Accueil > Culture | Par Stéphanie Barrat | 2 mai 2008

"Regard sur mai 68", une autre vision

Alain Quemper, photographe de presse de 1962 à 1972, à l’agence Dalmas et Paris International presse, expose une centaine de clichés inédits, pris de mai à décembre 1968. Cette exposition se tient jusqu’au 2 juin, à la Dorothy’s gallery, rue keller, dans le 11e arrondissement de Paris. L’artiste a délaissé les photographies des traditionnelles barricades, il a préféré montrer la vie quotidienne, l’ambiance des rues parisiennes et a privilégié les vedettes du cinéma, de la chanson et du théâtre.

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Des portraits en noir et blanc de Brassens, Dali, Jane Birkin et Serge Gainsbourg, Brigitte Bardot, Aznavour, Josephine Baker, Malraux et bien d’autres encore sont exposés. Visite guidée avec le photographe Alain Quemper, il se souvient des instants partagés avec ces vedettes au moment où il a appuyé sur le déclencheur, "à l’époque c’était facile, on avait pas besoin de passer par le manager, les artistes étaient contents qu’on parle d’eux", raconte-t-il. Ces portraits se mêlent aux reportages que le photographe a réalisé durant l’année 68 : l’ambiance de la vie parisienne, les habitants, les bistrots, la fin des Halles et les manifestations des étudiants, sont les principaux sujets. "En les exposant, j’ai voulu montré que depuis 68, certaines choses n’ont pas tellement changé, il y a toujours des gens qui fouillent les poubelles pour trouver de quoi se nourrir", explique Alain Quemper.

"Lorsque j’ai pris ces clichés je venait d’être libéré de l’armée, il y avait un peu plus de bordel dans les rues que d’habitude, mais je m’imaginais pas que les évènements allaient prendre une telle tournure et que 40 ans après j’exposerais mes photographies", précise, le sourire aux lèvres, l’artiste. "J’avais envie d’autre chose que ce qui se fait traditionnellement dans les expositions commémoratives sur 68, j’ai voulu montrer le sourire des personnalités que j’ai photographié plutôt que les barricades" déclare Alain Quemper.

Ambiance "cosy" et sonore

L’exposition n’est pas uniquement contruite sur le visuel, nos oreilles sont également mises à contribution, une vidéo est diffusée en boucle. Elle retrace les évènements les plus marquants de l’Histoire, pendant près de deux heures. Les manifestations, place de la République et à la Sorbonne, les discours politiques de Martin Luther King, de Cohn-Bendit, ainsi que les musiques de John Lennon ou de Janis Joplin apparaisent à l’écran. "Il y a un canapé et des fauteuilles, les gens s’installent et restent des heures", assure Alain Quemper. Et comme ultime clin d’oeil, une bande son est diffusée, où le général de Gaulle nous souhaite ses meilleurs voeux pour l’année 1968.

Autre curiosité, une grosse malle en ferraille, à l’intérieur de laquelle se trouvent de nombreuses photographies entassées, "c’est comme une foire fouille, j’écoute les gens qui cherchent le nom d’un artiste un peu oublié, parfois ils se trompent", indique le photographe.

Une exposition qui attire

"C’est l’exposition qui marche le mieux au point de vue des visites, plus de 1000 en deux semaines, les visiteurs de tous âges viennent des quatre coins du monde", se réjouit Dorothy Polley, la galeriste. "Cette expo a été préparée de longs mois en amont, il y avait plus d’une centaine de clichés a accrocher et dans ce travail difficile, j’ai été aidée par de jeunes artistes", insiste Dorothy Polley. "J’étais très enthousiaste et optimiste à l’idée de préparer cet évènement, je suis une soixante-huitarde et j’ai ressenti cette agitation depuis l’Amérique, chez nous il y avait un mouvement contre la guerre du Vietman et contre le racisme, les étudiants américains voulaient la même liberté que les français. C’est à cause de la guerre, des assassinats et du climat qui régnait aux USA que je suis partie et c’est quand je suis venue en France que je me suis vraiment rendue compte de ce qui se passait ici", se souvient la galeriste.

Une expo qui s’emporte. Après la visite, on peut repartir avec une oeuvre, en effet, chaque photographie inédite est tirée en série limitée à seulement 7 exemplaires, avec certificat d’authenticité à l’appuie pour un budget qui va de 25 à 500 euros selon le format.

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