Accueil | Par Sophie Courval | 31 janvier 2013

Notre Dame des Landes toujours sur le qui-vive

À la Une des médias pendant de nombreuses semaines, les militants opposés au projet de construction d’un aéroport sur le site de Notre des Dames des Landes n’ont rien lâché.

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À Notre Dame des Landes (NDDL) l’actualité de ce dernier mois est un peu moins explosive. Sans doute est-ce dû à l’ouverture de la commission de dialogue initiée par le gouvernement au lendemain des violents affrontements opposant les forces de l’ordre aux militants lors de la fameuse opération César, qui avait pour mission de « nettoyer le site », et de sa non moins fameuse riposte, l’opération Astérix, portée la fourche haute par les militants. Mais qu’on ne s’y trompe pas, cette accalmie ne signe pas pour autant la fin du conflit. Si une partie des militants a accepté de discuter avec les autorités, elle ne renie pas son ambition initiale d’abandon simple et définitif du projet Ayrault. « Au départ, le mandat de la commission était de discuter des modalités d’application du projet d’aéroport, mais finalement nous arrivons à discuter du fond du dossier et à expliquer plus en détail les raisons qui motivent notre opposition », déclare Rémy Querbouet, membre de la coordination des opposants, collectif qui regroupe depuis 10 ans une quarantaine d’organisations. Gros bémol, depuis la destruction d’une ferme du site la semaine dernière, les participants à la commission menacent de rompre tout dialogue si les expulsions et les destructions se poursuivent.

Trêve fragile. D’autant que dans un récent communiqué de presse l’association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes (ACIPA) dénonce « une répression contre les opposants de jour en jour plus intense ». « Dès que nous menons une action, nous devons faire face à une mobilisation policière délirante », raconte Rémy Querbouet. Et de revenir sur les procès à venir, notamment celui d’Erwan et Élise, le 12 février prochain, accusés d’attentat à la pudeur pour s’être dénudés au cours d’une manifestation afin de dénoncer « la fragilité des manifestants devant les gardes mobiles sur-équipés ». Dans son communiqué l’ACIPA dénonce de manière générale « la criminalisation des opposants à l’aéroport ».

Loin d’être intimidés par les actions de répression des autorités, les militants poursuivent la lutte. Les zadistes, comprendre les occupants de la ZAD – initialement zone d’aménagement différé devenue depuis zone à défendre –, maintiennent leur présence sur le site, construisant des cabanes, des sanitaires, des salles communes, etc. Les zadistes ne se contentent pas d’occuper le terrain, ils organisent des actions quasi quotidiennement : atelier anti-répression, soirée sur l’histoire de la lutte, AG, rencontres avec d’autres communautés, l’agenda militant est bien rempli. Prochain rendez-vous : une AG à la ferme occupée Bellevue. Pas plus tard que dimanche dernier, l’agriculteur locataire a plié bagage, son bail arrivant à échéance. Aussitôt, le collectif Le copain 44 a investi le lieu pour empêcher sa démolition, encerclant la bâtisse avec des tracteurs. « De nombreuses fermes comme celles de Bellevue appartiennent à l’État. Le copain 44 s’est donné pour mission de prendre en main la dimension foncière du dossier NDDL et d’installer des paysans dans ces fermes en vue de développer une agriculture paysanne », explique Rémy Querbouet.

Mais la lutte contre « l’Ayraultport » c’est aussi près de 200 collectifs répartis sur l’ensemble de la France. D’ailleurs, le 9 février prochain les militants de NDDL accueilleront à Nantes des marcheurs partis de Nice et de Lille depuis le mois de décembre. À raison de 30 kms par jour, ces randonneurs ont porté les revendications du mouvement à travers le territoire. Gageons qu’ils seront également de la partie le 11 mai prochain lors de la grande chaîne humaine qui devrait rassembler 40 000 personnes et encercler la zone du futur aéroport. Une incarnation d’un mouvement qui avance main dans la main pour défendre un territoire, et au-delà un projet de société.
D’ici là, la commission de dialogue aura remis son rapport au gouvernement. À suivre…

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