Accueil > N° 51 - mai 2008 | Par Marc Endeweld | 1er mai 2008

SMS en rafales !

On les appelle flash mob. Mobilisations éclair. Via son portable, on peut organiser une action en quelques minutes, presque en temps réel. Les nouveaux moyens technologiques sont pour quelque chose dans l’ampleur et la rapidité des mouvements des jeunes ces dernières années.

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Rapides, efficaces, pouvant toucher de nombreuses personnes, les SMS(1), ou les logiciels de messageries instantanées tels que « MSN », sont devenus en quelques années de véritables outils de mobilisation.

En France, les manifestations anti-CPE en 2006 les ont définitivement installés dans les mœurs contestataires de milliers de jeunes lycéens et étudiants. Avec grand succès. Car, grâce à ces nouveaux moyens technologiques, n’importe quelle action peut être organisée en quelques minutes, presque en temps réel, déroutant encore un peu plus les forces de l’ordre. De fait, l’ampleur et la rapidité des dernières mobilisations lycéennes et étudiantes ne peuvent se comprendre sans l’utilisation effrenée par les jeunes manifestants de leurs téléphones portables.

TOUJOURS CONNECTES

Au printemps 2006, comme encore récemment, c’est grâce aux SMS que ces jeunes « activistes » ont pu organiser des occupations sauvages sur les voies ferrées des gares ou sur le périphérique parisien. Des petits groupes mobiles pouvaient alors se déplacer rapidement, tout en restant toujours connectés entre eux. « Ces dernières semaines, on a fait pareil pour décider des blocages de certains lycées afin de protester contre les réformes en cours » , explique Maxime, 19 ans, lycéen en Seine-Saint-Denis, grand amateur de SMS.

Et quand ces nouveaux « militants » ne sont plus dehors en train d’organiser des actions via leur portable, ils sont chez eux devant leur écran d’ordinateur à « chatter » pendant des heures sur la messagerie instantannée MSN : « Parfois on se retrouve à presque vingt à discuter ensemble sur MSN, s’exclame Maxime, souvent les discussions partent dans tous les sens ! » En somme, les versions électroniques des traditionnelles AG...

PAR TEXTOS INTERPOSES

A l’étranger, il y eut de nombreux précédents : ainsi à Madrid, trois jours après les attentats du 11 mars 2004, plus de 5000 personnes mobilisées par SMS et e-mail manifestèrent devant le QG du Parti populaire, pour réclamer toute la transparence sur cette affaire. C’était la fameuse « nuit des SMS ». Car à l’époque, ni le PSOE, ni la Plate-forme contre la guerre, ni les syndicats n’avaient appelé à manifester. Seul un « citoyen », à titre individuel, avait au départ convoqué un petit groupe d’amis. Son appel avait alors rebondi de téléphone mobile en téléphone mobile...

Mais déjà à Seattle, en 1999, des militants anti-OMC avaient organisé des rassemblements via ces petits messages courts. Idem lors des mobilisations contre la guerre en Irak : des petits groupes de copains se donnaient des rendez-vous pour manifester par textos interposés. Et en 2001, les manifestations pacifiques aux Philippines qui avaient fait chuter le gouvernement du président Estrada, avaient été coordonnées par SMS. Aux Etats-Unis, on appelle ces mobilisations des « flash mob », c’est-à-dire des mobilisations éclair. Ce qui ne nous dit pas comment on approfondit ces nouvelles formes d’engagement... M.E.

1. Short message service ou textos : composés de maximum 160 caractères apparaissant sur l’écran des téléphones portables.

Paru dans Regards n°51 avril/mai

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