Accueil > Société | Par Gülay Erdogan | 21 août 2009

Un nouveau ministère pour les sans-papiers

Un nouveau ministère vient d’être créé : le "Ministère de la régularisation des sans-papiers." Il a installé son QG dans les anciens bâtiments de la Caisse primaire d’assurance maladie de Paris, rue Baudélique, dans 18ème arrondissement. Aujourd’hui, plus de 1000 sans-papiers, hommes, femmes et enfants confondus, y sont regroupés. Soit 700 de plus qu’aux derniers jours d’occupation de la Bourse du travail, dont la CGT les a délogés le 24 juin dernier, les accusant d’entraver l’activité syndicale du lieu.

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Les femmes et les enfants occupent le 1er étage, alors que les hommes sont au rez-de-chaussée, assurant ainsi la sécurité nuit et jour. Djibril Diaby informe qu « partie des personnes qui sont ici viennent de la Bourse du travail. Mais il y en a beaucoup d’autres qui se sont jointes à nous depuis et surtout il en arrive tous les jours de nouvelles pour réclamer la régularisation de leur situation. »

Pour Djibril Daiby, « y a encore beaucoup de patrons voyous car ils n’utilisent pas l’article 40 qui permet une régularisation de leurs salariés sans-papiers. » Cet article est issu de la loi de Brice Hortefeux sur l’immigration, votée en 2007. Il offre la possibilité aux employeurs de demander la régularisation de leurs salariés, au cas par cas, pour une durée temporaire pouvant aller jusqu’à 3 ans. Mais les personnes venant du "tiers-monde" ne peuvent exercer qu’une trentaine d’emploi sur les 182 prévus par le ministère, ce qui réduit d’autant leurs chances de bénéficier d’une régularisation. Les 152 autres métiers étant réservés aux ressortissants européens. Or il se trouve que les sans-papiers viennent essentiellement de pays hors zone européenne.

En France, sur plus de 400 000 sans-papiers recensés à ce jour, « plupart paient des impôts et des cotisations. Malheureusement ils ne sont pas tous déclarés à cause des patrons voyous. Le gouvernement doit prendre des mesures pour forcer les chefs d’entreprises ou bien prendre des mesures contre eux » , estime le responsable du Collectif sans-papiers de Paris (CSP 75).

Depuis plus d’un mois, cette occupation n’a pas suscité l’intérêt de grand monde, ni des médias, ni du gouvernement. Juste de quelques organisations politiques, syndicales ou associatives. Sur place, on peut croiser des militants du NPA discutant avec les « propriétaires » temporaires des lieux. « l’instant quelques partis politiques comme le NPA, le Parti de gauche et les Verts, des syndicats tels que la CGT, Sud solidaires, la CNT, des associations telles que le GISTI et la FASTI (1), ainsi que des voisins, nous apportent leur soutien dans cette lutte » , précise Djibril Diaby

Tous les dimanches, les portes sont ouvertes à tout le monde. C’est dans une ambiance de djembés et de danses que les sans-papiers reçoivent des militants et des curieux venus témoigner de leur solidarité et apporter quelques produits de première nécessité tels que du riz, du lait, de l’huile ou encore du savon, dentifrice, etc.

En soutien aux sans-papiers de la rue Baudélique et pour célébrer le treizième anniversaire de l’occupation de l’église Saint-Bernard, les collectifs de sans-papiers et d’autres organisations appellent à manifester le samedi 22 août.

La fin de l’été devrait leur donner un peu plus de visibilité. Parviendront-ils à peser suffisamment pour que, au-delà de solutions au cas par cas, des pourparlers s’engagent enfin ?

G.E.

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