Accueil > N° 24 - Décembre 2005 | Par Arnaud Viviant | 1er décembre 2005

Libérez José Bové !

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Plutôt que de les mettre en prison, ne pourrait-on pas donner du Tamiflu aux jeunes émeutiers ? Il semblerait que ce médicament pousse les adolescents au suicide... Il est fou, ce Tamiflu ! En tout cas, ça marche au Japon. Notez bien, la prison aussi.

Après, donc, le coup d’Etat permanent de Mitterrand, voici donc ce que Chirac nous propose, en bon gaulliste de dernière heure qu’il est : l’état d’urgence permanent. Il faut croire qu’elle aime ce qui mijote, la droite, qui croit éteindre le feu en le couvrant. Elle a le courage du pot-au-feu, la droite. Pressée par les patrons et par Bruxelles, ce qui est à peu près la même chose, elle gouverne avec la peur au ventre, que tout lui pète à la figure. Elle cauchemarde l’insurrection, la droite, la révolution. Ses nuits sont moins belles que vos jours, croyez-le bien. Elle ne sait plus bien si elle a affaire à de la racaille ou à des émeutiers, la droite, les RG étant bien trop occupés à protéger leur ministre de ses propres ennemis, dont aucun ne vit dans les quartiers pauvres, soyez-en certains. Voilà ce qu’elle voudrait, le soir, au fond de son lit glacial, la droite : elle voudrait, comme un enfant à Noël, plus d’hélicoptères afin de surveiller ses esclaves au peigne fin, au pinceau, la nuit, quand volent les boules de pétanque et que la tête du CRS toulousain délocalisé à Vitry-sur-Seine, alors que flambe son propre Mirail, figure le cochonnet. Mais comme dirait Thierry Breton, le Tati de la République, qui brade, qui brade, la France en a-t-elle les moyens ? Heureusement, heureusement, la justice est là. Son glaive s’est quelque peu biseauté avec le temps. Sa balance n’est pas, la pauvre, encore électronique. Il lui arrive donc, à la justice, de faire de la justice de classe, comme à Outreau, où les experts, un peu outrés, se sont plaints en appel d’être payés comme des femmes de ménage... Vous vous rendez compte, après une licence de psycho et un DEUG d’anglais... Il lui arrive de faire de la justice de masse comme à Angers, où soixante accusés se serraient dans le box, comme au bon temps des procès staliniens, tandis que douze jurés peinaient à les différencier... Elle fait de la comparution immédiate, la justice, de la fast food pour les jeunes qui vont au fast-food et qui portent des Nike pour courir plus vite que les keufs. Pour encadrer ces jeunes, faire de la prévention, il lui faudrait plus d’assistants sociaux payés comme des femmes de ménage, à la justice. Ou alors des bracelets électroniques. A l’évidence, ils n’étaient pas conçus pour les pauvres, mais pour les cols blancs tombés sous le glaive en plastique de la justice pour une fraude financière quelconque. Tous les cols blancs, hommes ou femmes, qui ont vécu la prison ont ensuite écrit des livres qui se sont bien vendus, merci, pour expliquer combien l’expérience de la prison, même en cellule VIP, était abominable. C’est pour éviter aux suivants l’enfer de la promiscuité que la droite voulait absolument faire voter le bracelet électronique. Un p’tit Martini dry, une p’tite pipe par son épouse, avec un bracelet électronique, ce n’est tout de même pas la mort... Problème : ça coûte très, très cher. Mais qui sait ? En supprimant quelques allocations familiales par-là, quelques bourses par-ci, peut-être qu’on aurait les moyens d’acheter quelques bracelets électroniques pour les pauvres, aussi. Surtout si, en outre, ils sont pédophiles.

Cinq millions de Français ont été séduits par l’action EDF. Ils ont bien raison, les Français. Car pour conserver le contrôle de l’entreprise, il leur faut soit voter pour Laurent Fabius en 2007 (mais les Français ne sont pas si gauches), soit devenir actionnaires et participer aux assemblées générales. C’est adroit. A noter, toutefois, la faible différence de prix entre l’action pour les particuliers et l’action pour les institutions : deux euros seulement. Histoire de s’assurer que ceux qui ne vont pas faire une affaire ne mettent pas leur nez dans les affaires de ceux qui en font.

Et puis, merde, libérez José Bové !

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