Accueil > Société | Par Nicolas Kssis | 1er janvier 2008

Volontaire désigné d’office...

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Le sous-secrétaire chargé des sports, Bernard Laporte, est-il en train de devenir le Mister Bean du gouvernement ? On peut légitimement se poser la question au regard de son bilan depuis sa prise de fonction (après la Coupe du monde de rugby évidemment, il y a quand même des choses plus importantes que de diriger un pays). Naturellement, reconnaissons-le, il faut disposer d’une vraie distance sarcastique pour faire gober, sans pouffer, la promesse électorale d’accorder 3 % du budget de l’Etat au sport (actuellement 0,38 %). D’abord, il n’a pas été capable de ramener le trophée Webb Ellis dans l’escarcelle présidentielle, petit dopant populiste qui n’aurait pas été superflu au moment où des esprits chagrins ennuient le tout-puissant Sarkozy avec le pouvoir d’achat ou la lutte contre l’insécurité. Ensuite, pendant que notre jeune divorcé sert de guide touristique à un dictateur africain, le plus bel accent du gouvernement débarque sur les plateaux télé pour expliquer qu’il est normal que les stades portent des noms de marques (tendance déjà très en vogue en Angleterre, et qui va s’imposer au Mans, phagocyté par les Mutuelles de ladite ville), puisque les collectivités territoriales ne peuvent pas tout payer (elles filent déjà assez d’argent au club pro, on aurait pu croire cela suffisant).

Enfin, il décide surtout de nous pondre une dernière trouvaille entre deux inaugurations : le retour de la vengeance du service civil. Une proposition qui tombe juste après les événements de Villiers-le-Bel, car forcément, ce qui mange notre jeunesse dans les quartiers difficiles, c’est la prise de conscience de son devoir citoyen (et pas les questions sociales, le président l’a dit et répété). Pour résumer, Bernard veut rendre obligatoire le bénévolat, quel magnifique oxymore en deux mi-temps !, notamment en imposant une centaine d’heures pour mobiliser les « énergies » au profit des associations, un « livret d’épargne civique » avec des mesures d’accompagnement fiscal ! Hormis la réalité simple que les moins de 25 ans sont déjà sûrement une des tranches d’âge la plus largement engagée dans les clubs sportifs, y compris l’encadrement, la dernière chose dont le mouvement associatif, notamment sportif, a besoin, c’est que l’on lui colle dans les pattes des ados qui viendraient juste pointer, ce qui viderait le principe même de bénévolat, sans parler de militantisme, de toute sa substance et de ses vertus citoyennes (pour parler comme le Laporte). Des emplois jeunes sans argent, gratuits, sans formation ni perspectives ! Heureusement que Kadhafi est venu à Paris, la plus grosse blague de la semaine cache le ridicule des petits chefs. On en rirait volontiers, s’il ne s’agissait pas de politique.

Nicolas Kssis

Regards n°47, Janvier 2008

Sport féminin

Nombre d’entre vous doivent penser que le sport envahit de plus en plus le petit écran et les médias en général. Mais si ce sentiment est légitime, dans ce cas de figure aussi, il est question d’inégalité et en l’occurrence de sexisme. Car pendant que les déboires du PSG font l’ouverture des JT, le sport féminin reste relégué au fin fond des cases horaires et en brèves d’un paragraphe, y compris quand les résultats sont au rendez-vous. Ainsi, moins de 5 % des infos sportives de la presse quotidienne nationale leur sont consacrées. Et les tentatives de jouer sur la peopolisation (Laure Manaudou, etc.) ou les « charmes » de nos athlètes (la multiplication des calendriers) ne fonctionnent guère. Et pas de visibilité médiatique, pas de sponsors. Dans une phase de retrait de l’Etat, y compris dans le sport de haut niveau, inutile de préciser que cela ne présage rien de bon, surtout en termes d’exemplarité en faveur de la mixité dans la pratique de masse.

Littérature au café des sports

Le sport met le corps en jeu. Simple phrase qui résume toute la complexité de l’affaire et l’attrait du ludique dans ce qui n’est au départ qu’un exercice physique : courir, taper dans un ballon, etc. Quelques écrivains prennent à bras-le- corps le sujet en s’attachant aux gestes qui en composent la vérité charnelle et la beauté visuelle. Un retour aux fondamentaux comme le disent si bien les footballeurs après chaque match ou, dit autrement, un petit plaisir littéraire entre amis au café des sports.

François Bégaudeau, Xavier de La Porte, Le sport par les gestes , Calmann-Lévy, 14,16 euros

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