, ex- « huiste » et vice-présidente de la région Midi-Pyrénées. Celle du sens profond du communisme et celle de la gauche dans son ensemble. Je plaide pour que le PCF participe à toutes les expérimentations lancées pour une gauche alternative. Il ne faut pas rester autocentré. J’ai peur d’un choix qui nous conduirait à une marginalité, c’est-à-dire à la disparition. » Enfin, la gauche antilibérale peut-elle se permettre un nouvel échec, après de celui de 2006 ? Beaucoup ne souhaitent pas courir le risque. « Car si les occasions sont manquées, ajoute Christian Picquet (LCR tendance Unir), nous serons installés pour longtemps dans un bipartisme où la gauche de gauche n’aura qu’une place minime. »

Au-delà des incantations

Une nouvelle force donc. L’idée et l’envie sont là, les difficultés aussi. Car les incantations ne suffisent pas. La réussite du projet dépend du spectre du rassemblement. L’engagement significatif de socialistes serait décisif. Oseront-ils sauter le pas ? Jean-Luc Mélenchon formulait dans En quête de gauche l’hypothèse d’une force nouvelle selon le modèle de Die Linke en Allemagne. Cela dit, PRS, lors de son dernier conseil national de décembre, a adopté une résolution appelant « à saisir toutes les opportunités pour faciliter les convergences » mais la tonalité est pour le moins pessimiste. Du coup, PRS dit vouloir se concentrer « sur le renforcement de la sensibilité républicaine qui manque à la gauche ». Pour l’heure, chacun semble attendre celui qui fera le premier pas. Et si les choses bougeaient au sein du PS et du PCF, reste encore à savoir si les écologistes, absents pour le moment du débat, seraient prêts à les rejoindre. Ce serait pourtant l’une des clefs pour redéfinir le rapport de force avec la majorité du PS. Enfin, 1 + 1 n’ayant jamais fait deux en politique, tout sera affaire de dynamique : il faut un émetteur, celui d’un début de rassemblement que beaucoup attendent sous la forme d’un accord entre des communistes et des socialistes. Différents groupes organisés localement ou certaines sensibilités nationales comme les Alternatifs ou les républicains de Mars n’attendent que ça. Les congrès des organisations ayant tous lieu en 2008, ils devraient être un moment de clarification, pile avant une échéance électorale plus favorable, les européennes.

Si le niveau de difficulté peut en effrayer plus d’un, on peut néanmoins se réjouir que deux propositions se dessinent à gauche du PS : l’une, basique, qui souffle sur les braises des derniers mouvements sociaux ; l’autre, ambitieuse et risquée, qui veut tenter le jeu de la recomposition, dans une optique majoritaire. Emmanuelle Cosse

Paru dans Regards n°47, Janvier 2008

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