Accueil | Par Cécile Robelin | 5 décembre 2011

Servitude

Enseignant, un métier en mutation.

Une tribune de Cécile Robelin, 35 ans, professeure de Français dans un collège de Drancy (93).

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Les enseignants sont aujourd’hui évalués en partie par leur chef d’établissement (note administrative) et par un inspecteur (note pédagogique). Une nouvelle réforme prévoit la disparition de cette note pédagogique ; l’évaluation des professeurs reposerait alors entre les seules mains du principal/proviseur.

Or l’inspecteur est censé être un spécialiste dans la discipline qu’il inspecte, contrairement au chef d’établissement qui n’est même plus systématiquement issu du monde enseignant.

Si l’évaluation appartient au chef d’établissement, cela signifie :

 que les compétences et connaissances disciplinaires ne sont plus centrales pour enseigner. On peut juger de la valeur d’un enseignement sans rien comprendre à ses contenus
 que les professeurs (déjà pour certains bien frileux) auront encore moins de raison de s’opposer à leur hiérarchie lorsque c’est nécessaire. En effet, il deviendrait alors plus difficile de faire grève, de déranger la routine de l’établissement, de refuser des heures supplémentaires qui arrangent la hiérarchie mais bloquent la création de postes, de construire un rapport de force avec celui qui évalue et peut faire "progresser" votre carrière (en terme financier).

Cette réforme n’est pas anodine, elle orchestre bien la transformation du métier d’enseignant, elle illustre parfaitement la volonté générale d’aliéner les travailleurs.

En ligne, la pétition de refus de la réforme :

http://retraitduprojetevaluation.net/

Vos réactions (1)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Votre metier vous conduit à maitriser les conditions d’une évaluation réussie...

    J’ai un peu de mal à croire qu’une heure ou deux d’inspection tous les 3 ou 5 ans permette de vous aider à progresser, à être plus efficace auprès de vos élèves...

    Je ne crois pas au miracle de ce nouveau role confié au directeur d’établissement... Il a le mérite d’une proximité et d’une régularité... Il a aussi le mérite de contribuer à la mise en place d’une coopération et d’une solidarité d’établissement...

    Ce qui bloque les postes, ce ne sont pas les chefs d’établissement, mais les finances
    Vous trouverez d’autres moyens que la grève pour faire avancer vos demandes catégorielles... les enfants ne vous remercieront pas pour la plupart..

    Cap2006 Le 22 janvier 2012 à 10:54
  •  
Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?